Actinomycose : symptômes, diagnostic et traitements

L’actinomycose est une infection bactérienne chronique provoquée principalement par Actinomyces israelii et parfois par d’autres espèces d’Actinomyces. [1] [2] Elle peut rester localisée ou, plus rarement, atteindre plusieurs organes après une propagation par le sang. [1] [2] Son aspect caractéristique associe des abcès, un tissu dur ou cicatriciel et des fistules, c’est-à-dire des canaux anormaux susceptibles d’évacuer du pus vers la peau ou entre des organes. [1] [2]
Comment les bactéries Actinomyces provoquent-elles une infection ?
Les bactéries Actinomyces vivent normalement entre les dents et les gencives, sur les amygdales et parfois dans l’intestin ou le vagin sans provoquer d’actinomycose. [1] [2] L’infection apparaît lorsqu’une lésion ou une inflammation de la surface des tissus permet aux bactéries de pénétrer plus profondément. [2] De nombreuses infections sont polymicrobiennes, ce qui signifie que d’autres espèces bactériennes peuvent être présentes dans les mêmes lésions. [1]
Dans la forme cervicofaciale, une maladie des gencives et des tissus qui soutiennent les dents constitue une porte d’entrée fréquente. [1] La forme thoracique résulte généralement de l’inhalation de sécrétions provenant de la bouche ou de la gorge. [1] [2] La forme abdominale peut survenir après une rupture de la muqueuse digestive, notamment au niveau d’un diverticule ou de l’appendice, ou après un traumatisme. [1] Une actinomycose pelvienne localisée peut être associée à certains dispositifs intra-utérins. [1]
Quels sont les symptômes selon la localisation ?
Une lésion typique forme une zone dure comprenant plusieurs petits abcès reliés entre eux. [1] Les fistules peuvent s’ouvrir à la peau et laisser s’écouler un pus contenant de petits grains arrondis et jaunâtres appelés grains de soufre. [1] [2] Malgré leur nom, ces grains ne contiennent pas de soufre et correspondent à des amas de filaments bactériens. [1]
La forme cervicofaciale débute habituellement par une petite tuméfaction dure, parfois douloureuse, dans la bouche, sur le visage, dans le cou ou sous la mâchoire. [1] [2] Cette tuméfaction peut ensuite ramollir, former des fistules et libérer du pus. [1] [2] L’infection peut s’étendre directement vers la joue, la langue, la gorge, les glandes salivaires, les os du crâne, les méninges ou le cerveau. [1] [2]
La forme abdominale peut provoquer des douleurs, de la fièvre, des vomissements, une diarrhée ou une constipation et une perte de poids. [1] [2] Des masses abdominales peuvent entraîner une obstruction intestinale partielle, tandis que des fistules peuvent relier l’intestin à d’autres organes ou à la paroi abdominale. [1] [2] La forme pelvienne se manifeste notamment par des douleurs pelviennes ou abdominales basses et des écoulements vaginaux. [1] [2] Des abcès et du tissu cicatriciel peuvent alors atteindre les trompes, les ovaires, la vessie ou les uretères. [2]
La forme thoracique peut associer une douleur dans la poitrine, de la fièvre, une perte de poids et une toux parfois accompagnée de crachats. [2] L’infection pulmonaire peut être déjà étendue lorsque ces symptômes apparaissent. [1] [2] Elle peut gagner la plèvre, provoquer une pleurésie ou une accumulation de liquide infecté appelée empyème, puis atteindre la paroi thoracique, les côtes ou la colonne vertébrale. [1] [2] Dans la forme généralisée, rare, les symptômes dépendent des organes atteints et peuvent inclure des maux de tête, des douleurs dorsales ou des douleurs abdominales. [1] [2]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Les abcès, les zones cicatricielles et les fistules peuvent faire suspecter une actinomycose, mais leur présence ne suffit pas à confirmer le diagnostic. [1] [2] La confirmation repose sur l’identification d’Actinomyces au microscope et par culture à partir de crachats, de pus ou d’un prélèvement de tissu. [1] [2] Le prélèvement peut être réalisé à l’aide d’une aiguille guidée par échographie, pendant une endoscopie ou, dans certaines situations, lors d’une intervention chirurgicale. [2] Le laboratoire doit être averti lorsque l’actinomycose est suspectée, car des procédures particulières sont nécessaires pour isoler et identifier ces bactéries. [1]
Une radiographie, une échographie ou une tomodensitométrie peut être utilisée pour préciser le nombre, la taille et l’emplacement des abcès. [1] [2] L’imagerie ne suffit pas toujours à reconnaître la maladie, car les lésions peuvent ressembler à une tumeur. [1] Dans les poumons, l’actinomycose doit notamment être distinguée de la tuberculose et du cancer. [1] Les lésions abdominales sont parfois difficiles à diagnostiquer avant une intervention ou avant qu’une fistule n’atteigne la paroi abdominale. [1]
Quels sont les principes du traitement ?
Le traitement repose principalement sur une antibiothérapie prolongée, la pénicilline étant habituellement l’un des antibiotiques de référence. [1] [2] La réponse peut être lente en raison de l’étendue du tissu dur et de la faible vascularisation des lésions. [1] Le traitement antibiotique dure généralement au moins plusieurs semaines et peut se prolonger pendant de nombreux mois, parfois au-delà d’un an. [1] [2] Sa poursuite est adaptée à la disparition des manifestations cliniques. [1]
Un petit abcès peut parfois être aspiré à l’aide d’une aiguille, tandis qu’un abcès volumineux peut nécessiter un drainage. [1] [2] Une intervention chirurgicale peut aussi être nécessaire pour retirer des fistules ou traiter une infection étendue située dans une zone critique. [1] [2] Lorsqu’une actinomycose pelvienne est associée à un dispositif intra-utérin, le traitement décrit comprend également le retrait de ce dispositif. [1] [2] Une atteinte pelvienne étendue peut nécessiter le drainage d’abcès intra-abdominaux et, dans certains cas, une chirurgie gynécologique plus importante. [1] [2]
Quelle est l’évolution de l’actinomycose ?
L’actinomycose évolue généralement lentement et peut s’étendre aux tissus voisins avant d’être reconnue. [1] Un diagnostic précoce et un traitement adapté sont associés à une récupération complète chez la plupart des personnes. [2] Le pronostic dépend cependant de la localisation et de l’étendue de l’infection. [1] [2] Il est généralement meilleur dans la forme cervicofaciale que dans les formes thoracique, abdominale ou généralisée. [1] [2] L’atteinte du cerveau, de la moelle épinière ou d’autres structures du système nerveux central est associée à un pronostic moins favorable. [1] [2]
Sources et références
[1] Actinomycose - Maladie infectieuse - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-11
[2] Actinomycose - Infections - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-11
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