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Troubles phobiques : comprendre la peur phobique, son retentissement et les soins

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Les troubles phobiques appartiennent à l’ensemble des troubles liés à l’anxiété et à la peur. [3] Ils se caractérisent par une peur ou une anxiété excessive dirigée vers certains objets ou certaines situations. [3] Dans une phobie spécifique, la peur persistante concerne un objet ou une situation bien déterminés, par exemple un animal, la hauteur, un orage, un espace confiné, une injection ou un voyage en avion. [2] Une phobie spécifique ne se confond pas avec l’agoraphobie ou le trouble de l’anxiété sociale, qui peuvent produire des symptômes proches mais correspondent à d’autres troubles anxieux. [2]

Quand une peur devient-elle une phobie spécifique ?

Avoir peur d’un objet ou d’une situation ne suffit pas, à lui seul, à établir une phobie spécifique. [2] Les médecins recherchent une peur ou une anxiété intense portant sur un déclencheur précis et apparaissant immédiatement lorsque la personne y est confrontée. [2] La réaction doit être disproportionnée par rapport au danger réel et persister pendant au moins six mois. [2] Elle doit également entraîner un évitement, une souffrance importante ou une limitation marquée du fonctionnement quotidien. [2] Ces différents éléments forment un ensemble de critères cliniques et ne permettent pas de conclure à partir d’un seul symptôme isolé. [2]

Comment une phobie spécifique se manifeste-t-elle ?

La personne éprouve une peur ou une anxiété marquée face au déclencheur phobique. [2] Elle peut éviter activement ce déclencheur ou le supporter au prix d’une grande souffrance. [2] La confrontation peut parfois provoquer une crise de panique. [2] Les personnes concernées reconnaissent souvent que leur peur est excessive, sans pour autant parvenir à la maîtriser. [2]

Le retentissement dépend notamment de la fréquence à laquelle la personne rencontre l’objet ou la situation redoutés. [2] Une peur facile à contourner peut être peu gênante, tandis qu’un déclencheur présent dans la vie courante peut perturber les déplacements, les soins ou les activités professionnelles. [2] La peur du sang, des injections ou des blessures peut notamment conduire à éviter des analyses de sang ou des vaccinations. [2] Une même personne peut présenter plusieurs phobies spécifiques. [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic d’une phobie spécifique est clinique et repose sur les symptômes ainsi que sur des critères diagnostiques psychiatriques standardisés. [2] L’évaluation précise le déclencheur, l’intensité et la durée de la peur, les conduites d’évitement et les conséquences sur la vie quotidienne. [2] Elle sert aussi à rechercher un autre trouble pouvant expliquer des manifestations similaires, notamment l’agoraphobie ou le trouble de l’anxiété sociale. [2] Une phobie spécifique peut par ailleurs coexister avec un autre trouble anxieux, une dépression, un trouble bipolaire ou un trouble lié à l’usage de substances. [2]

Quels sont les principes du traitement ?

Toutes les phobies spécifiques ne nécessitent pas nécessairement un traitement lorsque le déclencheur est rare, facilement évitable et peu gênant. [2] Un traitement devient particulièrement pertinent lorsque l’exposition au déclencheur est fréquente ou que l’évitement limite notablement la vie quotidienne. [2] La thérapie d’exposition, qui appartient aux thérapies cognitivo-comportementales, constitue le traitement privilégié des phobies spécifiques. [2] Elle consiste à confronter progressivement et de façon répétée la personne au déclencheur de sa peur, en imagination ou parfois dans la réalité. [2] Cette progression vise à rendre la situation anxiogène de plus en plus supportable. [2] Des techniques de relaxation ou de respiration peuvent être apprises pour accompagner l’exposition. [2] La présence d’un thérapeute peut aider à vérifier que l’exposition est correctement mise en œuvre. [2]

Des formes d’exposition utilisant la réalité augmentée ont été étudiées, principalement chez des adolescents et des adultes atteints de phobies spécifiques de petits animaux. [3] Les résultats disponibles sont encourageants, mais ils reposent sur un petit nombre d’études et ne permettent pas d’étendre les conclusions à toutes les phobies ni à toutes les populations. [3]

Quelle est la place des médicaments ?

Dans les phobies spécifiques, les médicaments sont généralement peu efficaces pour faire disparaître durablement la phobie. [2] Une utilisation limitée de certains médicaments peut parfois être envisagée pour une situation ponctuelle, mais elle ne remplace pas le travail thérapeutique sur la peur. [2] En France, les benzodiazépines anxiolytiques sont placées en seconde intention dans la prise en charge des manifestations anxieuses sévères ou invalidantes de l’adulte, après l’échec ou l’insuffisance des mesures non médicamenteuses. [1]

Les benzodiazépines peuvent provoquer une somnolence, une baisse de vigilance, des troubles de la mémoire, de la confusion et un risque accru de chute, particulièrement chez les personnes âgées. [1] Elles exposent aussi à une dépendance physique et psychique ainsi qu’à des symptômes de sevrage ou de rebond lors de leur arrêt. [1] La durée du traitement, ses risques, les précautions nécessaires et les modalités d’arrêt doivent être expliqués dès la prescription. [1] L’arrêt doit être anticipé avec le prescripteur en raison du risque de dépendance et ne relève pas d’une modification autonome du traitement. [1]

Sources et références

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