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Aérophagie : symptômes, diagnostic et moyens de réduire l’air avalé

L’aérophagie correspond au fait d’avaler des quantités excessives d’air et peut concerner les enfants comme les adultes. [2] Cet air s’accumule principalement dans l’estomac et le duodénum, souvent de façon croissante au cours de la journée. [2] Les manifestations typiques sont une sensation de ventre plein, des ballonnements et des éructations provenant de l’estomac. [2] Ces symptômes ne suffisent toutefois pas à reconnaître soi-même une aérophagie, car les gaz digestifs et les éructations peuvent avoir d’autres mécanismes. [2] [1]

Quelle différence entre aérophagie, gaz digestifs et éructations ?

L’aérophagie désigne l’entrée répétée d’air par déglutition, tandis qu’une éructation désigne l’expulsion d’air depuis l’estomac ou l’œsophage vers la bouche et la gorge. [2] Éructer occasionnellement est un phénomène physiologique, alors que des épisodes excessifs peuvent devenir gênants et altérer la qualité de vie. [2] Les éructations gastriques évacuent de l’air provenant de l’estomac et peuvent survenir après des épisodes d’aérophagie. [2] À l’inverse, lors d’une éructation supragastrique, l’air entre dans l’œsophage puis ressort sans atteindre l’estomac. [2] L’aérophagie n’est pas considérée comme la cause des éructations supragastriques, même si les deux phénomènes peuvent être associés. [2]

Tous les gaz digestifs ne proviennent pas de l’air avalé : certains glucides incomplètement digérés dans l’estomac et l’intestin grêle sont transformés par les bactéries du côlon, ce qui produit également des gaz. [1] La présence de ballonnements après certains aliments peut donc relever d’un mécanisme différent de l’aérophagie. [1] [2] Une incapacité à éructer constitue aussi une situation distincte, susceptible d’être confondue avec l’aérophagie. [2]

Comment l’aérophagie est-elle évaluée ?

L’évaluation cherche à déterminer si l’air est réellement avalé jusque dans l’estomac et à distinguer ce phénomène d’autres troubles de l’œsophage, des éructations supragastriques ou d’une rumination. [2] Lorsque la situation clinique est incertaine, une impédancemétrie-pH œsophagienne sur 24 heures peut être utilisée pour étudier le déplacement de l’air et des liquides dans l’œsophage. [2] Au cours d’un épisode d’aérophagie, cet examen met en évidence une progression de l’air du pharynx vers l’estomac, portée par les contractions de l’œsophage. [2] Le déplacement est plus lent que lors d’une éructation supragastrique et se déroule sur plusieurs secondes. [2] Cet examen est également utilisé chez l’enfant lorsque les manifestations sont difficiles à interpréter ou qu’il faut les différencier d’un autre trouble fonctionnel de l’œsophage. [2]

Pour des symptômes de gaz, un professionnel de santé peut également proposer de noter les aliments, les boissons et les manifestations ressenties. [1] Ce relevé peut aider à repérer une relation avec certaines habitudes ou certains aliments, sans établir à lui seul la cause des symptômes. [1]

Que peut-on faire pour réduire l’air avalé ?

La prise en charge spécifique de l’aérophagie repose surtout sur des approches comportementales, mais les données disponibles sont insuffisantes pour établir une recommandation thérapeutique solidement fondée sur des études. [2] Une prise en charge orthophonique peut notamment expliquer le mécanisme de l’air avalé, travailler un schéma de déglutition plus adapté et aider à le reproduire dans la vie quotidienne. [2] Manger plus lentement et prendre de plus petites portions font partie des mesures susceptibles d’aider certaines personnes. [2] [1]

Pour diminuer les symptômes liés aux gaz, un médecin peut aussi conseiller de limiter le chewing-gum, les bonbons durs, les boissons gazeuses et l’utilisation d’une paille. [1] Éviter de parler en mangeant ou en buvant, s’asseoir pour manger et ne pas prendre ses repas dans la précipitation sont d’autres adaptations possibles. [1] Ces mesures portent sur les habitudes favorisant l’entrée d’air et ne traitent pas nécessairement les gaz produits par la digestion de certains aliments. [1] [2]

Faut-il modifier son alimentation ?

Une modification alimentaire ciblée peut être envisagée lorsque certains aliments semblent associés aux gaz, mais cette démarche concerne parfois une autre cause que l’aérophagie. [1] [2] Certains fruits, légumes, légumineuses, produits laitiers, céréales complètes ou édulcorants peuvent augmenter les gaz chez certaines personnes selon leur digestion et leur état de santé. [1] Un régime particulier dépend de la cause identifiée, par exemple une maladie cœliaque, une intolérance au lactose ou un syndrome de l’intestin irritable. [1] Le choix d’un programme alimentaire équilibré peut être discuté avec un médecin ou un diététicien lorsque les symptômes conduisent à envisager des restrictions. [1]

Pourquoi demander un avis médical en cas de symptômes persistants ?

Des ballonnements ou des éructations persistants ne permettent pas de conclure automatiquement à une aérophagie, car plusieurs mécanismes digestifs ou œsophagiens peuvent produire des manifestations voisines. [2] [1] L’évaluation médicale peut servir à distinguer l’air avalé d’une production intestinale de gaz, d’un trouble des éructations, d’un reflux, d’une rumination ou d’une incapacité à éructer. [2] [1] Cette distinction oriente les mesures proposées, car les approches comportementales de l’aérophagie et les régimes destinés à une affection digestive identifiée ne répondent pas au même mécanisme. [2] [1]

Sources et références

[1] Eating, Diet, & Nutrition for Gas in the Digestive Tract - NIDDK

www.niddk.nih.gov · Consulté le 2026-09-11

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Spécialités médicales concernées

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Professionnels pouvant intervenir

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