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Troubles sensitifs : manifestations, causes possibles et bilan médical

Les troubles sensitifs correspondent à des modifications de la perception du toucher, de la douleur, de la température, des vibrations ou de la position du corps. [1] Ils peuvent prendre la forme de fourmillements, d’engourdissements, d’une perte de sensibilité, de sensations douloureuses anormales ou de troubles de l’équilibre. [1] Un trouble sensitif est une manifestation et non un diagnostic en lui-même, car il peut correspondre à une atteinte des nerfs périphériques, des racines nerveuses, de la moelle épinière ou du cerveau. [1] [3] Sa localisation, son mode d’apparition, son évolution et les autres signes neurologiques associés orientent l’évaluation médicale. [1]

Comment se manifestent les troubles sensitifs ?

Les paresthésies sont des sensations survenant sans stimulation, telles que des picotements, des fourmillements ou une impression de froid. [1] Les dysesthésies sont des sensations anormales et désagréables, parfois provoquées par un contact léger comme celui des draps. [1] L’hypoesthésie désigne une diminution de la sensibilité, qui peut être ressentie comme un engourdissement ou une impression de marcher sur du coton ou du sable. [1] Une allodynie correspond à une douleur déclenchée par une stimulation normalement non douloureuse, tandis qu’une hyperalgésie est une réponse exagérée à une stimulation habituellement douloureuse. [1]

Les douleurs d’origine neuropathique peuvent être décrites comme des brûlures, un froid douloureux, des décharges, des piqûres, un étau ou une sensation de marcher sur du gravier. [1] Dans certaines neuropathies périphériques, ces douleurs peuvent prédominer la nuit, être déclenchées par le contact et répondre insuffisamment aux antalgiques usuels. [1] Une diminution de la perception de la position des membres peut aussi perturber l’équilibre, surtout lorsque le contrôle visuel disparaît. [1]

La répartition des symptômes aide à orienter leur origine

Dans les neuropathies périphériques, les manifestations sont le plus souvent distales et symétriques, commencent aux membres inférieurs et associent fréquemment des signes sensitifs et moteurs. [1] Une polyneuropathie se caractérise généralement par des troubles symétriques prédominant aux extrémités, alors qu’une mononeuropathie multiple atteint plusieurs nerfs de manière dispersée et asymétrique. [1] Les neuropathies périphériques peuvent néanmoins être asymétriques, multifocales ou commencer aux membres supérieurs. [1] Des troubles limités aux membres inférieurs peuvent également provenir d’une atteinte des racines nerveuses ou de la moelle lombaire plutôt que d’une neuropathie périphérique débutante. [1]

Quels autres signes peuvent être associés ?

Une neuropathie périphérique peut aussi provoquer une faiblesse musculaire, des crampes, des fasciculations, une fonte musculaire ou de la fatigue. [1] Une atteinte du système nerveux autonome peut s’accompagner de malaises en position debout ou après les repas, de troubles de la sudation, de la vessie, de la sexualité ou du fonctionnement digestif. [1] Une perte de sensibilité du pied peut favoriser une ulcération indolore aux points d’appui, ce qui justifie une recherche attentive des lésions cutanées chez les personnes exposées. [1] Dans certaines atteintes centrales documentées au cours d’une neuroborréliose, les troubles sensitifs peuvent être associés à une faiblesse, à des réflexes anormaux, à des troubles sphinctériens, à une mauvaise coordination, à des troubles cognitifs ou à une altération de la conscience. [3]

Quelles causes sont recherchées ?

Lorsqu’une neuropathie périphérique est suspectée, l’interrogatoire recherche notamment un diabète, une consommation problématique d’alcool, une insuffisance rénale, une hypothyroïdie, une maladie générale, un cancer ou des antécédents familiaux de neuropathie. [1] Le médecin examine également les traitements en cours et les éventuelles expositions professionnelles, environnementales ou alimentaires à des substances neurotoxiques. [1] Ces éléments orientent le bilan mais ne suffisent pas, isolément, à attribuer les symptômes à une cause précise. [1]

Après une exposition aux tiques, certaines formes neurologiques de la borréliose de Lyme peuvent provoquer des douleurs radiculaires intenses, des paresthésies, une diminution de la sensibilité, une baisse des réflexes ou un déficit moteur. [3] Une douleur radiculaire insomniante et résistante aux antalgiques habituels conduit à rechercher une exposition aux tiques au cours de l’année précédente. [3] La consommation répétée, rapprochée ou importante de protoxyde d’azote peut également entraîner des engourdissements, des douleurs nerveuses, une faiblesse musculaire, des troubles de la coordination, des difficultés à marcher ou des troubles urinaires. [2]

Comment le bilan médical est-il réalisé ?

L’examen neurologique précise la distribution des troubles et évalue notamment la force, les réflexes, le toucher, la douleur, la température, les vibrations, la perception de la position des articulations et l’équilibre. [1] Lorsqu’une neuropathie périphérique sans cause évidente est suspectée, un bilan biologique peut être demandé pour rechercher notamment un diabète, une anémie, une atteinte hépatique, une insuffisance rénale, une inflammation ou une hypothyroïdie. [1] La recommandation de la HAS publiée en 2007 indiquait que, pour l’évaluation d’une neuropathie périphérique, l’électroneuromyographie, ou ENMG, ne devait pas être systématique en première intention et devait prolonger un examen clinique orienté. [1] Lorsqu’elle est indiquée, elle aide à préciser la localisation, la répartition, la prédominance sensitive ou motrice, le mécanisme et la sévérité de l’atteinte nerveuse. [1] L’ENMG relève d’un spécialiste, peut être douloureuse et doit être adaptée aux symptômes afin de limiter la gêne aux explorations utiles. [1]

Pour une suspicion de neuropathie périphérique, la recommandation de la HAS publiée en 2007 préconisait un avis neurologique lorsque le diagnostic clinique restait incertain ou lorsque la répartition, l’évolution ou la sévérité des symptômes ne correspondaient pas à la cause supposée. [1] Les examens complémentaires sont choisis selon le contexte clinique plutôt que sur le seul constat de fourmillements ou d’un engourdissement. [1] [3]

Que faire après une consommation de protoxyde d’azote ?

Après une consommation de protoxyde d’azote, des engourdissements des bras ou des jambes, des brûlures, des décharges électriques, des picotements, une perte du toucher ou des difficultés à marcher ou à bouger nécessitent de consulter un professionnel de santé ou de contacter un centre antipoison. [2] Si un malaise, des difficultés à respirer ou des troubles de la conscience surviennent après cette consommation, il faut contacter rapidement les secours au 112. [2] La prise de vitamine B12 ne neutralise pas les effets du protoxyde d’azote si la consommation se poursuit. [2]

Sources et références

[1] Diagnostic des neuropathies périphériques - Recommandations version 2

Haute Autorité de santé · Consulté le 2026-09-11

[3] FIN1

Haute Autorité de santé · Consulté le 2026-09-16

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