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Tumeur de la granulosa de l’ovaire : signes, diagnostic, traitement et évolution

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Cancer de l'ovaire par ville

La tumeur de la granulosa est une tumeur maligne rare de l’ovaire qui se développe à partir de cellules du stroma ovarien, et non des cellules épithéliales à l’origine des cancers de l’ovaire les plus fréquents. [2] [3] Elle appartient au groupe des tumeurs des cordons sexuels et du stroma et représente environ 3 à 5 % des tumeurs malignes de l’ovaire. [2] Cette tumeur est souvent découverte à un stade limité à un ovaire, mais elle peut récidiver très longtemps après le premier traitement, ce qui explique l’importance d’une surveillance prolongée. [2] [3]

Forme adulte et forme juvénile : quelles différences ?

Deux formes sont distinguées selon leurs caractéristiques cliniques et histologiques : la tumeur de la granulosa de type adulte et la forme juvénile. [2] [3] La forme adulte est largement majoritaire et touche principalement les personnes autour de la périménopause, même si elle peut apparaître à tout âge. [2] Son évolution est souvent lente, avec un risque caractéristique de récidive tardive, parfois plusieurs années ou décennies après le diagnostic. [2] [3] La forme juvénile représente environ 5 % des tumeurs de la granulosa et survient surtout chez les filles et les femmes jeunes. [2] [3] Avant la puberté, la production d’hormones par une forme juvénile peut entraîner des signes de puberté précoce. [2] [3]

Quels symptômes peut provoquer une tumeur de la granulosa ?

Les tumeurs de la granulosa sont souvent actives sur le plan hormonal et produisent notamment des œstrogènes, ce qui explique une partie de leurs manifestations. [2] Des saignements utérins anormaux peuvent survenir pendant la période d’activité génitale ou après la ménopause. [2] L’exposition de l’endomètre aux œstrogènes produits par la tumeur peut provoquer un épaississement anormal de cette muqueuse et, dans certains cas, être associée à un cancer de l’endomètre hormonodépendant. [2] Plus rarement, une production d’androgènes peut entraîner une pilosité accrue, de l’acné, des modifications des organes génitaux externes ou des règles irrégulières ou absentes. [2]

La masse ovarienne elle-même peut provoquer une douleur abdominale ou pelvienne, un gonflement du ventre, une sensation de plénitude, une constipation ou une accumulation de liquide dans l’abdomen appelée ascite. [2] Certaines personnes ne présentent toutefois aucun symptôme et la tumeur est découverte fortuitement lors d’un examen. [2] Une première manifestation peut exceptionnellement être un abdomen aigu provoqué par la torsion ou la rupture de la tumeur. [2]

Une douleur abdominale brutale peut correspondre à une torsion ou à une rupture tumorale accompagnée d’une hémorragie interne et nécessite une évaluation médicale urgente. [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

L’évaluation commence généralement après la découverte de symptômes, d’une masse à l’examen gynécologique ou d’une anomalie ovarienne à l’imagerie. [2] L’échographie peut montrer une masse ovarienne kystique, solide ou hétérogène, mais son apparence varie d’une personne à l’autre. [2] Le diagnostic définitif repose sur l’examen anatomopathologique du tissu tumoral retiré, complété si nécessaire par des analyses immunohistochimiques. [2] [3] Des marqueurs tels que l’inhibine, la calrétinine et le facteur stéroïdogénique 1 peuvent contribuer à caractériser l’origine de la tumeur et à la distinguer d’autres tumeurs ovariennes. [2] [3]

Lorsque cette tumeur est suspectée, un dosage sanguin de l’inhibine B et de l’hormone anti-müllérienne peut être pertinent. [1] L’inhibine B et l’hormone anti-müllérienne peuvent également aider à rechercher une maladie résiduelle ou une récidive au cours du suivi. [2] La surveillance d’un marqueur est particulièrement informative lorsqu’il était élevé au moment du diagnostic initial. [3] Le bilan précise aussi le stade de la maladie, c’est-à-dire si elle reste limitée à l’ovaire ou si elle s’est étendue à d’autres tissus. [2]

La chirurgie, traitement principal

La chirurgie constitue le traitement principal de la tumeur de la granulosa. [2] Son étendue dépend notamment du stade, de l’âge, du statut hormonal et du projet de grossesse de la personne. [2] Chez une personne jeune ayant une maladie précoce limitée à un ovaire, une intervention conservant l’utérus et l’ovaire opposé peut permettre de préserver la fertilité et la fonction hormonale. [2] Cette chirurgie conservatrice retire habituellement l’ovaire et la trompe atteints plutôt que la seule masse tumorale. [2] Dans les autres situations, l’intervention peut comprendre l’ablation de l’utérus, des deux ovaires et des trompes, avec des gestes supplémentaires selon l’étendue de la maladie. [2] En cas de maladie avancée, l’objectif est de retirer autant que possible les lésions visibles, car la présence d’une maladie résiduelle est associée à une évolution moins favorable. [2]

Quelle place pour les traitements complémentaires ?

Une chimiothérapie peut être envisagée surtout lorsque la maladie est avancée ou récidivante. [2] Les connaissances sur son efficacité restent limitées par la rareté de la tumeur et par le faible nombre d’études prospectives disponibles. [2] Après une chirurgie complète d’une maladie de stade I, l’intérêt d’une chimiothérapie complémentaire demeure discuté et aucun bénéfice supérieur à la chirurgie seule n’est clairement démontré dans les données rapportées. [2] La taille de la tumeur, sa rupture, son activité de division cellulaire et les autres caractéristiques anatomopathologiques peuvent être pris en compte dans la discussion d’un traitement complémentaire. [2]

Des traitements hormonaux et certaines thérapies biologiques sont également étudiés, notamment dans les formes récidivantes, mais leur efficacité reste insuffisamment établie. [2] [3] Les données sur les traitements hormonaux proviennent principalement de petites séries rétrospectives, même si un essai prospectif a aussi évalué un inhibiteur de l’aromatase dans des tumeurs récidivantes ou métastatiques exprimant des récepteurs hormonaux. [3] Le choix d’un traitement complémentaire doit donc être individualisé selon le stade, les caractéristiques de la tumeur, les traitements antérieurs, l’état général et les objectifs de la personne. [2]

Évolution et risque de récidive

La majorité des tumeurs de la granulosa sont diagnostiquées au stade I, alors que la maladie est encore limitée à un ovaire. [2] [3] Le stade au diagnostic est le principal facteur pronostique, aux côtés de l’âge, de la taille tumorale, des caractéristiques histologiques et de la quantité de tumeur restant après la chirurgie. [2] Une maladie limitée à l’ovaire a généralement une évolution favorable, tandis qu’une maladie étendue à distance est associée à un pronostic plus défavorable. [2] Une récidive peut néanmoins apparaître très tardivement, y compris après une longue période sans signe de maladie. [2] [3] Une récidive peut être découverte par l’imagerie ou par la remontée d’un marqueur tel que l’inhibine B alors que la personne ne présente encore aucun symptôme. [3]

Pourquoi une surveillance à long terme est-elle nécessaire ?

La possibilité de récidives tardives justifie un suivi à long terme après le traitement initial. [2] [3] Cette surveillance peut associer des consultations régulières, un examen clinique, une imagerie selon la situation et le dosage des marqueurs tumoraux qui étaient initialement élevés. [3] L’inhibine peut notamment être utilisée pendant le suivi lorsqu’elle était élevée avant le traitement. [3] L’organisation et la fréquence des examens sont adaptées au stade initial, aux traitements reçus et aux caractéristiques individuelles de la maladie. [2] [3]

Quand demander un avis médical ?

Des saignements utérins inhabituels, notamment après la ménopause, ou des symptômes abdominaux persistants comme une douleur, un gonflement, une constipation ou une sensation de plénitude doivent conduire à une évaluation médicale. [2] Chez une personne déjà traitée, l’apparition de nouveaux saignements ou de symptômes abdominaux ou pelviens doit être signalée à l’équipe assurant la surveillance. [2] [3] L’absence de symptôme ne permet pas à elle seule d’écarter une récidive et ne remplace donc pas le suivi programmé. [2] [3]

Sources et références

[2] Granulosa cell tumor – Different faces of one neoplasm. A case series

www.ebi.ac.uk · Version : 2024-10-30 · Consulté le 2026-09-16

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Spécialités médicales concernées

Chirurgien en cancérologie gynécologique
Chirurgie digestive, générale et oncologique