Cachexie : signes, évaluation et principes de prise en charge

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La cachexie est un syndrome complexe associant une perte importante de muscle squelettique et de tissu graisseux. [1] Elle peut survenir au cours d'un cancer avancé, d'une infection chronique, d'une bronchopneumopathie chronique obstructive, d'une insuffisance cardiaque ou rénale, ainsi que de certaines maladies auto-immunes inflammatoires évoluées. [1] La cachexie ne correspond pas à une simple insuffisance d'apports alimentaires, car l'inflammation et les perturbations du métabolisme entretiennent la dégradation des muscles et des réserves de graisse. [1] Une alimentation conventionnelle ne suffit donc généralement pas, à elle seule, à inverser le syndrome. [1]
Comment reconnaître une cachexie ?
La manifestation la plus visible est une perte de poids involontaire qui se poursuit parfois malgré des apports caloriques paraissant suffisants. [1] La fonte musculaire peut toucher les membres et donner au visage un aspect creusé. [1] La diminution de la graisse sous-cutanée rend les épaules, les clavicules, les côtes, les hanches ou les joues plus saillantes. [1] Une perte d'appétit, une sensation de satiété précoce, de la fatigue, une faiblesse et une diminution des capacités physiques ou des activités quotidiennes peuvent accompagner cette transformation corporelle. [1] Lorsque la cachexie s'accompagne d'une perte d'appétit importante, l'expression syndrome anorexie-cachexie peut être employée. [1]
Pourquoi la cachexie ne se résume-t-elle pas à un manque d'alimentation ?
Dans la cachexie, une inflammation générale et des dérèglements hormonaux et métaboliques placent l'organisme dans un état catabolique, c'est-à-dire orienté vers la dégradation des tissus. [1] Des médiateurs inflammatoires favorisent la dégradation des protéines musculaires tout en freinant leur synthèse. [1] Ces mécanismes peuvent continuer même lorsque les apports énergétiques et protéiques seraient suffisants pour une personne ne présentant pas d'inflammation chronique. [1] Une diminution de l'appétit ou des difficultés digestives peuvent néanmoins aggraver la perte de poids. [1] En cas de cancer, des troubles du goût ou de l'odorat, des nausées, des vomissements, une inflammation de la bouche, des difficultés de déglutition, une obstruction digestive ou une malabsorption peuvent limiter davantage l'alimentation. [1]
Cachexie, dénutrition et sarcopénie : quelles différences ?
Une perte de poids n'est pas à elle seule suffisante pour conclure à une cachexie. [1] Dans une privation alimentaire simple, les réserves graisseuses et la masse maigre diminuent sans les perturbations inflammatoires et métaboliques caractéristiques de la cachexie, et un soutien nutritionnel adapté permet habituellement une récupération. [1] Une personne atteinte d'une maladie chronique peut aussi présenter une dénutrition sans avoir encore le profil inflammatoire d'une cachexie. [1] La sarcopénie désigne principalement une diminution de la masse musculaire et des capacités physiques, souvent liée au vieillissement, sans nécessairement entraîner la perte de poids importante ni l'inflammation observées dans la cachexie. [1] La plupart des personnes cachectiques présentent une sarcopénie, mais la majorité des personnes sarcopéniques ne sont pas cachectiques. [1]
Comment la cachexie est-elle évaluée ?
L'évaluation vise à rechercher la maladie responsable, à mesurer l'importance de la perte musculaire et nutritionnelle et à apprécier ses conséquences fonctionnelles. [1] Elle commence par l'histoire du poids, de l'alimentation, de l'appétit, de la fatigue et des capacités à réaliser les activités quotidiennes, complétée par un examen physique. [1] L'évaluation nutritionnelle tient compte notamment des apports habituels, de l'âge, du poids et du niveau d'activité. [1] La force de préhension de la main et des tests de marche, de lever ou de montée d'escalier peuvent aider à mesurer les répercussions sur la fonction musculaire. [1] Selon la situation, la composition corporelle peut être étudiée par impédancemétrie ou absorptiométrie biphotonique afin d'estimer la masse musculaire et les réserves graisseuses. [1] Des analyses biologiques peuvent rechercher une inflammation, une anémie, une infection, une atteinte du foie ou des reins, un trouble hormonal ou certaines carences. [1] Les critères proposés par les organisations professionnelles se recoupent sans être universellement harmonisés, ce qui impose d'interpréter la perte de poids avec l'examen clinique, la fonction musculaire et le contexte de maladie chronique. [1] D'autres causes de perte de poids doivent être envisagées, notamment une maladie endocrinienne, une malabsorption, un trouble psychiatrique, une dénutrition simple ou un trouble des conduites alimentaires. [1]
Quels sont les principes de la prise en charge ?
La prise en charge est individualisée et associe le traitement de la maladie responsable, un soutien nutritionnel, une activité physique adaptée lorsque celle-ci est possible et, dans certaines situations, des traitements médicamenteux. [1] Aucune intervention médicale ne permet de renverser complètement toutes les formes de cachexie. [1] Les objectifs peuvent être de stabiliser le poids, de préserver la masse musculaire et l'autonomie, d'atténuer les symptômes et d'améliorer la qualité de vie. [1] Les conseils alimentaires doivent tenir compte de l'appétit, du poids, de la qualité de vie, des risques d'effets indésirables et des possibilités concrètes d'accès aux aliments ou aux compléments. [1] Une alimentation enrichie et des compléments oraux peuvent être envisagés après une évaluation individualisée, mais ils ne traitent pas à eux seuls les mécanismes inflammatoires et métaboliques de la cachexie. [1] Une alimentation par sonde ou par voie intraveineuse n'est pas recommandée de façon systématique et doit être réservée à des situations cliniques particulières évaluées par l'équipe soignante. [1] L'activité physique doit être adaptée à l'état général, à la faiblesse, aux douleurs, à la mobilité et à la phase du traitement. [1] Des exercices d'endurance et de renforcement encadrés peuvent contribuer au maintien de la force, de la masse musculaire et des capacités physiques. [1] Les médicaments destinés à stimuler l'appétit ou à agir sur l'inflammation ont des bénéfices variables et des risques propres, et aucun médicament unique ne corrige complètement la cachexie. [1]
Quels sont les risques et les éléments du suivi ?
La cachexie peut réduire la mobilité et l'autonomie, tout en augmentant les risques de chute, de fracture, d'infection et de difficultés à tolérer les traitements médicaux ou chirurgicaux. [1] Elle est aussi associée à une altération de la qualité de vie et à une diminution de la survie, dont l'importance dépend de la maladie responsable. [1] Le suivi peut réévaluer le poids, les apports alimentaires, la masse et la force musculaires, les capacités physiques, l'inflammation, l'anémie, les fonctions des organes et les éventuelles carences. [1] L'évolution de ces éléments aide à mesurer la progression de la cachexie et à adapter les interventions. [1] Une perte de poids involontaire, une diminution des apports, une faiblesse croissante ou de nouveaux symptômes doivent être signalés précocement à l'équipe soignante afin qu'ils soient évalués dans le contexte de la maladie sous-jacente. [1] La coordination peut faire intervenir des médecins, des infirmiers, des professionnels de la nutrition, des spécialistes de l'activité physique ou de la rééducation, des pharmaciens et des professionnels du soutien psychologique ou social. [1]
Sources et références
[1] Anorexia and Cachexia - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
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