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Somnolence diurne excessive : signes, causes et bilan

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Apnée du sommeil par ville

La somnolence diurne excessive correspond à un besoin non désiré de dormir qui survient quotidiennement ou presque dans la journée, en dehors des moments où une baisse de vigilance est habituelle, et qui devient gênant. [1] Elle peut aller d'une sensation persistante d'être mal réveillé à des endormissements involontaires, parfois irrésistibles. [1] Ce symptôme ne désigne pas une maladie unique : le manque de sommeil en est la cause principale, mais un trouble du sommeil, un médicament ou une autre maladie peuvent aussi être en cause. [1]

Reconnaître une somnolence excessive

Une envie de dormir le soir à l'approche du coucher, après le déjeuner, après une nuit blanche ou après un effort important peut être physiologique. [1] La somnolence devient anormale lorsqu'elle se répète en dehors de ces circonstances et gêne la vie quotidienne. [1] Elle peut se manifester par une vigilance diminuée, des difficultés de concentration ou l'impression d'être somnolent une grande partie du temps. [1] Certaines personnes ont beaucoup de mal à atteindre un état d'éveil complet le matin ou après une sieste. [1] [2] Des endormissements involontaires peuvent survenir dans une ambiance calme et monotone, mais aussi au travail, en classe ou au volant. [1] Le besoin de faire plusieurs siestes ou des siestes qui ne restaurent pas correctement l'éveil constitue également un signe possible. [1]

Conséquences sur la vie quotidienne

La somnolence diurne excessive augmente le risque d'accidents de la route, du travail ou de la vie domestique. [1] Elle peut altérer les performances scolaires ou professionnelles et entraîner des difficultés sociales ou familiales. [1] Les hypersomnolences centrales peuvent avoir un retentissement important sur la qualité de vie et s'accompagner de difficultés psychosociales ou médicales. [2]

Les causes fréquentes à rechercher

L'insuffisance chronique de sommeil est la principale cause de somnolence pendant la journée. [1] Dans ce contexte, le sommeil est généralement récupérateur lorsqu'une durée suffisante peut être retrouvée. [1] La dette de sommeil peut notamment concerner les personnes aux horaires de travail décalés, les jeunes parents, les adolescents et étudiants qui se couchent tard ou les personnes dont le sommeil est perturbé par un décalage horaire. [1] Une insomnie ou d'autres perturbations du rythme veille-sommeil peuvent également favoriser des endormissements involontaires dans la journée. [1]

Le syndrome d'apnées-hypopnées obstructives du sommeil fragmente le sommeil par des interruptions ou des réductions répétées de la respiration. [1] Un ronflement sévère et quotidien, des reprises respiratoires bruyantes, un sommeil agité et non réparateur ou des levers nocturnes répétés pour uriner peuvent accompagner ce syndrome. [1] Des mouvements périodiques des jambes peuvent aussi provoquer de nombreux petits réveils nocturnes et rendre le sommeil non récupérateur. [1]

De nombreux médicaments peuvent altérer la vigilance, notamment certains traitements sédatifs, anxiolytiques, antidépresseurs, antihistaminiques, antiépileptiques, antihypertenseurs ou antalgiques opiacés. [1] Lorsqu'une somnolence apparaît pendant un traitement, il faut en parler à un médecin ou à un pharmacien sans interrompre soi-même le médicament. [1] Une somnolence excessive peut enfin être associée à certaines maladies psychiatriques, neurologiques, infectieuses, endocriniennes ou métaboliques. [1] [2]

Hypersomnolence centrale, narcolepsie et hypersomnie idiopathique

Les hypersomnolences centrales sont des maladies rares dans lesquelles la somnolence ne s'explique pas par un comportement, une autre maladie ou une substance, mais par un dysfonctionnement des systèmes cérébraux qui régulent la veille et le sommeil. [2] Elles comprennent notamment les narcolepsies de types 1 et 2, l'hypersomnie idiopathique et le syndrome de Kleine-Levin. [2] Une somnolence diurne ne permet donc pas, à elle seule, de conclure à une narcolepsie ou à une hypersomnie idiopathique. [2]

La narcolepsie se caractérise par des endormissements irrépressibles dans la journée et un sommeil nocturne souvent fragmenté. [2] Dans la narcolepsie de type 1, des épisodes de cataplexie provoquent une perte brutale, partielle ou généralisée, du tonus musculaire, souvent déclenchée par le rire ou la surprise. [2] La narcolepsie de type 2 présente une somnolence et des endormissements comparables, mais sans cataplexie. [2] Des hallucinations ou une paralysie transitoire peuvent survenir au moment de l'endormissement ou du réveil dans la narcolepsie. [2]

L'hypersomnie idiopathique se distingue généralement par une hypovigilance plus continue, des siestes longues et peu reposantes ainsi qu'un réveil très difficile. [2] Le sommeil nocturne y est souvent très allongé et non reposant. [2] Le syndrome de Kleine-Levin évolue quant à lui par épisodes récurrents d'hypersomnie associés à des troubles cognitifs ou comportementaux, avec un retour à une vie habituelle entre les épisodes. [2]

Comment le bilan est-il réalisé ?

L'évaluation d'une somnolence excessive vise à objectiver la plainte et à déterminer si son origine est secondaire ou centrale. [2] Des questionnaires peuvent mesurer la sévérité de la somnolence, mais ils ne suffisent pas à identifier sa cause. [2] Un agenda du sommeil permet de noter les périodes de sommeil et d'éveil ainsi que leur durée et leur qualité pendant deux semaines. [2] Une actimétrie, réalisée avec un bracelet enregistrant les phases de repos et d'activité, peut compléter cet agenda. [2]

La polysomnographie nocturne enregistre notamment l'activité cérébrale, les mouvements oculaires, l'activité musculaire, la respiration et l'activité cardiaque pendant le sommeil. [2] Elle contribue à rechercher d'autres causes de somnolence, comme les apnées du sommeil, et peut mesurer la durée du sommeil dans des protocoles spécialisés. [2] Le test itératif de latence d'endormissement mesure la capacité à s'endormir plusieurs fois dans la journée dans des conditions standardisées. [2] Le test de maintien d'éveil évalue au contraire la capacité à rester éveillé dans une situation propice à l'endormissement. [2] Selon le contexte, une imagerie cérébrale ou des examens biologiques peuvent être nécessaires pour rechercher une hypersomnolence secondaire. [2]

Principes de la prise en charge

La prise en charge dépend de la cause identifiée et ne peut pas être déduite du seul symptôme de somnolence. [1] [2] Les hypersomnolences centrales relèvent idéalement d'un centre de référence ou de compétence consacré aux narcolepsies et hypersomnies rares. [2] Dans ces maladies, l'éducation thérapeutique, une hygiène de sommeil adaptée et, selon le diagnostic, la programmation de siestes font partie de la prise en charge. [2] Des traitements médicamenteux peuvent être proposés pour certains syndromes, mais leurs objectifs et leur efficacité diffèrent selon la maladie. [2]

Sources et références

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