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Aphasie : signes, causes, évaluation et rééducation du langage

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L’aphasie est une perte partielle ou complète de la capacité à comprendre ou à exprimer le langage parlé ou écrit. [1] Il s’agit d’un trouble acquis provoqué par une lésion ou un dysfonctionnement des régions cérébrales qui participent au langage et des voies qui les relient. [2] Selon les fonctions atteintes, la personne peut avoir des difficultés à parler, comprendre, lire, écrire, nommer un objet ou répéter une phrase. [1] La nature et l’intensité de ces difficultés varient d’une personne à l’autre, et plusieurs formes d’aphasie peuvent se chevaucher. [1]

Quelles fonctions du langage peuvent être touchées ?

Le langage dépend généralement d’un réseau cérébral comprenant des régions frontales, temporales et pariétales ainsi que leurs connexions. [2] Chez la plupart des personnes, ce réseau se situe principalement dans l’hémisphère gauche, mais sa répartition peut différer, notamment chez certaines personnes gauchères. [1] La localisation et l’étendue de l’atteinte cérébrale déterminent les aspects du langage qui sont perturbés. [2] La parole et l’écriture sont souvent touchées de manière comparable, même si le profil exact dépend de la lésion. [1]

Comment l’aphasie peut-elle se manifester ?

Dans une aphasie principalement expressive, dite aussi aphasie de Broca, la personne comprend relativement bien les mots mais peine à les produire. [2] La parole peut alors être lente, laborieuse, composée de phrases courtes et dépourvue de son rythme habituel. [2] La répétition, la recherche des mots et l’écriture peuvent également être altérées dans ce profil. [2]

Dans une aphasie principalement réceptive, dite aussi aphasie de Wernicke, la compréhension du langage parlé et écrit est perturbée. [1] La personne peut parler avec fluidité et un rythme naturel, mais employer des mots erronés ou produire des phrases difficiles à comprendre. [2] Elle peut ne pas percevoir que son discours est incompréhensible pour son interlocuteur. [2]

L’anomie désigne la difficulté à retrouver ou à prononcer le nom d’un objet, parfois remplacé par une description détournée de son usage. [1] [2] Une aphasie de conduction se caractérise surtout par une difficulté à répéter des mots ou des phrases, malgré une parole qui peut rester fluide. [1] Une aphasie globale correspond à une atteinte sévère de la compréhension, de la parole et de l’écriture. [1] Comme ces profils se recouvrent fréquemment, décrire les capacités concrètement préservées ou altérées est souvent plus précis que de donner seulement le nom d’un type. [2] [1]

Aphasie, dysarthrie et autres troubles de la communication

L’aphasie ne doit pas être confondue avec la dysarthrie, qui affecte la production physique des sons en raison d’une atteinte des nerfs ou des muscles participant à la parole. [1] Dans l’aphasie, le problème concerne le traitement cérébral du langage, notamment la compréhension, l’expression et la recherche des mots. [1] L’évaluation doit aussi vérifier que les difficultés apparentes ne proviennent pas d’un trouble de l’audition, de la vision ou des capacités motrices nécessaires pour parler et écrire. [2] L’aphasie acquise se distingue également des troubles développementaux du langage présents au cours du développement de l’enfant. [2]

Quelles sont les causes possibles ?

L’accident vasculaire cérébral, le traumatisme crânien et l’encéphalite font partie des causes possibles d’aphasie. [1] Lorsque la lésion responsable n’est pas évolutive, l’aphasie ne continue généralement pas à s’aggraver du seul fait de cette lésion. [2] Une tumeur cérébrale qui augmente de volume ou certains types de démence peuvent en revanche provoquer une aphasie qui s’aggrave progressivement. [1] L’identification de la cause est donc indispensable pour comprendre l’évolution possible et choisir la prise en charge. [2]

Comment l’aphasie est-elle évaluée ?

L’évaluation clinique commence par un échange avec la personne et par des tâches simples explorant différentes fonctions du langage. [1] Elle examine notamment la fluidité de la parole, les hésitations, la recherche des mots, la dénomination d’objets et la répétition de phrases. [2] La compréhension est testée au moyen de questions ou de consignes simples et plus complexes. [2] La lecture à voix haute, la compréhension écrite, l’orthographe et l’écriture spontanée ou sous dictée peuvent également être évaluées. [2]

Des tests neuropsychologiques standardisés réalisés par un neuropsychologue ou un orthophoniste peuvent détecter des troubles subtils et préciser le profil des capacités langagières. [1] Ces tests contribuent aussi à la planification de la rééducation et à l’évaluation du potentiel de récupération. [2] Une imagerie cérébrale par tomodensitométrie ou imagerie par résonance magnétique sert à caractériser la lésion responsable. [2] D’autres examens peuvent être demandés en fonction de la cause suspectée. [1]

Quels sont les principes de la prise en charge ?

La prise en charge associe, lorsque cela est possible, le traitement de la cause et une rééducation orthophonique. [1] Le traitement de la cause peut améliorer le langage, mais la récupération peut aussi être lente ou partielle, notamment après certaines lésions cérébrales. [1] L’orthophonie peut améliorer la communication de nombreuses personnes présentant une aphasie après un accident vasculaire cérébral. [2] La rééducation peut travailler directement la compréhension, la production des mots et des phrases, la lecture, l’écriture ou la communication dans les activités quotidiennes. [3]

Pour l’aphasie après un accident vasculaire cérébral, une recommandation européenne suggère une orthophonie fréquente et intensive, avec un programme adapté aux capacités, aux objectifs et aux préférences de chaque personne. [3] Cette recommandation propose au moins quatre séances par semaine, au moins trois heures hebdomadaires et une durée cumulée d’au moins vingt heures pour soutenir la récupération du langage et la qualité de vie. [3] Les capacités individuelles, la fatigue, l’adhésion et les préférences doivent toutefois être prises en compte lors du choix de l’intensité. [3] Des approches numériques ou des séances en groupe peuvent compléter l’offre de rééducation, sans remplacer automatiquement une prise en charge personnalisée. [3]

Quels outils peuvent faciliter la communication ?

Lorsque les capacités langagières de base restent très limitées, des moyens de communication augmentative peuvent aider la personne à transmettre ses besoins et ses messages. [2] Ces moyens comprennent notamment des livres ou tableaux contenant des images et des symboles, ainsi que des appareils informatisés affichant des messages. [1] Ils visent à soutenir les échanges du quotidien lorsque la parole ou l’écriture ne suffisent pas. [2] Pour les proches, reconnaître que l’aphasie résulte d’un trouble physique sur lequel la personne exerce peu de contrôle peut aider à mieux comprendre les difficultés rencontrées. [1]

De quoi dépend la récupération ?

La récupération dépend principalement de la cause, de la taille et de la localisation de la lésion, de l’importance du trouble du langage et de la réponse à la rééducation. [1] L’âge, le niveau d’éducation et l’état de santé général peuvent également intervenir, mais dans une moindre mesure. [2] Chez les enfants plus âgés et les adultes ayant subi une lésion cérébrale, une grande partie de la récupération survient généralement pendant les trois premiers mois. [2] Une amélioration supplémentaire peut néanmoins se poursuivre à un degré variable jusqu’à un an après la lésion. [2] Ces repères décrivent des tendances générales et ne permettent pas de prédire précisément l’évolution d’une personne donnée. [1]

Sources et références

[2] Aphasie - Neurologie - Édition professionnelle du Manuel MSD

Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13

[3] European Stroke Organisation (ESO) guideline on aphasia rehabilitation

www.ebi.ac.uk · Version : 2025-05-22 · Consulté le 2026-09-16

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