Calculs urinaires : symptômes, diagnostic, traitements et prévention

Les calculs urinaires, aussi appelés lithiase urinaire ou néphrolithiase lorsqu’ils concernent le rein, sont des particules solides présentes dans l’appareil urinaire. [1] Ils peuvent rester silencieux, migrer dans un uretère ou bloquer l’écoulement des urines. [1] Lorsqu’un calcul provoque une obstruction aiguë, il peut entraîner une douleur intense appelée colique néphrétique, souvent accompagnée de nausées ou de vomissements. [1] Les symptômes ne suffisent cependant pas à confirmer le diagnostic, car d’autres causes de douleur abdominale ou lombaire peuvent leur ressembler. [1]
Comment un calcul urinaire se forme et se déplace
La formation d’un calcul est favorisée lorsque certains sels ou constituants deviennent suffisamment concentrés dans les urines pour cristalliser. [1] Les calculs peuvent notamment contenir du calcium, de l’acide urique, de la cystine ou du phosphate ammoniomagnésien, aussi appelé struvite. [1] La composition est importante, car les mécanismes de formation et les mesures de prévention ne sont pas identiques pour tous les calculs. [1] Un calcul peut rester dans le rein ou descendre vers l’uretère puis la vessie. [1] Pendant cette migration, il peut irriter l’uretère ou s’y enclaver et provoquer une dilatation des voies urinaires en amont. [1]
Quels facteurs favorisent les calculs urinaires
Un apport insuffisant en liquides peut concentrer les urines et contribuer à la formation de calculs. [1] Une alimentation riche en sodium peut également favoriser leur apparition. [1] Certaines situations métaboliques augmentent l’élimination urinaire du calcium ou de l’acide urique, tandis qu’un manque de citrate réduit un mécanisme naturel qui freine la cristallisation des sels de calcium. [1] L’hyperparathyroïdie, l’acidose tubulaire rénale, la goutte et le diabète de type 2 font partie des affections associées à un risque accru. [1] Des antécédents familiaux, certaines maladies intestinales, une chirurgie bariatrique ou la prise de fortes doses de vitamine C peuvent aussi intervenir selon le type de calcul. [1] Les calculs de struvite sont liés à une infection urinaire provoquée par certaines bactéries capables de décomposer l’urée. [1]
Quels symptômes peuvent révéler un calcul
Un calcul situé dans le rein peut ne provoquer aucun symptôme tant qu’il n’entraîne ni obstruction ni infection. [1] La colique néphrétique correspond habituellement à une douleur très intense et intermittente du flanc ou de la région du rein. [1] La douleur peut traverser l’abdomen ou descendre vers la région génitale selon l’endroit où l’uretère est obstrué. [1] Une envie fréquente ou impérieuse d’uriner et une douleur au-dessus du pubis peuvent accompagner un calcul proche de la vessie ou situé dans celle-ci. [1] Les nausées et les vomissements sont fréquents pendant une crise douloureuse. [1] Du sang visible ou microscopique peut être présent dans les urines, mais son absence n’exclut pas un calcul. [1] Une fièvre, une douleur en urinant ou des urines troubles ou malodorantes peuvent correspondre à une infection urinaire associée. [1]
Comment le diagnostic est établi
L’évaluation recherche un calcul, son emplacement, une éventuelle obstruction et les autres causes possibles de la douleur. [1] Une analyse d’urines peut mettre en évidence du sang, des globules blancs, des bactéries ou des cristaux. [1] La présence de globules blancs dans les urines évoque davantage une infection lorsqu’elle est associée à une fièvre ou à des urines malodorantes. [1] Chez la plupart des patients, la tomodensitométrie sans injection de produit de contraste permet de repérer le calcul et d’évaluer l’importance de l’obstruction. [1] L’échographie peut identifier des calculs ou une dilatation des voies urinaires sans exposition aux rayons X, mais elle est moins sensible pour certains petits calculs ou calculs urétéraux. [1] La répétition des scanners doit tenir compte de l’exposition cumulée aux rayonnements, notamment chez les personnes ayant des récidives. [1]
Lorsqu’un calcul est récupéré dans les urines ou retiré lors d’une intervention, son analyse en laboratoire aide à en déterminer la composition. [1] Un bilan plus approfondi peut être proposé en cas de récidives, de forts antécédents familiaux, de rein unique, d’anomalie des voies urinaires ou de maladie favorisant les calculs. [1] Ce bilan peut associer des analyses sanguines et des recueils d’urines sur vingt-quatre heures afin d’étudier le volume urinaire, le pH et l’élimination de plusieurs substances impliquées dans la formation des calculs. [1]
Quels sont les principes de la prise en charge
La prise en charge dépend notamment de la douleur, de la présence d’une infection ou d’une obstruction, ainsi que de la taille et de la localisation du calcul. [1] Le soulagement de la douleur constitue un objectif immédiat lors d’une colique néphrétique. [1] Chez certains patients sans infection ni obstruction, dont la douleur est contrôlée et qui peuvent boire, une expulsion spontanée peut être attendue sous traitement médical encadré. [1] Boire de très grands volumes pendant la crise n’accélère pas le passage du calcul, contrairement à l’intérêt des apports hydriques dans la prévention à long terme. [1] Une infection associée à une obstruction impose de traiter l’infection et de drainer rapidement les urines avant de retirer le calcul lorsqu’il est possible de le faire. [1]
Un calcul persistant, volumineux ou responsable d’une infection peut nécessiter une intervention. [1] La lithotripsie extracorporelle fragmente certains calculs au moyen d’ondes de choc afin de faciliter leur élimination. [1] L’urétéroscopie permet de rejoindre le calcul par les voies urinaires pour l’extraire ou le fragmenter sous contrôle visuel. [1] Pour certains gros calculs rénaux, une néphrolithotomie percutanée permet d’accéder directement au rein à travers la peau. [1] Certains calculs d’acide urique peuvent être dissous par une alcalinisation prolongée des urines, tandis que les calculs calciques ne peuvent pas être dissous chimiquement. [1]
Quels risques sont liés à l’obstruction et à l’infection
Un calcul bloqué peut diminuer la filtration du rein et entraîner une dilatation de l’uretère ou des cavités rénales. [1] Même un petit calcul urétéral peut provoquer une obstruction. [1] Une infection peut survenir derrière une obstruction prolongée et compliquer l’évolution. [1] Les calculs infectieux de struvite doivent être retirés complètement, car ils sont considérés comme des corps étrangers infectés. [1]
Comment réduire le risque de récidive
Un calcul urinaire peut récidiver, ce qui justifie de rechercher les facteurs modifiables et la composition du calcul lorsqu’elle peut être déterminée. [1] Un apport liquidien suffisant pour augmenter durablement le volume des urines constitue la mesure préventive commune aux différents types de calculs. [1] Les autres mesures sont personnalisées selon les résultats du bilan et peuvent concerner les apports en sodium, en protéines animales, en calcium ou en oxalate. [1] Une restriction générale du calcium alimentaire n’est pas recommandée dans la prévention des calculs calciques associés à un manque de citrate. [1] Des médicaments préventifs peuvent être proposés lorsque le bilan met en évidence une anomalie précise, mais leur choix dépend du type de calcul et du terrain du patient. [1]
Sources et références
[1] Calculs urinaires - Urologie - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-11
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