Automutilation non suicidaire : signes, évaluation et prise en charge

Trouver un professionnel
Psychiatrie de l'adolescent par ville
L’automutilation non suicidaire désigne un acte qu’une personne s’inflige elle-même, provoquant une douleur ou une lésion superficielle, sans intention de mourir. [1] [2] Elle correspond généralement à un comportement plutôt qu’à un trouble mental autonome. [2] Elle ne doit pourtant pas être banalisée, car les personnes concernées présentent à long terme un risque accru de tentative de suicide et de décès par suicide. [2] La distinction entre automutilation non suicidaire et comportement suicidaire repose sur une évaluation des intentions, des circonstances, de l’humeur et des raisons de l’acte, et non sur l’aspect de la blessure seulement. [1]
Comment l’automutilation peut-elle se manifester ?
Les formes fréquemment décrites comprennent le fait de couper ou de piquer la peau avec un objet pointu et celui de la brûler. [1] Une personne peut provoquer plusieurs lésions au cours d’un même épisode et répéter ensuite ce comportement. [2] Les avant-bras et le devant des cuisses sont souvent concernés, car ces zones sont accessibles et peuvent être dissimulées par les vêtements. [2] La répétition des blessures peut entraîner des cicatrices étendues et s’accompagner de pensées préoccupantes concernant les actes d’automutilation. [2] Ce comportement tend à débuter au commencement de l’adolescence, mais il peut également être rencontré dans d’autres populations. [2]
Pourquoi une personne peut-elle se faire du mal ?
Les motivations de l’automutilation non suicidaire ne sont pas toujours claires et peuvent différer d’une personne à l’autre. [2] L’acte peut notamment servir à réduire une tension ou des sentiments négatifs. [1] Il peut aussi être lié à des difficultés relationnelles, à une volonté de se punir pour une faute perçue ou à un appel à l’aide. [1] Certaines personnes ne considèrent pas leur comportement comme un problème et peuvent donc hésiter à en parler ou à accepter un accompagnement. [1]
Automutilation et tentative de suicide : quelle différence ?
Une automutilation non suicidaire se distingue d’une tentative de suicide par l’absence d’intention de provoquer sa propre mort. [2] Les moyens employés peuvent toutefois ressembler à ceux d’une tentative de suicide, ce qui empêche de conclure à partir du geste seul. [1] Lors d’un premier épisode, l’intention réelle peut être particulièrement difficile à déterminer, notamment lorsqu’une personne s’est trompée sur la dangerosité de son geste. [1] Une personne qui s’automutile sans intention de mourir peut aussi faire une tentative de suicide, immédiatement ou ultérieurement. [1] L’affirmation d’une absence d’intention suicidaire ne dispense donc pas d’évaluer le risque de suicide. [2]
Comment l’évaluation clinique se déroule-t-elle ?
La première étape consiste à examiner la personne afin de déterminer si ses blessures nécessitent un traitement. [1] L’évaluation recherche ensuite une éventuelle intention de mourir et estime le risque de tentative de suicide. [2] Le professionnel s’intéresse aux méthodes employées, à leur nombre, à la fréquence des actes et à leur ancienneté. [2] Il cherche également à comprendre la fonction du comportement pour la personne et sa disposition à participer aux soins. [2] Les changements d’humeur et les événements stressants peuvent être abordés avec la personne et, lorsque cela est pertinent, avec ses proches afin de mieux apprécier le risque suicidaire. [1]
Une écoute qui reconnaît l’expérience vécue et prend la souffrance au sérieux peut faciliter la parole sur un comportement parfois caché. [1] [2] L’évaluation recherche aussi d’autres troubles mentaux susceptibles de coexister avec l’automutilation. [2] L’automutilation non suicidaire peut notamment être observée avec un trouble de stress post-traumatique, un trouble des conduites alimentaires, un trouble lié à l’usage d’alcool ou de substances, certains troubles de la personnalité, un trouble d’excoriation ou l’autisme. [1] La présence d’une automutilation ne permet pas à elle seule de diagnostiquer l’un de ces troubles. [1] [2]
Quels traitements peuvent être proposés ?
La prise en charge repose principalement sur certaines formes de psychothérapie et sur le traitement des troubles associés. [2] La thérapie cognitivo-comportementale aide la personne à repérer ses pensées automatiques et à modifier les enchaînements négatifs entre pensées, humeur et comportement. [2] La thérapie comportementale dialectique vise notamment à développer des manières plus adaptées de répondre au stress et de résister aux pulsions autodestructrices. [2] Une thérapie de groupe centrée sur la régulation émotionnelle peut apprendre à reconnaître, comprendre et gérer les émotions sans y répondre de façon aussi intense ou impulsive. [1] [2] Le choix de l’approche dépend de l’évaluation de la personne, de ses difficultés associées et de sa possibilité de s’engager dans le traitement. [2]
Lorsqu’une dépression, un trouble des conduites alimentaires, un trouble lié à l’usage de substances ou un autre trouble mental est présent, celui-ci doit faire l’objet d’une prise en charge adaptée. [1] La prise en charge d’un trouble associé ne remplace pas l’évaluation spécifique des blessures, des actes d’automutilation et du risque suicidaire. [2]
Quels repères pour le suivi et les proches ?
Le suivi tient compte de la répétition éventuelle des actes, de leur fonction, des troubles associés et de l’évolution du risque suicidaire. [2] L’accompagnement psychothérapeutique peut notamment aider la personne à développer d’autres réponses au stress et aux émotions négatives. [2] Pour les proches, prendre le comportement au sérieux et favoriser une parole sans minimisation contribue à rendre possible une évaluation appropriée. [1] Même si le geste est présenté comme non suicidaire, son intention et le risque de suicide doivent être réévalués plutôt que supposés. [1] [2]
Sources et références
[1] Automutilation non suicidaire - Santé mentale - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[2] Automutilation non suicidaire - Psychiatrie - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation
- Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
- Peut être remboursée selon conditions *
* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.
Téléconsultation : préparer votre rendez-vous
Une consultation à distance peut être envisagée avec votre médecin. Il détermine si elle convient à votre situation ou si un examen en présence est nécessaire.
Avant le rendez-vous
- Notez le motif de consultation, les symptômes et leur durée.
- Préparez la liste de vos traitements, vos allergies connues et les comptes rendus ou résultats déjà disponibles.
- Installez-vous dans un endroit calme et confidentiel, avec une connexion et un appareil permettant la vidéo.
Organiser la suite
Contactez votre médecin habituel ou le professionnel qui vous suit pour organiser la consultation. Selon votre situation, une consultation en présence pourra être nécessaire.
En cas d’urgence médicale, appelez le 15 ou le 112 ; n’attendez pas une téléconsultation.
Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.