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Bilharziose urinaire : contamination, symptômes, diagnostic et traitement

La bilharziose urinaire, aussi appelée schistosomiase urinaire, est une maladie parasitaire qui atteint principalement les voies urinaires. [1] Elle est principalement provoquée par Schistosoma haematobium, un parasite qui pénètre à travers la peau lors d'un contact avec de l'eau douce contaminée. [1] Du sang dans les urines, des douleurs en urinant ou des envies fréquentes d'uriner après une exposition compatible justifient une évaluation médicale et une recherche du parasite. [1]

Comment attrape-t-on la bilharziose urinaire ?

La contamination survient en nageant, en pataugeant ou en ayant un autre contact cutané avec de l'eau douce où sont présentes les formes infectantes du parasite. [1] Ces formes larvaires traversent la peau en quelques minutes, gagnent la circulation sanguine puis mûrissent avant de rejoindre les vaisseaux du territoire génito-urinaire. [1] Les vers adultes pondent ensuite des œufs qui traversent progressivement la paroi de la vessie ou des uretères et peuvent être éliminés dans les urines. [1] La maladie est surtout liée à des expositions dans des zones d'endémie, notamment sur le continent africain, avec des foyers plus limités au Moyen-Orient, en Turquie et en Inde. [1] Une exposition brève peut suffire chez un voyageur, même si les formes chroniques sont souvent associées à des contacts répétés en zone d'endémie. [1]

Quels sont les symptômes possibles ?

De nombreuses infections ne provoquent initialement aucun symptôme. [1] Une éruption cutanée prurigineuse peut apparaître à l'endroit où le parasite a pénétré dans la peau. [1] Une forme aiguë peut survenir 14 à 84 jours après une exposition importante et associer notamment fièvre, frissons, toux, nausées, douleurs abdominales, douleurs musculaires, malaise ou urticaire. [1] Ces manifestations aiguës sont rapportées comme plus fréquentes et généralement plus sévères chez les voyageurs que chez les personnes vivant dans les régions d'endémie. [1]

Dans la bilharziose urinaire chronique, l'atteinte de la paroi de la vessie peut provoquer du sang dans les urines, appelé hématurie. [1] Elle peut aussi entraîner des douleurs ou des difficultés en urinant ainsi que des mictions plus fréquentes. [1] Ces signes ne permettent pas à eux seuls de poser le diagnostic, car la recherche d'une exposition compatible et des examens sont nécessaires. [1]

Quelles complications la maladie peut-elle provoquer ?

La réaction inflammatoire aux œufs retenus dans les tissus peut entretenir une cystite chronique. [1] Des rétrécissements des voies urinaires peuvent gêner l'écoulement de l'urine et entraîner une dilatation de l'uretère ou du rein. [1] Les pertes répétées de sang dans l'appareil génito-urinaire peuvent contribuer à une anémie par manque de fer. [1] Des infections bactériennes secondaires persistantes ou récidivantes de l'appareil génito-urinaire peuvent également survenir. [1] À long terme, des masses de la vessie et un carcinome épidermoïde, aussi appelé carcinome malpighien, peuvent se développer. [1]

La schistosomiase peut aussi atteindre les organes génitaux féminins ou masculins et être associée à des douleurs, des saignements, un gonflement génital ou des troubles de la fertilité. [1]

Une faiblesse ou une perte de sensibilité localisée, des troubles moteurs ou des convulsions dans un contexte de schistosomiase possible peuvent correspondre à une atteinte neurologique. [1] La neuroschistosomiase est une urgence médicale qui nécessite une évaluation et un traitement immédiats. [1]

Comment le diagnostic est-il établi ?

La recherche diagnostique est indiquée devant des symptômes compatibles associés à une exposition épidémiologique pertinente. [1] Un dépistage peut aussi être justifié chez une personne sans symptôme qui a été exposée à de l'eau douce dans une zone d'endémie. [1] Pour une bilharziose urinaire à Schistosoma haematobium, l'examen de référence décrit consiste à rechercher au microscope les œufs du parasite dans des échantillons d'urine. [1] Plusieurs prélèvements et des techniques de concentration peuvent être nécessaires, car un examen isolé ne détecte pas toujours les œufs. [1] Le lieu précis du contact avec l'eau doit être communiqué, car la répartition géographique aide à déterminer l'espèce à rechercher et le type de prélèvement pertinent. [1]

Des tests recherchant l'ADN ou les antigènes du parasite peuvent compléter le bilan, notamment chez des voyageurs revenus d'une zone d'exposition. [1] La sérologie recherche des anticorps et peut aider à détecter une infection chez les voyageurs de retour. [1] Une sérologie positive ne précise toutefois ni la quantité de parasites, ni la gravité clinique, ni le caractère actif ou ancien de l'infection. [1] Si la présentation reste évocatrice malgré des recherches répétées négatives dans les urines ou les selles, une biopsie de la muqueuse atteinte peut parfois être envisagée pour rechercher les œufs et la réaction inflammatoire qui les entoure. [1]

Quels sont les principes du traitement et du suivi ?

Le traitement de la schistosomiase chronique repose sur le praziquantel. [1] Ce médicament agit sur les vers adultes, mais pas sur les formes parasitaires immatures ni sur les œufs présents au début de l'infection. [1] La prise en charge d'une forme aiguë sévère peut comprendre des glucocorticoïdes systémiques avant le praziquantel, mais elle repose sur des données limitées. [1] Les effets indésirables rapportés avec le praziquantel sont généralement légers et comprennent notamment douleurs abdominales, diarrhée, maux de tête et vertiges. [1] Des échecs thérapeutiques ont été décrits, sans qu'il soit toujours possible de distinguer une réinfestation, la présence de parasites immatures ou une résistance de vers adultes. [1]

Lorsque des œufs étaient présents dans les urines ou les selles au diagnostic, leur recherche est répétée après le traitement afin de vérifier s'il reste des œufs vivants. [1] La persistance d'œufs viables constitue une indication à un nouveau traitement décidé dans le cadre du suivi médical. [1]

Comment prévenir la bilharziose urinaire ?

La principale mesure individuelle consiste à éviter tout contact cutané avec une eau douce susceptible d'être contaminée dans une zone d'endémie. [1] La contamination ne résulte pas de l'ingestion du parasite, mais le contact de la bouche ou des lèvres avec l'eau contaminée peut permettre sa pénétration à travers la peau. [1] L'élimination hygiénique des urines et des selles contribue à limiter la poursuite du cycle parasitaire et le risque de nouvelles infections. [1]

Sources et références

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