Tréponématoses : syphilis, pian, bejel et pinta

Les tréponématoses sont une famille d’infections provoquées par des bactéries du genre Treponema, qui comprend la syphilis ainsi que le pian, le bejel et la pinta. [3] Ces maladies ne doivent pas être confondues, car leur mode de transmission, leur répartition géographique et certaines de leurs manifestations diffèrent. [1] [3] Leur distinction peut néanmoins être difficile, notamment parce que les tests sérologiques usuels ne permettent pas toujours d’identifier la tréponématose responsable. [2] [3]
Quelles maladies appartiennent à cette famille ?
La syphilis est due à Treponema pallidum pallidum, tandis que le pian et le bejel sont associés à d’autres sous-espèces de Treponema pallidum. [3] La pinta, aussi appelée caraté, est attribuée dans la revue disponible à Treponema carateum. [3] Parmi ces tréponématoses, la syphilis est la seule transmise par voie sexuelle, mais elle peut également être transmise pendant la grossesse ou lors de l’accouchement. [1] Le pian, le bejel et la pinta sont des tréponématoses non vénériennes, transmises principalement par contact avec des lésions cutanées ou muqueuses et touchant surtout les enfants et les adolescents. [1]
Où rencontre-t-on le pian, le bejel et la pinta ?
Le pian est principalement observé dans des régions forestières tropicales chaudes et humides d’Afrique, d’Amérique latine, dont la Guyane, d’Asie et du Pacifique. [1] Le bejel est associé aux régions sèches et arides d’Afrique, notamment aux zones sahéliennes décrites dans la revue scientifique. [1] [3] La pinta est devenue exceptionnelle et persiste dans quelques foyers d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud. [1] Des cas importés de pian et de bejel ont été rapportés chez des enfants en Europe et aux États-Unis. [3]
Comment se manifestent les tréponématoses ?
Le pian atteint principalement la peau, mais des atteintes des muqueuses, des cartilages et des os peuvent aussi survenir. [1] [3] Sa première lésion est généralement un papillome localisé ou un ulcère solitaire, souvent situé sur une partie exposée des membres inférieurs. [3] Les lésions secondaires du pian peuvent prendre des aspects très différents et ressembler notamment à un psoriasis, une infection cutanée à champignons ou une gale croûteuse. [3]
Le bejel touche surtout les muqueuses, en particulier la bouche et l’oropharynx, où la lésion initiale peut être difficile à voir. [3] À un stade secondaire, le bejel peut provoquer des érosions ou des plaques de la bouche et des lèvres, ainsi que des atteintes osseuses ou cartilagineuses. [3] La pinta reste limitée à la peau et peut commencer par une plaque squameuse qui démange, puis entraîner des modifications étendues de la pigmentation. [1] [3]
La syphilis évolue différemment, avec une période précoce pouvant comporter un chancre, des éruptions cutanées ou muqueuses et des phases sans symptôme. [2] Le chancre syphilitique est généralement une ulcération unique, ferme et indolore, parfois située dans une zone peu visible comme le vagin, le col de l’utérus, le rectum, la bouche ou la gorge. [2] La disparition spontanée d’un chancre ou d’une éruption ne signifie pas que la syphilis est guérie, car l’infection peut entrer dans une phase silencieuse. [2] Sans traitement, une syphilis tardive peut provoquer des lésions irréversibles touchant notamment le système nerveux, les yeux, l’audition, le cœur, les vaisseaux ou les os. [2]
Pourquoi le diagnostic peut-il être difficile ?
L’aspect des lésions ne suffit pas toujours à reconnaître une tréponématose, car le pian, le bejel et la pinta peuvent ressembler à plusieurs autres maladies de la peau ou des muqueuses. [3] L’évaluation tient donc compte de l’examen clinique, de la région où la personne a vécu ou séjourné et des résultats de laboratoire. [3] Les tests sérologiques employés pour les tréponématoses endémiques sont les mêmes que ceux utilisés pour la syphilis. [3] Une sérologie positive ne permet pas, à elle seule, de distinguer une syphilis d’un pian, d’un bejel ou d’une pinta. [2] [3] Cette limite est particulièrement importante chez une personne venant d’une région où une tréponématose non vénérienne est présente. [2]
Pour la syphilis, le diagnostic associe habituellement l’examen clinique, les informations recueillies pendant la consultation et une prise de sang recherchant des anticorps. [2] Un prélèvement d’une lésion peut parfois rechercher directement le tréponème, mais un résultat négatif n’exclut pas nécessairement la syphilis. [2] Les tests tréponémiques peuvent rester positifs après le traitement et ne permettent donc pas, isolément, de différencier une infection active d’une infection guérie. [2] Les tests non tréponémiques quantitatifs peuvent contribuer à évaluer l’activité de l’infection et à suivre l’efficacité du traitement de la syphilis. [2]
Quels soins et quel suivi sont documentés ?
La syphilis peut être guérie par un traitement antibiotique, y compris lorsqu’elle est diagnostiquée à un stade tardif. [1] Le pian, le bejel et la pinta guérissent également grâce à des antibiotiques. [1] Après le traitement d’une syphilis, des contrôles sérologiques sont nécessaires pour en surveiller l’efficacité. [2] Une infection antérieure ne protège pas contre une nouvelle syphilis, qui peut donc survenir après un traitement complet. [1] Lorsqu’une syphilis est confirmée, la recherche d’autres infections sexuellement transmissibles, notamment le VIH, les infections à gonocoque ou à chlamydia et l’hépatite B, est indispensable. [2]
En cas de doute sur une contamination par la syphilis, une consultation auprès du médecin traitant permet d’organiser l’évaluation et de limiter le risque d’évolution ou de transmission aux partenaires sexuels. [2]
Syphilis et grossesse : quels sont les risques ?
Une femme enceinte infectée et non traitée peut transmettre la syphilis à l’enfant pendant la grossesse ou lors de l’accouchement. [1] La syphilis congénitale peut entraîner un décès avant ou peu après la naissance, une prématurité, un faible poids de naissance ou des séquelles graves telles que des troubles auditifs ou visuels. [1] Le dépistage de la syphilis pendant la grossesse permet de prévenir la syphilis congénitale. [1] Selon l’Assurance Maladie, un dépistage précoce suivi si nécessaire d’un traitement avant 16 semaines d’aménorrhée rend le risque d’infection congénitale pratiquement nul. [1]
Sources et références
[1] Syphilis : définition, évolution et transmission | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11
[2] Symptômes et diagnostic de la syphilis | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11
[3] Advances in the Diagnosis of Endemic Treponematoses: Yaws, Bejel, and Pinta
www.ebi.ac.uk · Version : 2013-10-24 · Consulté le 2026-09-16
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