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Trouble dissociatif de l’identité : signes, diagnostic et traitement

Le « trouble de la personnalité multiple » est l’ancien nom du trouble dissociatif de l’identité, ou TDI. [1] [2] Il s’agit d’un trouble dissociatif caractérisé par au moins deux états identitaires qui alternent, avec une perturbation du sentiment d’être soi-même et de contrôler ses actions. [2] Des lacunes de mémoire portant sur la vie quotidienne, des informations personnelles importantes ou des événements traumatiques font également partie du trouble et dépassent l’oubli ordinaire. [1] [2] La présence d’états identitaires différents ne suffit donc pas à elle seule pour établir le diagnostic. [2] [3]

Comment le trouble dissociatif de l’identité peut-il se manifester ?

Les manifestations varient beaucoup d’une personne à l’autre et peuvent être plus visibles pendant des périodes de stress intense. [2] Dans une forme dite de possession, la personne peut parler ou agir d’une manière manifestement différente, comme si un agent extérieur avait pris le contrôle. [1] [2] Un état de possession n’est toutefois considéré comme pathologique que s’il est involontaire, non désiré, source de détresse ou de handicap, et incompatible avec les normes culturelles ou religieuses du contexte. [2] Dans la forme sans possession, les changements peuvent être discrets et se traduire par une modification soudaine du comportement, des émotions, des opinions ou des préférences. [1] [2] La personne peut avoir l’impression d’observer ses paroles ou ses actes sans en être l’auteur, ou ressentir son corps comme étrange ou ne lui appartenant pas. [1] [2] Des pensées, des impulsions, des émotions ou des paroles peuvent aussi surgir avec le sentiment qu’elles ne viennent pas de soi. [1] [2]

Les troubles de mémoire peuvent concerner des périodes de l’enfance, des événements récents ou même des compétences habituellement bien maîtrisées. [1] [2] La personne peut découvrir des objets, des écrits, des déplacements ou des actes dont elle ne garde aucun souvenir. [1] [2] Certains états identitaires peuvent connaître des informations auxquelles d’autres n’ont pas accès, ce qui explique que l’amnésie ne soit pas nécessairement identique entre eux. [1] [2] Ces discontinuités et pertes de mémoire peuvent désorganiser la vie relationnelle, sociale ou professionnelle. [2]

Certaines personnes entendent des voix vécues comme provenant d’un autre état identitaire ou de l’intérieur de leur esprit. [1] [2] Des perceptions visuelles, tactiles, olfactives ou gustatives peuvent également survenir, notamment dans le cadre de reviviscences traumatiques. [1] [2] Ces phénomènes peuvent ressembler à ceux d’un trouble psychotique, mais leur vécu comme provenant d’une identité interne aide le clinicien à les différencier des hallucinations typiquement attribuées à une source extérieure dans la schizophrénie. [1] [2] Dépression, anxiété, usage problématique de substances, automutilation et comportements suicidaires peuvent être associés au TDI. [1] [2] La personne peut chercher à cacher ou à minimiser ses symptômes, ce qui peut rendre le trouble moins visible pour son entourage. [1] [2]

Quels facteurs sont associés au TDI ?

Le TDI survient habituellement chez des personnes ayant subi pendant l’enfance un stress ou un traumatisme sévère, persistant ou accablant. [1] [2] Les antécédents fréquemment rapportés comprennent les violences physiques, sexuelles ou émotionnelles et la négligence. [1] [2] Certaines personnes n’ont cependant pas subi de violences, mais ont connu une perte précoce importante, une maladie grave ou d’autres événements extrêmement stressants. [1] [2] Selon le modèle décrit dans les sources, des expériences, souvenirs et émotions qui auraient normalement été intégrés dans une identité cohérente peuvent rester séparés lorsqu’un enfant est submergé. [1] [2] Cette association avec les traumatismes ne permet pas de déduire un TDI à partir de la seule existence d’un événement traumatique. [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic repose sur une évaluation psychiatrique approfondie de l’histoire de la personne, de ses symptômes et de leur retentissement. [1] [2] Les critères décrits associent au moins deux états identitaires, des lacunes de mémoire incompatibles avec l’oubli normal et une détresse importante ou une altération du fonctionnement. [1] [2] Des entretiens structurés et des questionnaires consacrés aux phénomènes dissociatifs peuvent compléter l’entretien clinique. [1] [2] L’évaluation peut être prolongée, car les manifestations fluctuent, certaines restent cachées et des informations recueillies au fil du temps peuvent être nécessaires. [1] [2] Un examen physique et des analyses peuvent être indiqués lorsque le clinicien recherche une affection médicale susceptible d’expliquer certains symptômes. [1]

Avant de retenir le diagnostic, le clinicien vérifie que les symptômes ne sont pas mieux expliqués par un autre trouble mental, certaines crises neurologiques, l’effet de l’alcool ou une pratique culturelle ou religieuse reconnue. [2] Chez l’enfant, le jeu imaginaire ne doit pas être confondu avec un trouble dissociatif de l’identité. [2] Le trouble peut notamment être confondu avec un trouble psychotique, un trouble de stress post-traumatique, un autre trouble dissociatif, un trouble bipolaire ou certaines crises épileptiques. [2] Les représentations spectaculaires d’identités multiples diffusées en ligne ne correspondent pas nécessairement aux critères du TDI, dont les manifestations sont souvent plus discrètes. [3] [2] Une revue consacrée aux autodiagnostics sur les réseaux sociaux rapporte que la qualité et la fiabilité des contenus consacrés au TDI peuvent être faibles, ce qui renforce la nécessité d’une évaluation clinique attentive. [3]

Quels sont les principes du traitement ?

La psychothérapie constitue le traitement principal du trouble dissociatif de l’identité. [1] [2] Sa première priorité est de stabiliser la personne et d’assurer sa sécurité avant d’explorer les expériences traumatiques et les raisons de la dissociation. [2] Le travail thérapeutique peut ensuite porter sur la régulation des émotions, les relations entre les états identitaires, les souvenirs traumatiques et la protection contre de nouvelles victimisations. [1] [2] L’objectif recherché est souvent l’intégration des différents états identitaires en une identité plus unifiée. [1] [2] Lorsque cette intégration n’est pas possible ou n’est pas recherchée, la thérapie vise plutôt une meilleure coopération entre les états identitaires, une diminution des symptômes et un fonctionnement quotidien plus stable. [1] [2]

La psychothérapie est généralement longue et peut être émotionnellement éprouvante, notamment lorsque des souvenirs traumatiques sont abordés. [1] Certaines personnes peuvent bénéficier d’une hospitalisation apportant un soutien et une surveillance continus pendant des périodes particulièrement difficiles. [1] [2] L’hypnose ou l’imagerie guidée sont parfois intégrées à la psychothérapie pour faciliter la communication entre états identitaires ou travailler progressivement sur les souvenirs. [1] [2] Les médicaments peuvent être utilisés contre certains symptômes associés, comme la dépression ou l’anxiété, mais ils ne traitent pas directement la dissociation. [1] [2]

Quelle évolution et quel suivi attendre ?

Le trouble dissociatif de l’identité est chronique et ne disparaît habituellement pas spontanément, même si certains symptômes peuvent fluctuer. [1] [2] Son retentissement est très variable : certaines personnes conservent un bon fonctionnement général, tandis que d’autres présentent un handicap important. [1] [2] Avec un traitement, le fonctionnement relationnel, social et professionnel peut s’améliorer, mais la réponse est parfois lente et un soutien prolongé peut être nécessaire. [2] La présence d’autres troubles mentaux graves, d’un fonctionnement quotidien très altéré ou d’une exposition persistante aux auteurs de violences peut compliquer et prolonger le traitement. [1] [2] Un suivi régulier permet d’adapter le travail psychothérapeutique aux symptômes, aux crises émotionnelles et aux besoins de sécurité de la personne. [1] [2]

Sources et références

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