Aller au contenu principal

Techniques de diagnostic moléculaire en infectiologie : principes, méthodes et limites

Les techniques de diagnostic moléculaire regroupent ici des méthodes de laboratoire qui recherchent les acides nucléiques, c’est-à-dire l’ADN ou l’ARN, d’un agent infectieux dans un prélèvement. [1] Elles peuvent servir à identifier un ou plusieurs agents pathogènes, à quantifier certaines cibles génétiques, à rechercher des mutations ou des gènes de résistance et, avec certaines méthodes de séquençage, à explorer des agents rares ou inconnus. [1] Il ne s’agit pas d’une maladie et ces techniques n’ont donc pas de signes propres : elles constituent une famille d’examens dont le choix dépend de ce que le laboratoire cherche à détecter. [1]

Que recherchent les examens moléculaires ?

Les méthodes moléculaires se distinguent de la culture, qui cherche à faire croître un microorganisme, et des méthodes immunologiques, qui détectent notamment des antigènes ou des anticorps. [1] Leur cible est généralement une séquence génétique sélectionnée parce qu’elle correspond à un microorganisme, à un groupe de microorganismes ou à une caractéristique particulière comme une mutation de résistance. [1] Certaines méthodes sont conçues pour rechercher un agent connu, tandis que le séquençage peut analyser un ensemble beaucoup plus large de séquences présentes dans un échantillon. [1]

PCR, PCR quantitative et PCR digitale

La PCR amplifie une séquence d’acide nucléique ciblée afin de la rendre détectable et constitue une méthode très utilisée pour identifier des agents infectieux connus. [1] La PCR quantitative, ou qPCR, suit l’amplification en temps réel grâce à un signal fluorescent et peut fournir une analyse qualitative ou quantitative de la cible recherchée. [1] Une PCR multiplex utilise plusieurs jeux d’amorces et de sondes pour rechercher simultanément plusieurs agents dans un même échantillon. [1] La PCR digitale, ou dPCR, répartit la réaction dans de nombreux compartiments afin de réaliser une quantification absolue de la cible sans recourir à une courbe étalon. [1] Cette répartition peut faciliter la détection de faibles quantités de microorganismes, de mutations minoritaires ou de variants rares. [1]

Amplification isotherme et analyse des courbes de fusion

L’amplification isotherme multiplie une cible génétique à température constante et ne nécessite donc pas les cycles de température utilisés par la PCR classique. [1] Des techniques comme LAMP, RPA ou NASBA ont été développées pour permettre une détection rapide, notamment avec des dispositifs utilisant une fluorescence, un changement de couleur ou une bandelette. [1] NASBA amplifie préférentiellement l’ARN, alors que les autres méthodes ont des mécanismes et des contraintes de conception différents. [1] L’analyse de fusion à haute résolution, appelée HRM, distingue des molécules d’ADN d’après leurs courbes de fusion et peut contribuer à identifier une espèce, un génotype ou une mutation de résistance. [1]

Puces génétiques et séquençage

Les puces génétiques reposent sur l’hybridation entre les séquences de l’échantillon et des sondes fixées sur un support ou associées à des microsphères. [1] Elles peuvent rechercher simultanément de nombreux agents ou gènes de résistance, mais seulement si les séquences correspondantes ont été prévues dans la conception de la puce. [1] Une puce ciblée ne permet donc pas, à elle seule, de détecter un agent nouveau dont la séquence n’est pas incluse. [1] Le séquençage à haut débit peut lire un très grand nombre de séquences et rechercher simultanément plusieurs microorganismes sans dépendre d’une culture. [1] Il peut compléter les examens habituels lorsque ceux-ci n’apportent pas de cause claire et peut contribuer à l’identification d’agents rares ou inconnus. [1] Le séquençage de troisième génération produit des lectures plus longues et certaines plateformes peuvent analyser directement l’ARN, mais leur taux d’erreur constitue encore une limite importante en microbiologie. [1]

Pourquoi un résultat peut-il être imparfait ?

Aucune technique moléculaire n’élimine totalement le risque de résultat faussement positif ou faussement négatif. [1] Une contamination par des acides nucléiques peut notamment produire un signal positif qui ne correspond pas à la cible réellement présente dans l’échantillon. [1] À l’inverse, une quantité trop faible de cible, des inhibiteurs dans le prélèvement, une enzyme inactive ou des paramètres de réaction inadaptés peuvent empêcher la détection. [1] La qualité et la quantité de l’échantillon, la conception des amorces et des sondes ainsi que le réglage des seuils peuvent également modifier les performances. [1] Pour le séquençage, l’analyse informatique et l’interprétation de données complexes représentent une étape déterminante pour attribuer les séquences détectées à un agent pathogène. [1]

Comment choisir entre les différentes techniques ?

Les méthodes ne sont pas interchangeables : certaines privilégient une recherche rapide et ciblée, d’autres la quantification, la recherche simultanée de nombreux agents ou l’exploration de séquences inconnues. [1] La qPCR est notamment adaptée à l’analyse qualitative ou quantitative de cibles courantes, tandis que la dPCR est particulièrement utile pour de faibles quantités de cible ou des variants rares. [1] Les puces et les PCR multiplex peuvent rechercher plusieurs agents connus à la fois, alors que le séquençage offre une exploration plus large au prix d’une analyse plus complexe. [1] Le choix repose ainsi sur la cible recherchée, le besoin de quantification, le nombre d’agents à examiner, les caractéristiques de l’échantillon et les moyens techniques disponibles. [1]

Sources et références

La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation

  • Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
  • Peut être remboursée selon conditions *
Prendre rendez-vous

* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.

Téléconsultation : préparer votre rendez-vous

Une consultation à distance peut être envisagée avec votre médecin. Il détermine si elle convient à votre situation ou si un examen en présence est nécessaire.

Avant le rendez-vous

  • Notez le motif de consultation, les symptômes et leur durée.
  • Préparez la liste de vos traitements, vos allergies connues et les comptes rendus ou résultats déjà disponibles.
  • Installez-vous dans un endroit calme et confidentiel, avec une connexion et un appareil permettant la vidéo.

Organiser la suite

Contactez votre médecin habituel ou le professionnel qui vous suit pour organiser la consultation. Selon votre situation, une consultation en présence pourra être nécessaire.

En cas d’urgence médicale, appelez le 15 ou le 112 ; n’attendez pas une téléconsultation.

Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.

Spécialités médicales concernées

Médecin biologiste