Agraphie : comprendre ce trouble acquis de l’écriture, son bilan et sa prise en charge

Trouver un professionnel
Rééducation de l'écriture par ville
L’agraphie désigne l’altération ou la perte d’une capacité à écrire qui avait été acquise auparavant. [1] Ce n’est pas une maladie unique, mais un symptôme neurologique pouvant avoir des causes diverses. [1] L’agraphie peut être isolée, mais elle accompagne plus souvent d’autres troubles tels qu’une aphasie, une apraxie, une difficulté à lire, une faiblesse d’un côté du corps ou un tremblement. [1] Ses manifestations et sa prise en charge dépendent de l’étape du processus d’écriture qui est atteinte et de la cause sous-jacente. [1]
Comment l’agraphie peut-elle se manifester ?
Écrire mobilise la connaissance des lettres et des mots, l’orthographe, la construction des phrases, la programmation des gestes ainsi que les capacités visuelles et motrices. [1] Selon le mécanisme atteint, une personne peut faire des erreurs d’orthographe, choisir des lettres ou des mots inadéquats, produire des phrases anormales ou éprouver des difficultés à former les lettres. [1] Certaines formes entraînent une écriture hésitante, imprécise ou illisible malgré la conservation des connaissances orthographiques. [1] D’autres provoquent une mauvaise disposition sur la page, des espaces inhabituels, la répétition de traits ou la superposition de lettres et de mots. [1] Une diminution progressive de la taille des lettres, appelée micrographie, peut notamment être associée à un dysfonctionnement des circuits moteurs observé dans la maladie de Parkinson. [1] Une difficulté acquise à utiliser un clavier ou à rédiger un message numérique peut accompagner l’agraphie, sans se confondre nécessairement avec elle. [1]
Quelles sont les principales formes d’agraphie ?
L’agraphie centrale, dite linguistique, touche les processus qui permettent de retrouver et d’organiser les représentations des lettres et des mots. [1] Elle peut se traduire différemment selon que la difficulté concerne la conversion des sons en lettres, l’écriture de mots irréguliers, le sens des mots ou le maintien de l’ordre des lettres. [1] L’agraphie périphérique touche plutôt la programmation, l’organisation visuospatiale ou l’exécution physique de l’écriture. [1] Malgré son nom, l’agraphie périphérique correspond à une atteinte des processus du système nerveux central et non à une maladie des nerfs périphériques. [1] Une agraphie est dite primaire lorsque le trouble de l’écriture est isolé ou prédominant et provient directement de l’atteinte de circuits cérébraux impliqués dans l’écriture. [1] Elle est dite secondaire lorsque les difficultés d’écriture résultent principalement d’un autre trouble visuel, moteur, attentionnel ou cognitif. [1]
À ne pas confondre avec d’autres difficultés d’écriture
L’agraphie se distingue de l’illettrisme, dans lequel la capacité à écrire n’a jamais été acquise. [1] Le terme dysgraphie désigne habituellement une altération de l’écriture manuscrite liée à un trouble des apprentissages, mais il est parfois employé pour une atteinte acquise incomplète. [1] L’aphasie concerne le langage et peut coexister avec une agraphie, mais les capacités à parler et à écrire peuvent être atteintes de manière différente. [1] Une difficulté d’écriture ne suffit donc pas à déterminer seule le mécanisme neurologique ou la maladie en cause. [1]
Quelles causes peuvent être recherchées ?
L’accident vasculaire cérébral est la cause la plus reconnue d’agraphie acquise. [1] Une agraphie peut également être liée à une maladie neurodégénérative, un traumatisme crânien, une tumeur du système nerveux central, une infection neurologique, une épilepsie ou certains troubles métaboliques. [1] La nature des erreurs d’écriture et les autres symptômes neurologiques apportent des indices sur les fonctions atteintes, sans permettre à eux seuls d’identifier la cause. [1] L’évolution du trouble, notamment son caractère stable, progressif ou fluctuant, fait partie des informations utiles au bilan. [1]
Comment le bilan est-il réalisé ?
L’évaluation commence par l’histoire du trouble, ses circonstances d’apparition, sa progression et la recherche d’autres difficultés motrices, langagières ou cognitives. [1] L’examen analyse notamment la lisibilité, la taille et l’espacement des lettres, la vitesse d’écriture, l’orthographe, la grammaire, le choix des mots et leur disposition sur la page. [1] Des productions écrites antérieures peuvent aider à déterminer ce qui a changé par rapport à l’écriture habituelle de la personne. [1] La comparaison entre l’orthographe orale et écrite contribue à distinguer une atteinte linguistique d’une difficulté d’exécution. [1] Un bilan du langage et une évaluation neuropsychologique plus approfondie peuvent préciser le type et la sévérité de l’agraphie. [1] Une imagerie cérébrale par IRM est souvent nécessaire pour rechercher ou localiser une lésion, notamment lorsqu’un accident vasculaire cérébral est suspecté. [1] Le niveau antérieur d’écriture, la langue principale et les particularités de son système orthographique doivent être pris en compte pour interpréter correctement les résultats. [1]
Quels sont les principes de la prise en charge ?
La prise en charge dépend du type d’agraphie, de sa cause, de son ancienneté, des autres troubles du langage et de l’état cognitif. [1] Elle associe généralement le traitement de la cause lorsqu’il est possible et une rééducation adaptée aux difficultés observées. [1] L’orthophonie et l’ergothérapie constituent les principales approches de rééducation des formes centrales et périphériques. [1] Les exercices peuvent cibler les mécanismes précis de lecture et d’écriture qui sont perturbés plutôt que suivre un programme identique pour toutes les personnes. [1] Après un accident vasculaire cérébral, des outils d’assistance comme la conversion de la parole en texte peuvent aider certaines personnes présentant à la fois une aphasie et une agraphie. [1] Le projet de rééducation doit être individualisé selon les capacités, les besoins de communication et les objectifs de vie de la personne. [1]
Quelle évolution est possible ?
L’évolution de l’agraphie varie fortement selon sa cause et l’étendue des fonctions atteintes. [1] Une amélioration est fréquente après un accident vasculaire cérébral, tandis qu’une agraphie liée à une maladie neurodégénérative tend à s’aggraver progressivement. [1] Même lorsque l’écriture antérieure n’est pas entièrement récupérée, la rééducation peut améliorer les capacités fonctionnelles et favoriser l’apprentissage de stratégies compensatoires. [1] Les difficultés d’écriture peuvent gêner l’autonomie, la communication et la participation à la vie sociale. [1] Elles peuvent aussi être une source importante de frustration pour la personne concernée et ses proches. [1] Laisser suffisamment de temps à la personne pour s’exprimer et utiliser des moyens de communication adaptés peut faciliter les échanges. [1]
Sources et références
[1] Agraphia - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-13
La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation
- Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
- Peut être remboursée selon conditions *
* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.
Téléconsultation : préparer votre rendez-vous
Une consultation à distance peut être envisagée avec votre médecin. Il détermine si elle convient à votre situation ou si un examen en présence est nécessaire.
Avant le rendez-vous
- Notez le motif de consultation, les symptômes et leur durée.
- Préparez la liste de vos traitements, vos allergies connues et les comptes rendus ou résultats déjà disponibles.
- Installez-vous dans un endroit calme et confidentiel, avec une connexion et un appareil permettant la vidéo.
Organiser la suite
Contactez votre médecin habituel ou le professionnel qui vous suit pour organiser la consultation. Selon votre situation, une consultation en présence pourra être nécessaire.
En cas d’urgence médicale, appelez le 15 ou le 112 ; n’attendez pas une téléconsultation.
Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.