Aller au contenu principal

Troubles dissociatifs : définition, manifestations et principes de traitement

Les troubles dissociatifs forment une famille de troubles mentaux dans lesquels la mémoire, la conscience, l’identité ou la perception de soi et de l’environnement sont perturbées. [1] [2] Ils peuvent se manifester par des périodes oubliées, un détachement de soi ou du monde extérieur, ou une fragmentation du sentiment d’identité. [1] Une expérience occasionnelle de dissociation ne constitue toutefois pas nécessairement un trouble, notamment lorsqu’elle est brève et ne perturbe pas les activités quotidiennes. [1]

Quelle différence entre dissociation normale et trouble dissociatif ?

Il arrive à de nombreuses personnes d’avoir un souvenir imprécis d’une activité accomplie alors qu’elles étaient absorbées par leurs pensées, une conversation ou une autre distraction. [1] Cette dissociation dite normale ne gêne généralement pas le fonctionnement quotidien. [1] Dans un trouble dissociatif, les perturbations peuvent être beaucoup plus importantes et concerner des activités effectuées pendant plusieurs minutes, plusieurs heures ou davantage. [1] La personne peut alors avoir l’impression qu’une période entière manque dans le déroulement de son expérience. [1]

Quelles sont les principales formes de troubles dissociatifs ?

Le trouble de dépersonnalisation-déréalisation correspond à une sensation de détachement de soi, de son environnement, ou des deux. [1] [2] La dépersonnalisation peut concerner les pensées, les émotions, le corps, les souvenirs ou les comportements de la personne. [1] La déréalisation désigne un détachement ressenti à l’égard du monde environnant. [1]

L’amnésie dissociative se caractérise par l’impossibilité de se rappeler des informations personnelles importantes, souvent en rapport avec un traumatisme ou un stress. [1] Les lacunes portent sur la mémoire autobiographique et ne correspondent pas à un simple oubli ordinaire. [2]

Le trouble dissociatif de l’identité implique une fragmentation de la mémoire et du sentiment d’identité. [1] Il est décrit par la présence d’au moins deux états identitaires distincts susceptibles d’influencer de manière récurrente le comportement. [2] Cette forme particulière ne doit pas être confondue avec l’ensemble des troubles dissociatifs, qui comprend aussi l’amnésie dissociative et le trouble de dépersonnalisation-déréalisation. [1] [2]

Quels signes une personne peut-elle ressentir ?

La dissociation peut créer une impression de séparation par rapport à ses souvenirs, ses perceptions, ses pensées ou ses émotions. [1] Elle peut également concerner le corps, le comportement ou le sentiment d’être soi-même. [1] Chez d’autres personnes, la manifestation dominante est l’impression que le monde extérieur est distant ou irréel. [1] [2] Des lacunes de mémoire importantes ou la sensation d’avoir perdu une période de temps peuvent aussi être au premier plan. [1] Les manifestations varient donc selon que le trouble concerne principalement le détachement, la mémoire ou l’identité. [1]

Quel est le lien avec le stress et les traumatismes ?

Les troubles dissociatifs sont généralement associés à un stress intense ou à un traumatisme. [1] [2] Les situations rapportées comprennent notamment les maltraitances pendant l’enfance ainsi que l’expérience directe ou le témoignage d’un accident ou d’une catastrophe. [1] La dissociation est notamment conceptualisée comme une séparation de certaines informations ou émotions de la pensée consciente face à une expérience insupportable. [1] [3] Cette association ne permet pas, à elle seule, d’attribuer les symptômes d’une personne à un traumatisme précis. [1] [3]

Troubles dissociatifs et stress post-traumatique : des concepts liés mais distincts

Les troubles dissociatifs sont apparentés aux troubles associés au traumatisme ou au stress, mais ils ne se confondent pas automatiquement avec eux. [1] Un trouble de stress post-traumatique peut comporter des manifestations dissociatives telles qu’une amnésie, un engourdissement, des flashbacks, une dépersonnalisation ou une déréalisation. [1] Selon l’ensemble des symptômes, la dépersonnalisation ou la déréalisation peut s’inscrire dans un sous-type dissociatif du trouble de stress post-traumatique plutôt que dans un trouble dissociatif autonome. [1] [2]

Quelle place pour les examens du cerveau ?

Des recherches étudient les caractéristiques de l’activité cérébrale associées aux états dissociatifs, notamment au moyen de l’électroencéphalographie. [1] [2] Les modèles informatiques analysant ces signaux restent confrontés à de petits jeux de données, à une forte variabilité entre les personnes et à un manque de méthodes standardisées. [2] Leur généralisation à différentes populations et leur interprétabilité clinique demeurent également insuffisantes. [2] Ces techniques nécessitent donc encore une validation clinique avant de pouvoir être présentées comme des outils diagnostiques courants. [2]

Quels traitements ont été étudiés ?

Les données de traitement présentées dans cette revue systématique concernent exclusivement des adultes ayant reçu un diagnostic principal de trouble dissociatif de l’identité ou d’un autre trouble dissociatif spécifié. [3] Elles ne permettent donc pas de décrire avec la même précision la prise en charge de toutes les formes de troubles dissociatifs. [3] Dans ces études, la psychothérapie individuelle était l’intervention la plus fréquemment utilisée. [3] Certaines prises en charge associaient une psychothérapie individuelle à des interventions de groupe, à de la psychoéducation ou à d’autres modalités. [3]

L’approche dite orientée par phases commence par la stabilisation et la réduction des symptômes. [3] Elle prévoit ensuite un travail sur les souvenirs traumatiques, puis une phase consacrée à l’intégration de l’identité et à la réadaptation. [3] Les études recensées ont rapporté des améliorations possibles de la dissociation, de certains symptômes psychiques et du fonctionnement général. [3] Une persistance de symptômes cliniquement importants après le traitement restait néanmoins fréquente dans les études. [3]

Quelles sont les limites des données sur les traitements ?

La revue systématique a inclus 19 études, dont une seule était un essai randomisé contrôlé. [3] Plus de la moitié des études ont reçu une appréciation méthodologique globale faible. [3] La plupart reposaient sur des cas isolés ou des séries de cas sans groupe de comparaison. [3] Ces limites empêchent d’attribuer avec certitude les améliorations observées au traitement lui-même et réduisent la possibilité de généraliser les résultats. [3]

Sources et références

La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation

  • Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
  • Peut être remboursée selon conditions *
Prendre rendez-vous

* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.

Téléconsultation : préparer votre rendez-vous

Une consultation à distance peut être envisagée avec votre médecin. Il détermine si elle convient à votre situation ou si un examen en présence est nécessaire.

Avant le rendez-vous

  • Notez le motif de consultation, les symptômes et leur durée.
  • Préparez la liste de vos traitements, vos allergies connues et les comptes rendus ou résultats déjà disponibles.
  • Installez-vous dans un endroit calme et confidentiel, avec une connexion et un appareil permettant la vidéo.

Organiser la suite

Contactez votre médecin habituel ou le professionnel qui vous suit pour organiser la consultation. Selon votre situation, une consultation en présence pourra être nécessaire.

En cas d’urgence médicale, appelez le 15 ou le 112 ; n’attendez pas une téléconsultation.

Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.

Spécialités médicales concernées

Pédopsychiatre

Professionnels pouvant intervenir

Psychologue