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Fièvre récurrente : transmission, symptômes, diagnostic et traitement

La fièvre récurrente est une infection provoquée par certaines bactéries du genre Borrelia, appelées spirochètes en raison de leur forme spiralée. [2] Elle se manifeste typiquement par des accès soudains de forte fièvre et d'autres symptômes qui s'interrompent, puis réapparaissent après une période d'amélioration. [2] Dans cette fiche, le terme désigne cette maladie infectieuse transmise par des tiques ou des poux de corps, et non l'ensemble des maladies susceptibles de provoquer des fièvres répétées. [2] [3]

Comment la fièvre récurrente se transmet-elle ?

Il existe principalement une forme transmise par les tiques et une forme transmise par les poux de corps. [2] [3] Les tiques molles impliquées se nourrissent souvent la nuit, restent peu de temps sur la peau et peuvent transmettre l'infection dans des lieux abritant des rongeurs, notamment certaines habitations rustiques ou grottes. [1] Une personne malade peut donc ne garder aucun souvenir d'une morsure de tique. [1] [2] Certaines tiques dures peuvent également transmettre une Borrelia responsable de fièvre récurrente, et une co-infection avec d'autres maladies transmises par les mêmes tiques est possible. [1] [2]

Dans la forme à poux, le pou de corps acquiert la bactérie en se nourrissant sur une personne infectée. [1] [2] La transmission se produit lorsque le pou infecté est écrasé et libère les bactéries sur la peau, tandis qu'un pou intact ne transmet pas l'infection. [1] [2] Cette forme est notamment associée à la promiscuité, aux situations de guerre, aux camps de réfugiés et à certaines régions d'Afrique où elle peut provoquer des épidémies. [1] [3] Des cas importés peuvent être observés en dehors des zones de transmission habituelles chez des voyageurs ou des personnes ayant migré depuis une région touchée. [3]

Quels sont les symptômes caractéristiques ?

Le premier accès débute généralement de façon brutale par des frissons, puis une forte fièvre. [1] [2] Des céphalées intenses, des nausées ou vomissements ainsi que des douleurs musculaires et articulaires sont fréquents. [1] [2] Une confusion, une éruption rougeâtre ou purpurique sur le tronc et les membres, des yeux rouges ou une escarre au point de morsure peuvent également être observés. [1] [2] La fièvre reste habituellement élevée pendant plusieurs jours, puis s'arrête brusquement et laisse place à une période durant laquelle la personne peut ne plus avoir de symptômes. [1] [2] La fièvre et les symptômes associés peuvent ensuite réapparaître par accès, généralement moins intenses au fil des rechutes. [1] [2] La forme transmise par les poux provoque généralement moins de rechutes que les formes transmises par les tiques. [1] [3]

Quelles complications sont possibles ?

Une jaunisse, une augmentation du volume du foie ou de la rate, une inflammation du muscle cardiaque et une insuffisance cardiaque peuvent apparaître plus tardivement, surtout dans la forme transmise par les poux. [1] [2] Une atteinte des yeux, du cerveau ou de la moelle épinière, notamment une méningite ou une méningo-encéphalite, est également possible et paraît plus fréquente dans les formes transmises par les tiques. [1] [2] Pendant la grossesse, l'infection peut être transmise à l'enfant à naître et elle est associée à un risque de fausse couche et d'autres issues défavorables de la grossesse. [1] [2] [3] Le risque de décès est plus élevé chez les personnes très jeunes, âgées, enceintes, dénutries ou affaiblies, ainsi que pendant certaines épidémies de fièvre récurrente à poux. [1] [2] Le pronostic s'améliore nettement lorsqu'un traitement antibiotique approprié est administré. [1] [2] [3]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic est envisagé devant des accès répétés de fièvre, en tenant compte des voyages, des lieux de séjour, des conditions de vie et d'une éventuelle exposition aux tiques ou aux poux. [2] [3] L'absence de souvenir d'une morsure n'exclut pas la maladie, car certaines tiques piquent la nuit sans douleur et restent peu de temps attachées. [1] [2] La confirmation repose notamment sur la visualisation de Borrelia dans un prélèvement sanguin examiné au microscope, de préférence pendant un accès fébrile où les bactéries sont présentes dans le sang. [1] [3] Une PCR peut rechercher le matériel génétique de la bactérie et contribuer au diagnostic. [1] [2] [3] La sérologie a des limites importantes, car elle peut réagir avec d'autres spirochètes, devenir positive après le début des symptômes et ne pas distinguer clairement une infection aiguë d'une infection antérieure. [1] [3] Dans certains contextes, la comparaison de prélèvements effectués à des moments différents peut apporter un argument supplémentaire, mais elle doit être interprétée avec les symptômes et les expositions. [2] [3] D'autres infections, notamment le paludisme, la dengue, la leptospirose, le typhus ou certaines fièvres entériques, peuvent provoquer un tableau voisin et doivent être envisagées selon le contexte. [1] [3]

Quels sont les principes de la prise en charge ?

Le traitement repose sur des antibiotiques actifs contre Borrelia, notamment certaines tétracyclines, la doxycycline, l'érythromycine ou des pénicillines. [1] [2] Le choix de l'antibiotique, de sa voie d'administration et de la durée dépend notamment du mode de transmission, de l'âge, de la grossesse, de la gravité des vomissements et d'une éventuelle atteinte neurologique. [1] [3] La déshydratation et les déséquilibres en sels minéraux provoqués par les vomissements peuvent nécessiter une correction par perfusion. [1] [2]

Dans les heures suivant le début de l'antibiothérapie, une réaction de Jarisch-Herxheimer peut provoquer une aggravation inflammatoire avec fièvre, frissons, sueurs, nausées, accélération du cœur et baisse de la tension artérielle. [2] [3] Cette réaction résulte de la destruction des bactéries et ne correspond pas, par elle-même, à une allergie à l'antibiotique. [2] [3] Une surveillance pendant plusieurs heures après le début du traitement est considérée comme essentielle en raison de ce risque. [3]

Comment réduire le risque d'exposition ?

La prévention des formes transmises par les tiques repose sur la réduction des contacts avec leurs habitats, l'utilisation de répulsifs, le port de vêtements couvrants et la vérification du corps, des vêtements et du matériel après une exposition possible. [3] Dans les bâtiments exposés aux tiques molles, l'élimination des nids et matériaux laissés par les rongeurs contribue à réduire le risque. [3] La prévention de la forme à poux passe par la lutte contre les poux de corps et par le nettoyage adapté des vêtements et de la literie infestés. [3] Il n'existe actuellement pas de vaccin contre les espèces de Borrelia responsables de fièvre récurrente. [3]

Quand faire évaluer une fièvre répétée ?

Des accès répétés de fièvre après un voyage dans une région touchée, une nuit dans une grotte ou une habitation infestée de rongeurs, ou une exposition à des poux de corps justifient une évaluation médicale rapide. [2] [3] Lors de cette évaluation, il est utile de signaler les dates et lieux de voyage, les conditions d'hébergement, une éventuelle infestation par des poux et le rythme précis des épisodes fébriles. [3]

Sources et références

[3] Relapsing Fever - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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