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Piqûre d’aiguille : premiers gestes et évaluation des risques VIH et hépatites

Une blessure par piqûre d’aiguille correspond à la pénétration de la peau par une aiguille ou un autre instrument piquant. [3] Lorsqu’un objet a été en contact avec du sang, cette blessure peut exposer notamment au virus de l’immunodéficience humaine, au virus de l’hépatite B et au virus de l’hépatite C. [3] Après une exposition sanguine à risque, l’évaluation doit être réalisée rapidement, car un traitement post-exposition au VIH n’est efficace que s’il débute dans les 48 heures et doit idéalement être commencé dans les 4 heures. [1]

Que faire immédiatement après la piqûre ?

En cas de blessure ou de piqûre, les soins locaux consistent à laver la zone à l’eau et au savon, puis à effectuer une antisepsie avec de l’hypochlorite de sodium ou de la povidone iodée. [1] Ces premiers soins ne doivent pas retarder l’évaluation de l’exposition, notamment lorsque l’aiguille est creuse, que la piqûre est profonde ou que le statut infectieux de la personne source est connu ou peut être recherché. [1]

Il faut se rendre sans délai dans une structure habilitée à évaluer et prescrire un traitement post-exposition, car la décision doit pouvoir être prise dans les premières heures. [1] En France, ce traitement peut être prescrit à l’hôpital, dans un centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic ou dans un centre de santé sexuelle d’approche communautaire, tandis que les structures d’urgence peuvent le prescrire et le délivrer en dehors des heures d’ouverture. [1]

Comment le risque de transmission du VIH est-il évalué ?

La décision concernant un traitement post-exposition dépend du type d’aiguille, de la profondeur de la blessure et du statut VIH de la personne source. [1] Une piqûre profonde avec une aiguille creuse utilisée dans un vaisseau est considérée comme une exposition plus à risque qu’une piqûre avec une aiguille pleine ou une aiguille utilisée pour une injection intramusculaire ou sous-cutanée. [1] Après une piqûre profonde avec une aiguille creuse intravasculaire, le traitement est recommandé si la personne source vit avec le VIH et présente une charge virale détectable. [1] Si le statut VIH de la personne source ne peut pas être déterminé, ce traitement est discuté pour ce type de piqûre en présence de facteurs de risque épidémiologiques. [1]

Le traitement post-exposition n’est pas indiqué lorsque la personne source vivant avec le VIH reçoit un traitement antirétroviral depuis plus de six mois et que sa dernière charge virale est inférieure à 50 copies par millilitre dans les six derniers mois. [1] Quand il est indiqué, le traitement post-exposition associe trois médicaments antirétroviraux pendant 30 jours. [1] Il peut être commencé avant la réalisation du bilan biologique initial afin de ne pas perdre de temps. [1]

Quels examens sont réalisés après l’exposition ?

Lorsque cela est possible, il est essentiel de documenter le statut de la personne source pour le VIH et les hépatites B et C. [1] Le bilan initial de la personne exposée comprend des sérologies pour le VIH, l’hépatite B et l’hépatite C. [1] Si un traitement post-exposition au VIH est prescrit, le bilan initial comporte aussi une mesure de la créatinine et du débit de filtration glomérulaire ainsi qu’un dosage des ALAT. [1] Après une exposition au sang, la recommandation prévoit un contrôle biologique à 12 semaines, avec des adaptations selon le risque d’hépatite, le statut de la source et la prise éventuelle d’un traitement post-exposition. [1]

Quelle prévention pour les hépatites B et C ?

Si la personne exposée n’est pas immunisée contre l’hépatite B, une vaccination doit lui être proposée et commencée immédiatement. [1] Les immunoglobulines contre l’hépatite B ne sont recommandées que si la personne source a un antigène HBs positif, une virémie détectable et que la personne exposée n’a pas d’immunité vaccinale. [1] Chez une personne immunocompétente, un résultat antérieur d’anticorps anti-HBs d’au moins 100 unités internationales par litre est considéré comme une garantie de protection durable contre l’hépatite B. [1] Il n’existe pas de traitement post-exposition recommandé contre l’hépatite C, mais le suivi sérologique ou la recherche de la charge virale permet de repérer précocement une éventuelle contamination. [1]

Que se passe-t-il après une piqûre avec une aiguille abandonnée ?

La recommandation française ne préconise pas de traitement post-exposition au VIH après une piqûre avec une seringue abandonnée. [1] Cette situation se distingue du partage direct d’une seringue ou d’une aiguille lors d’un usage de drogues injectables, pour lequel un traitement est recommandé si l’utilisateur précédent a une charge virale VIH détectable ou si son statut ne peut pas être déterminé. [1] Même en l’absence d’indication de traitement contre le VIH, les soins locaux et l’évaluation du statut vis-à-vis des hépatites restent des éléments de la prise en charge d’une exposition au sang. [1]

Comment prévenir les piqûres dans les activités de soins ?

Dans les métiers de soins, la prévention repose sur plusieurs approches complémentaires, notamment la formation, les barrières de protection et les dispositifs conçus pour réduire le contact avec les aiguilles. [2] Dans les études menées en chirurgie, les doubles gants, certaines aiguilles spécialisées, les dispositifs de sécurité et les techniques évitant le passage direct des instruments de main à main ont réduit les perforations de gants ou de peau. [2] Chez les assistants dentaires, le nettoyage des instruments, la manipulation des seringues d’anesthésie locale et le recapuchonnage des aiguilles figurent parmi les circonstances fréquemment associées aux blessures. [3] Les données disponibles sur la prévention restent toutefois hétérogènes selon les professions, les gestes et les environnements de travail. [2] [3]

Sources et références

[1] Haute Autorité de Santé - Traitement préventif post-exposition au VIH

Haute Autorité de santé · Consulté le 2026-09-11

[3] Prevalence of needlestick injuries in dental assistants: a systematic review and meta-analysis

www.ebi.ac.uk · Version : 2025-02-14 · Consulté le 2026-09-16

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