Aller au contenu principal

Zygomycose : comprendre la catégorie et reconnaître une mucormycose

Le terme « zygomycose » désigne une catégorie de mycoses et ne doit pas être automatiquement assimilé à une seule maladie. [3] La classification française distingue dans cette catégorie plusieurs mucormycoses selon l'organe atteint, ainsi que d'autres zygomycoses comme l'entomophthorose. [3] La mucormycose est une infection fongique invasive rare, grave et potentiellement mortelle, qui nécessite un diagnostic et un traitement rapides. [1] [2] [4]

Quelle différence entre zygomycose et mucormycose ?

Dans la classification française des maladies, la zygomycose correspond à la catégorie B46. [3] Cette catégorie comprend les mucormycoses pulmonaires, rhinocérébrales, gastro-intestinales, cutanées, disséminées ou sans localisation précisée. [3] Elle comprend aussi d'autres zygomycoses, ce qui signifie que les manifestations, les examens et les traitements décrits pour la mucormycose ne peuvent pas être attribués sans vérification à toute la catégorie. [3] [1] La mucormycose est causée par des moisissures de l'ordre des Mucorales, parmi lesquelles figurent notamment des espèces des genres Rhizopus, Mucor et Lichtheimia. [1] [4]

Comment contracte-t-on une mucormycose ?

Les moisissures responsables sont présentes dans l'environnement, notamment dans le sol et les matières organiques en décomposition. [1] [4] L'infection peut survenir après inhalation de spores, introduction directe dans une peau lésée ou ingestion. [1] La plupart des cas sont isolés et la mucormycose n'est pas contagieuse d'une personne à l'autre. [1] Des épidémies rares ont néanmoins été associées à des contaminations environnementales, à certains matériels ou textiles de soins et à des blessures survenues lors de catastrophes naturelles. [1]

Qui présente un risque accru de mucormycose ?

La mucormycose touche principalement les personnes dont les défenses immunitaires sont affaiblies et celles dont le diabète est mal contrôlé. [1] [4] Les cancers du sang, une neutropénie prolongée, une greffe d'organe ou de cellules souches et un traitement prolongé par corticoïdes figurent parmi les principaux contextes à risque. [1] [4] Un excès de fer, la dénutrition, la prématurité, un traumatisme, une brûlure ou une plaie chirurgicale sont également associés à certaines formes. [1] [4] Une forme cutanée peut apparaître après l'introduction directe du champignon dans une peau lésée, y compris chez une personne qui n'est pas immunodéprimée. [1]

Quels signes peuvent évoquer une mucormycose ?

Les symptômes dépendent de l'organe atteint et ne permettent pas, à eux seuls, de confirmer le diagnostic. [1] [2] La mucormycose rhinocérébrale peut provoquer un gonflement d'un côté du visage, des maux de tête, une douleur ou une congestion nasale ou sinusienne, un écoulement nasal et de la fièvre. [1] Son extension peut entraîner une paupière tombante, une protrusion de l'œil, une limitation des mouvements oculaires ou des troubles de la vision. [1] Une lésion noire et nécrotique dans le nez ou sur le palais est un signe diagnostique utile, mais son absence n'exclut pas l'infection. [1] [4]

La forme pulmonaire peut se manifester par de la fièvre, une toux, un essoufflement, une douleur thoracique ou des crachats sanglants. [1] [4] La forme cutanée peut commencer par une zone rouge, gonflée, indurée et douloureuse, puis évoluer vers un ulcère ou une croûte noire correspondant à une nécrose. [1] [4] La forme gastro-intestinale peut provoquer des douleurs ou un gonflement abdominal, des nausées, des vomissements et parfois un saignement digestif. [1] [4] Une mucormycose peut se disséminer à partir de son foyer initial et atteindre notamment le cerveau, la peau, le cœur, la rate ou d'autres organes. [1]

Quand faut-il demander une évaluation médicale sans délai ?

Une douleur sinusienne, une lésion noire dans le nez ou sur le palais, ou une infection respiratoire qui s'aggrave rapidement doivent conduire à une évaluation médicale sans délai, particulièrement chez une personne immunodéprimée ou ayant un diabète mal contrôlé. [4] L'apparition d'un trouble visuel, d'une limitation des mouvements de l'œil, d'un gonflement facial ou de crachats sanglants dans ce contexte justifie également une évaluation urgente. [1] [2] [4] La rapidité du diagnostic et du traitement influence le pronostic, de sorte qu'une surveillance à domicile ne doit pas retarder cette évaluation. [1] [2] [4]

Comment le diagnostic est-il établi ?

L'évaluation tient compte des symptômes, du site atteint, des facteurs de risque et des résultats des examens. [2] [4] Le diagnostic définitif repose habituellement sur l'examen histologique d'un prélèvement de tissu ou sur une culture positive provenant du foyer infecté. [1] Selon la localisation, le prélèvement peut concerner un tissu biopsié, un liquide pulmonaire, un écoulement nasal ou des expectorations. [2] Une culture négative n'écarte pas nécessairement la mucormycose, car la sensibilité de cet examen est limitée. [4]

Le scanner ou l'IRM servent à localiser l'infection et à rechercher son extension, mais leurs images ne suffisent pas toujours à identifier le champignon responsable. [2] [4] Il n'existe pas de test sérologique de routine permettant de diagnostiquer la mucormycose. [1] Les tests sanguins bêta-D-glucane et galactomannane d'Aspergillus ne détectent pas les Mucorales. [1] [4] La mucormycose peut ressembler à d'autres infections fongiques invasives, notamment l'aspergillose, alors que certains médicaments actifs contre Aspergillus ne le sont pas contre les Mucorales. [1] [4]

Quels sont les principes du traitement ?

Le traitement de la mucormycose doit commencer rapidement et associe généralement un antifongique, l'ablation chirurgicale des tissus infectés lorsqu'elle est réalisable et la correction du facteur favorisant lorsque cela est possible. [1] [2] [4] L'amphotéricine B, le posaconazole et l'isavuconazole font partie des antifongiques actifs contre la plupart des Mucorales. [1] Les formulations lipidiques de l'amphotéricine B sont souvent utilisées en première intention et présentent moins de toxicité rénale que la formulation conventionnelle. [1] [4] Le fluconazole, le voriconazole et les échinocandines ne sont pas actifs contre les champignons responsables de la mucormycose. [2]

La chirurgie est souvent nécessaire dans les formes rhinocérébrales, cutanées et gastro-intestinales afin de retirer les tissus infectés et nécrosés. [1] Le traitement antifongique dure généralement plusieurs semaines et sa durée exacte est adaptée à l'évolution clinique, aux images de contrôle et à la persistance du facteur favorisant. [2] [4] Le pronostic dépend notamment de la rapidité de la prise en charge, de la localisation de l'infection et de la possibilité de corriger l'immunodépression ou un autre facteur prédisposant. [1] [4] Les synthèses disponibles rapportent une mortalité globale proche de 50 %, mais ce chiffre varie fortement selon la forme, l'étendue de l'infection et l'état de la personne. [1] [4]

Peut-on prévenir la mucormycose ?

La maîtrise des facteurs favorisants, notamment l'équilibre du diabète lorsqu'il est présent, constitue le principal moyen de réduire le risque. [4] Il est difficile d'éviter complètement les spores, car les Mucorales sont largement présents dans l'environnement. [1] [4] Les personnes particulièrement à risque peuvent recevoir de leur équipe soignante des conseils adaptés concernant les zones très poussiéreuses, les chantiers ou les bâtiments endommagés par l'eau. [4] Ces mesures ne remplacent pas une évaluation rapide lorsqu'apparaissent des signes évocateurs. [2] [4]

Sources et références

[2] Treatment of Mucormycosis | Mucormycosis | CDC

CDC · Consulté le 2026-09-11

[3] Breizh CoCoA 2024

www.bretagne.ars.sante.fr · Consulté le 2026-09-15

[4] Mucormycosis - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation

  • Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
  • Peut être remboursée selon conditions *
Prendre rendez-vous

* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.

Téléconsultation : préparer votre rendez-vous

Une consultation à distance peut être envisagée avec votre médecin. Il détermine si elle convient à votre situation ou si un examen en présence est nécessaire.

Avant le rendez-vous

  • Notez le motif de consultation, les symptômes et leur durée.
  • Préparez la liste de vos traitements, vos allergies connues et les comptes rendus ou résultats déjà disponibles.
  • Installez-vous dans un endroit calme et confidentiel, avec une connexion et un appareil permettant la vidéo.

Organiser la suite

Contactez votre médecin habituel ou le professionnel qui vous suit pour organiser la consultation. Selon votre situation, une consultation en présence pourra être nécessaire.

En cas d’urgence médicale, appelez le 15 ou le 112 ; n’attendez pas une téléconsultation.

Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.

Spécialités médicales concernées