Des médicaments de la même famille que l'Ozempic, utilisés jusqu'ici contre le diabète et l'obésité, sont désormais étudiés dans l'apnée du sommeil. L'idée : la perte de poids qu'ils entraînent pourrait réduire les épisodes d'arrêt respiratoire nocturne chez les personnes en surpoids ou obèses. Voici ce que l'on sait, et ce qui reste à confirmer.
L'essentiel
- Des agonistes du GLP-1, la famille de médicaments dont fait partie l'Ozempic, font l'objet d'études dans l'apnée du sommeil obstructive.
- Le mécanisme envisagé passe par la perte de poids : moins de graisse au niveau du cou et de la gorge pourrait limiter l'obstruction des voies respiratoires pendant le sommeil.
- L'apnée du sommeil touche environ 4 % de la population française, soit près de 2,7 millions de personnes, souvent en lien avec un excès de poids.
- Ces traitements ne sont pas des solutions miracles ni des substituts aux prises en charge existantes (perte de poids accompagnée, appareillage) : un avis médical reste indispensable avant toute décision.
Ce que dit l'actualité
Plusieurs relais d'information rapportent que des médicaments "cousins" de l'Ozempic sont actuellement étudiés comme traitement possible de l'apnée du sommeil. Ces molécules appartiennent à la famille des agonistes du GLP-1, déjà utilisées en France pour traiter le diabète de type 2 et, pour certaines, l'obésité.
Les détails précis sur les molécules concernées, le stade d'avancement des essais cliniques et l'éventuelle obtention d'une autorisation dans cette indication à l'étranger restent à confirmer auprès de sources spécialisées.
Comprendre le lien entre poids et apnée du sommeil
Le syndrome d'apnées obstructives du sommeil (SAOS) se caractérise par des arrêts répétés de la respiration pendant la nuit, causés par un rétrécissement ou une fermeture temporaire des voies aériennes supérieures.
L'excès de poids est l'un des principaux facteurs favorisants : un tissu adipeux plus important au niveau du cou et de la gorge peut réduire le calibre des voies respiratoires et favoriser leur collapsus pendant le sommeil.
- Le SAOS touche environ 4 % de la population française, soit près de 2,7 millions de personnes.
- Une forme plus sévère, le syndrome obésité-hypoventilation, concerne environ 0,3 % de la population, associée à une obésité importante.
C'est ce lien entre poids corporel et sévérité de l'apnée qui explique l'intérêt porté aux traitements de perte de poids, dont les agonistes du GLP-1.
Comment les agonistes du GLP-1 pourraient agir
Les agonistes du GLP-1, comme le sémaglutide, sont des médicaments qui imitent l'action d'une hormone intestinale impliquée dans la régulation de l'appétit et de la satiété. Ils sont utilisés dans le diabète de type 2 et, à certaines doses, dans la prise en charge de l'obésité.
Le raisonnement des chercheurs est le suivant : en favorisant une perte de poids significative, ces traitements pourraient réduire la quantité de graisse au niveau du cou et de la gorge, et donc diminuer le nombre et la sévérité des épisodes d'apnée pendant le sommeil.
L'ampleur précise de la réduction des apnées observée dans les études, la durée de traitement nécessaire et les critères exacts des patients inclus restent à documenter dans les sources scientifiques disponibles.
Ce que cela change (ou pas) pour les patients aujourd'hui
À ce stade, ces pistes relèvent de la recherche. Elles ne remplacent pas les prises en charge actuellement recommandées pour l'apnée du sommeil, notamment :
- la perte de poids accompagnée par un professionnel de santé ;
- le traitement par pression positive continue (PPC) en cas d'apnée modérée à sévère ;
- les orthèses d'avancée mandibulaire dans certaines indications.
Aucun de ces médicaments n'a, à ce jour, obtenu une autorisation officielle française ou européenne pour l'indication « apnée du sommeil ».
Par ailleurs, l'ANSM a rappelé sa vigilance vis-à-vis des sites internet vendant des agonistes du GLP-1 en dehors du circuit pharmaceutique classique, un point de vigilance qui reste valable quelle que soit l'indication recherchée.
Quand consulter un médecin ou un pharmacien
Si vous pensez souffrir d'apnée du sommeil (ronflements importants, réveils avec sensation d'étouffement, somnolence marquée dans la journée), il est recommandé d'en parler à votre médecin traitant, qui pourra orienter vers un bilan du sommeil si nécessaire.
Un agoniste du GLP-1 ne doit jamais être débuté de sa propre initiative, en particulier pour une indication non validée. Ces médicaments ont des effets indésirables possibles et des contre-indications qu'un professionnel de santé doit évaluer au cas par cas.
Évitez tout achat de ces traitements en dehors des circuits pharmaceutiques classiques, notamment sur internet, comme le rappelle l'ANSM.
Questions fréquentes
Est-ce que l'Ozempic est déjà utilisé pour traiter l'apnée du sommeil ?
Non, à ce jour, ce médicament n'est pas indiqué pour traiter l'apnée du sommeil en France. Les données disponibles évoquent des études en cours sur des molécules de la même famille, sans qu'une autorisation officielle dans cette indication soit confirmée.
Pourquoi perdre du poids peut-il améliorer l'apnée du sommeil ?
Une partie des apnées obstructives est liée à un excès de graisse au niveau du cou et de la gorge, qui réduit le calibre des voies respiratoires pendant le sommeil. Une perte de poids peut donc, chez certaines personnes, réduire la fréquence et la sévérité des épisodes d'apnée, en complément d'une prise en charge médicale globale.
Puis-je demander ce type de traitement à mon médecin pour mon apnée du sommeil ?
Vous pouvez en parler à votre médecin, qui évaluera si un traitement de la surcharge pondérale est adapté à votre situation, dans le respect des indications validées à ce jour. La décision doit toujours reposer sur une évaluation médicale individuelle, et non sur une automédication.