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Trouble amnésique dû à l’alcool : signes, diagnostic et prise en charge

Le trouble amnésique dû à l’alcool est un syndrome chronique dans lequel les difficultés de mémoire sont nettement plus importantes que les autres perturbations cognitives. [1] La classification médicale française le rattache aux troubles mentaux et du comportement liés à l’utilisation d’alcool, sous la catégorie F10.6. [1] Le syndrome de Korsakoff d’origine alcoolique en constitue une présentation caractérisée par une atteinte sévère et persistante de la mémoire et de l’apprentissage. [1] [2]

Une histoire de consommation problématique d’alcool associée à des difficultés cognitives ne suffit cependant pas, à elle seule, à établir un syndrome de Korsakoff. [2] L’évolution des troubles pendant l’arrêt de l’alcool et l’évaluation du profil cognitif sont importantes pour éviter aussi bien un sous-diagnostic qu’un diagnostic posé à tort. [2]

Quels sont les signes du trouble amnésique ?

Le trouble touche la mémoire des faits récents et anciens, mais les événements récents sont généralement plus sévèrement atteints. [1] La mémoire immédiate est habituellement préservée, alors que l’apprentissage d’informations nouvelles devient difficile. [1] Cette difficulté peut se manifester dans la conversation par un oubli au fur et à mesure, des questions répétées ou la répétition des mêmes propos. [2] La perception du temps et de l’ordre chronologique des événements est souvent perturbée. [1]

Des confabulations peuvent accompagner le trouble : il s’agit de souvenirs incorrects produits en lien avec les déficiences de la mémoire. [2] Certaines confabulations sont plausibles et bien construites, ce qui peut masquer les difficultés de mémoire au cours d’un entretien bref. [2] Une anosognosie, c’est-à-dire une absence ou une faible conscience de ses propres troubles, est également fréquente dans le syndrome de Korsakoff. [2] Des difficultés d’orientation, une apathie et d’autres troubles neuropsychiatriques peuvent aussi être présents. [2]

Les fonctions exécutives, utilisées notamment pour planifier, inhiber un comportement ou s’adapter à une nouvelle consigne, sont atteintes de manière très variable. [2] Certaines personnes présentent peu de difficultés exécutives, tandis que d’autres ont un trouble sévère dans ce domaine. [2] Ces difficultés exécutives ne constituent donc pas, à elles seules, le cœur du syndrome amnésique. [2]

Quel est le lien entre alcool, vitamine B1 et syndrome de Korsakoff ?

Dans le syndrome de Korsakoff lié à l’alcool, l’atteinte est associée à un épuisement en thiamine, ou vitamine B1, dans un contexte de consommation excessive d’alcool et de malnutrition. [2] Le rôle de la carence en thiamine conduit certains spécialistes à parler d’un syndrome lié à l’alcool plutôt que d’une atteinte résultant directement de la toxicité de l’alcool. [2] Le syndrome peut apparaître après une encéphalopathie de Wernicke, une affection neurologique aiguë liée à cette carence. [2]

L’encéphalopathie de Wernicke peut associer un état confusionnel, des anomalies des mouvements des yeux et un dysfonctionnement cérébelleux affectant notamment la coordination. [2] Le tableau peut être incomplet et passer inaperçu, de sorte qu’un syndrome de Korsakoff n’est pas toujours précédé d’un diagnostic formel d’encéphalopathie de Wernicke. [2] Lorsqu’un traitement adapté par thiamine est administré rapidement pendant l’encéphalopathie de Wernicke, les symptômes cognitifs peuvent disparaître. [2] Un retard ou une absence de traitement peut au contraire entraîner des lésions cérébrales permanentes et l’installation d’un syndrome de Korsakoff. [2]

Comment le diagnostic est-il évalué ?

Le diagnostic repose sur la prédominance d’une atteinte sévère de la mémoire épisodique, c’est-à-dire la mémoire des événements situés dans un contexte et un moment précis. [2] Cette atteinte doit être appréciée par rapport aux autres fonctions cognitives, qui peuvent être relativement préservées ou présenter des difficultés d’intensité variable. [1] [2] Le repérage peut commencer lors d’une hospitalisation, mais un contexte aigu n’est pas toujours propice à une exploration cognitive approfondie. [2] L’évaluation demande souvent du temps et l’observation de l’évolution du profil cognitif dans un contexte de maintien de l’abstinence d’alcool. [2]

Cette observation dans le temps aide à distinguer le syndrome de Korsakoff des troubles cognitifs associés à un trouble de l’usage d’alcool sans complication neurologique apparente. [2] Dans ce second cas, les difficultés de mémoire épisodique peuvent être partiellement réversibles avec le maintien de l’abstinence. [2] Dans le syndrome de Korsakoff, le déficit de mémoire épisodique demeure au contraire sévère et persistant, même si certaines difficultés exécutives peuvent régresser au moins en partie. [2]

Quelle prise en charge et quelle évolution au quotidien ?

La persistance des troubles de mémoire peut constituer un handicap sévère et compromettre l’autonomie dans la vie quotidienne. [2] Les conséquences dépendent aussi du manque de conscience des troubles, du risque de reprise de l’alcool et d’éventuelles difficultés somatiques, psychiatriques ou sociales associées. [2] La prise en charge doit notamment évaluer les capacités d’autonomie de la personne et les possibilités de soutien par son entourage. [2] Les résultats de cette évaluation servent à préparer un lieu de vie adapté et, si nécessaire, des mesures médico-sociales. [2]

Une période de soins suffisamment longue peut être nécessaire pour suivre l’évolution cognitive, conforter le diagnostic et organiser l’accompagnement. [2] En France, le faible nombre de structures adaptées peut compliquer l’organisation de cette prise en charge à long terme. [2] L’accompagnement doit donc tenir compte à la fois des capacités encore préservées, des besoins de soutien quotidien et de la prévention de la reprise de l’alcool. [2]

Sources et références

[1] Breizh CoCoA 2024

www.bretagne.ars.sante.fr · Consulté le 2026-09-15

[2] REPRISE45_2

sfalcoologie.fr · Consulté le 2026-09-17

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