Angiomatose bacillaire : signes, diagnostic et traitement

L’angiomatose bacillaire, aussi appelée angiomatose épithélioïde, est une infection due aux bactéries Bartonella henselae ou Bartonella quintana. [1] [2] Elle provoque le plus souvent des lésions cutanées rouges ou violacées d’aspect vasculaire, mais elle peut aussi toucher des organes internes. [1] [2] La maladie concerne surtout les personnes immunodéprimées, notamment en cas d’infection par le VIH avancée, de greffe d’organe ou de chimiothérapie, bien que de rares cas soient décrits sans immunodépression majeure. [1] [2] [3]
Quelles bactéries sont en cause et comment sont-elles transmises ?
Bartonella henselae est associée aux chats et à leurs puces, tandis que Bartonella quintana est transmise par les poux de corps. [1] [2] [3] Les contacts avec un chat, notamment les morsures ou griffures, et l’exposition aux puces sont des facteurs rapportés pour la forme due à Bartonella henselae. [2] [3] L’infestation par les poux, la précarité et l’absence de logement stable sont particulièrement associées aux infections à Bartonella quintana. [2] [3]
L’angiomatose bacillaire ne doit pas être confondue avec la verruga peruana de la maladie de Carrión, qui est causée par Bartonella bacilliformis malgré des lésions angiomatogènes parfois très semblables. [3]
Quels sont les signes de l’angiomatose bacillaire ?
La présentation cutanée habituelle commence par une papule qui peut évoluer vers un nodule protubérant, rouge vif à violet et d’aspect vasculaire. [1] [2] Les lésions peuvent être uniques ou multiples, apparaître par poussées et être entourées d’une collerette de squames. [1] [2] [3] Elles sont fragiles et peuvent saigner abondamment lorsqu’elles sont traumatisées, tandis que les nodules volumineux peuvent s’ulcérer en leur centre. [1] [2] Des lésions semblables peuvent également atteindre la bouche, la langue, le nez, le tube digestif ou la région génitale et anale. [2]
Lorsque l’infection se dissémine, elle peut atteindre le foie, la rate, les os, les poumons, le cerveau, le cœur, les ganglions ou le tube digestif. [1] [2] L’atteinte du foie ou de la rate prend notamment la forme d’une péliose bacillaire, c’est-à-dire de lésions vasculaires des organes internes liées à Bartonella. [1] [2] Une atteinte viscérale peut s’accompagner de fièvre, frissons, perte de poids, manque d’appétit, douleur abdominale, anémie ou augmentation du volume du foie et de la rate. [2] Les complications décrites comprennent notamment une hémorragie digestive, une endocardite, une atteinte cérébrale ou une obstruction du larynx, et une infection insuffisamment traitée peut être mortelle. [2]
Pourquoi l’aspect des lésions ne suffit-il pas au diagnostic ?
Une lésion d’angiomatose bacillaire peut ressembler à un sarcome de Kaposi, à un granulome pyogénique ou à une autre lésion vasculaire ou tumorale. [1] [2] [3] Aucun caractère visible ne permet à lui seul de confirmer une angiomatose bacillaire, ce qui exclut un autodiagnostic fiable à partir de l’apparence de la peau. [2] [3] L’examen d’une lésion inexpliquée est particulièrement important chez une personne immunodéprimée, car une identification précoce permet d’instaurer le traitement avant l’apparition de complications. [2]
Comment le diagnostic est-il confirmé ?
Le diagnostic repose principalement sur une biopsie de la lésion, suivie d’un examen histopathologique du tissu prélevé. [1] [2] [3] Des colorations particulières peuvent mettre en évidence des amas de bactéries, mais l’histologie ne permet pas toujours d’identifier précisément l’espèce de Bartonella. [1] [2] Une analyse par PCR peut rechercher l’ADN bactérien et distinguer les différentes espèces de Bartonella. [1] [2] [3] Les cultures sont difficiles parce que ces bactéries croissent lentement et nécessitent des conditions particulières ; le laboratoire doit donc être informé lorsqu’une infection à Bartonella est suspectée. [1] [2] [3]
En présence de signes généraux ou d’une immunodépression importante, l’évaluation peut aussi rechercher une atteinte du foie, de la rate ou d’autres organes. [2]
Quels sont les principes du traitement ?
Le traitement de l’angiomatose bacillaire repose sur des antibiotiques, l’érythromycine et la doxycycline étant les options le plus souvent citées. [1] [2] [3] L’azithromycine ou la clarithromycine peuvent constituer des alternatives, tandis que la rifampicine peut être associée à la doxycycline dans certaines infections sévères. [1] [2] [3] Les références cliniques indiquent généralement un traitement prolongé, souvent pendant au moins trois mois, mais sa durée dépend de l’état immunitaire, du nombre de lésions et d’une éventuelle atteinte invasive. [1] [2] [3] Chez les personnes sans immunodépression majeure, les données reposent surtout sur un petit nombre de cas hétérogènes et ne permettent pas de déterminer avec certitude le meilleur antibiotique ni la durée optimale. [3]
Chez une personne vivant avec le VIH, le traitement antirétroviral fait partie de la prise en charge de l’immunodépression associée. [2] Certaines lésions cutanées isolées peuvent faire l’objet d’un geste local en complément des antibiotiques, mais ces procédures ne remplacent pas le traitement de l’infection. [2]
Comment la réponse au traitement est-elle suivie ?
Le nombre et la taille des nodules peuvent être surveillés pour apprécier la réponse au traitement antibiotique. [2] La plupart des lésions cutanées peuvent guérir sous antibiothérapie, mais des rechutes sont possibles après l’arrêt du traitement, surtout chez les personnes immunodéprimées. [2] Chez les personnes vivant avec le VIH, le suivi de l’immunité, notamment des lymphocytes CD4, contribue à guider la durée de la prise en charge. [2]
Peut-on prévenir une nouvelle exposition ?
Le contrôle régulier des puces chez les chats et dans leur environnement est la principale mesure préventive décrite contre les expositions associées à Bartonella henselae. [2] Éviter les griffures de chat est également conseillé aux personnes immunodéprimées. [2] Se séparer de son chat n’est pas recommandé de manière systématique, et le dégriffage ne réduit pas le risque de transmission. [2]
Sources et références
[1] Angiomatose bacillaire - Maladie infectieuse - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[2] Bacillary Angiomatosis - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
[3] A systematic review on antibiotic therapy of cutaneous bacillary angiomatosis not related to major immunocompromising conditions: from pathogenesis to treatment
www.ebi.ac.uk · Version : 2024-04-08 · Consulté le 2026-09-16
La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation
- Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
- Peut être remboursée selon conditions *
* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.
Téléconsultation : préparer votre rendez-vous
Une consultation à distance peut être envisagée avec votre médecin. Il détermine si elle convient à votre situation ou si un examen en présence est nécessaire.
Avant le rendez-vous
- Notez le motif de consultation, les symptômes et leur durée.
- Préparez la liste de vos traitements, vos allergies connues et les comptes rendus ou résultats déjà disponibles.
- Installez-vous dans un endroit calme et confidentiel, avec une connexion et un appareil permettant la vidéo.
Organiser la suite
Contactez votre médecin habituel ou le professionnel qui vous suit pour organiser la consultation. Selon votre situation, une consultation en présence pourra être nécessaire.
En cas d’urgence médicale, appelez le 15 ou le 112 ; n’attendez pas une téléconsultation.
Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.