Tumeur de Brenner de l’ovaire : formes, diagnostic et prise en charge

La tumeur de Brenner est une tumeur épithéliale rare qui se développe dans l’ovaire. [2] [3] Elle peut être bénigne, borderline — c’est-à-dire à potentiel de malignité intermédiaire — ou maligne, et la forme bénigne est de loin la plus fréquente. [2] [3] Cette distinction est essentielle, car les conséquences et les soins ne sont pas les mêmes pour une petite tumeur bénigne et pour un cancer invasif. [2] [3]
Qu’est-ce qu’une tumeur de Brenner ?
Les tumeurs de Brenner représentent une faible proportion de l’ensemble des tumeurs ovariennes. [1] [2] [3] Elles sont également appelées tumeurs à cellules transitionnelles en raison de l’aspect des cellules qui les composent. [1] Leur origine précise reste incertaine, même si plusieurs hypothèses impliquent notamment l’épithélium de la trompe de Fallope ou des amas cellulaires appelés nids de Walthard. [2] Ces tumeurs surviennent plus souvent après la ménopause et sont généralement limitées à un seul ovaire. [2] [3]
Quels signes peuvent révéler cette tumeur ?
Une tumeur de Brenner peut ne provoquer aucun symptôme, en particulier lorsqu’elle est petite et bénigne. [2] [3] Elle est alors parfois découverte fortuitement au cours d’une intervention ou lors de l’analyse anatomopathologique d’un ovaire retiré pour une autre raison. [3] Lorsqu’ils existent, les signes rapportés comprennent notamment une douleur abdominale ou pelvienne, une distension de l’abdomen ou la présence d’une masse. [2] [3] Des saignements vaginaux ont aussi été observés, notamment chez des femmes ménopausées. [2] [3] Ces manifestations ne sont pas propres à la tumeur de Brenner et peuvent accompagner de nombreuses autres affections gynécologiques ou digestives. [2] [3] Les symptômes ne permettent donc pas de déterminer si une masse ovarienne est une tumeur de Brenner, ni si elle est bénigne ou maligne. [2] [3]
Ce que montrent l’échographie et les autres examens d’imagerie
À l’échographie, une tumeur de Brenner bénigne est souvent une petite masse solide, bien limitée et peu ou pas vascularisée au Doppler. [1] Elle peut être hypoéchogène et contenir des calcifications, qui produisent parfois des points très échogènes ou une atténuation des ultrasons. [1] [3] Cet aspect peut toutefois ressembler à celui d’autres masses ovariennes solides, notamment un fibrome ou un fibrothécome. [1] [3] Les formes malignes n’ont pas non plus de signe spécifique à l’échographie ou à l’imagerie par résonance magnétique. [2] L’imagerie sert à localiser et caractériser la masse, mais elle ne suffit pas à confirmer qu’il s’agit d’une tumeur de Brenner. [2] [3]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic définitif repose sur l’examen anatomopathologique du tissu tumoral retiré lors d’une intervention. [2] [3] Le médecin anatomopathologiste examine l’organisation des cellules, leurs anomalies et leur éventuelle infiltration dans le tissu de soutien de l’ovaire. [2] [3] Une tumeur de Brenner maligne est définie par un carcinome invasif ressemblant à un tissu urothélial, associé à une composante de tumeur de Brenner bénigne ou borderline. [2] Des examens immunohistochimiques peuvent aider à la distinguer d’autres cancers de l’ovaire ou d’une métastase provenant d’un autre organe. [2] Les antécédents médicaux sont également importants, car une tumeur provenant de la vessie ou un autre cancer métastatique peut parfois entrer dans le diagnostic différentiel. [2] Aucun marqueur tumoral sanguin n’est spécifique de la tumeur de Brenner. [3] Le CA 125 peut être normal ou augmenté dans les formes malignes et ne permet pas, à lui seul, d’établir le diagnostic. [2] [3]
Quels sont les principes de la prise en charge ?
La chirurgie constitue le traitement principal des tumeurs de Brenner. [2] [3] L’étendue de l’intervention varie selon le caractère bénin ou malin de la tumeur, son extension et la situation de la patiente. [2] [3] Dans la forme maligne, l’objectif initial est de retirer la tumeur et d’évaluer son extension selon les principes de la chirurgie des cancers épithéliaux de l’ovaire. [2] [3] Une chimiothérapie associant un médicament de la famille des platines à un taxane est fréquemment utilisée dans les formes malignes, mais les données disponibles proviennent surtout de cas publiés et de petites séries. [2] [3] Le bénéfice d’une chimiothérapie complémentaire reste notamment incertain lorsque la maladie maligne est diagnostiquée à un stade précoce. [2] Les données sur la radiothérapie sont insuffisantes pour la recommander comme traitement de référence, en particulier au stade précoce. [2] [3] Compte tenu de la rareté de la forme maligne et de l’absence de protocole spécifiquement établi, la stratégie doit être discutée au cas par cas par une équipe multidisciplinaire. [2]
Évolution des formes bénignes et malignes
La grande majorité des tumeurs de Brenner sont bénignes. [2] [3] La forme maligne est extrêmement rare, ce qui limite la précision des estimations concernant son évolution et l’efficacité comparée des traitements. [2] [3] Dans la revue systématique disponible, le stade de la maladie maligne était associé au risque de récidive et à la survie. [2] Les tumeurs malignes limitées à l’ovaire avaient globalement une évolution plus favorable que celles diagnostiquées après une extension au-delà de l’ovaire. [2] [3] Ces observations doivent être interprétées avec prudence, car elles reposent principalement sur des cas cliniques et de petites études rétrospectives plutôt que sur des essais comparatifs. [2] [3]
Sources et références
[1] FIN1
toubkal.imist.ma · Consulté le 2026-09-15
[2] Malignant Brenner Tumor of the Ovary: A Systematic Review of the Literature
www.ebi.ac.uk · Version : 2024-03-09 · Consulté le 2026-09-16
[3] A report of twenty cases of ovarian Brenner tumor and literature review: a case series study
www.ebi.ac.uk · Version : 2024-08-27 · Consulté le 2026-09-16
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