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Thyroïdite subaiguë : symptômes, diagnostic, traitement et évolution

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Scintigraphie de la thyroïde par ville

La thyroïdite subaiguë est une inflammation douloureuse de la thyroïde, probablement liée à une infection virale et survenant souvent après une infection des voies respiratoires supérieures. [1] [2] Elle est également appelée thyroïdite de De Quervain, thyroïdite granulomateuse ou thyroïdite à cellules géantes. [1] [3] Cette fiche concerne cette forme douloureuse et non les thyroïdites auto-immunes, silencieuses ou survenant après un accouchement, qui constituent des formes distinctes. [3] [4]

Comment la fonction de la thyroïde évolue-t-elle ?

Au début de la maladie, l’inflammation endommage des follicules de la thyroïde et libère dans le sang des hormones déjà fabriquées. [2] [4] Cette libération peut provoquer une phase d’hyperthyroïdie, c’est-à-dire un excès temporaire d’hormones thyroïdiennes dans le sang. [1] [2] Lorsque les réserves d’hormones s’épuisent, une phase d’hypothyroïdie transitoire peut suivre avant le retour à une fonction thyroïdienne normale. [1] [2]

Quels sont les symptômes de la thyroïdite subaiguë ?

Le signe caractéristique est une douleur à l’avant du cou, à l’emplacement de la thyroïde, accompagnée d’une sensibilité importante de la glande. [1] [2] La douleur peut commencer d’un seul côté, changer de côté et irradier vers la mâchoire ou les oreilles. [1] [2] Elle peut être aggravée par la déglutition ou la rotation de la tête. [2] Cette localisation explique que la maladie soit parfois confondue au début avec un mal de gorge, une otite ou un problème dentaire. [1] [2] Une fièvre et une fatigue parfois très marquée sont fréquentes. [1] [2] À l’examen, la thyroïde peut être augmentée de volume, ferme, asymétrique et douloureuse. [2]

Pendant la phase d’hyperthyroïdie, des palpitations ou une accélération du rythme cardiaque, une transpiration excessive, une sensation de chaleur, des tremblements, de la nervosité ou de l’anxiété peuvent apparaître. [1] Pendant la phase d’hypothyroïdie, les manifestations possibles comprennent la fatigue, la prise de poids, la constipation, la sécheresse de la peau et des cheveux ainsi qu’une sensibilité accrue au froid. [1] Les symptômes et leur intensité peuvent donc changer au cours de la maladie. [1] [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic repose d’abord sur l’histoire des symptômes et sur l’examen clinique, notamment la recherche d’une augmentation douloureuse du volume de la thyroïde. [1] [2] Une prise de sang mesure habituellement la TSH et la T4 libre afin d’évaluer le fonctionnement de la thyroïde. [2] Au début, une TSH basse associée à une T4 libre élevée correspond à la phase d’hyperthyroïdie. [1] [2] Plus tard, une TSH élevée et une T4 libre basse peuvent traduire la phase d’hypothyroïdie. [1] [2] La vitesse de sédimentation, qui est un marqueur sanguin d’inflammation, est généralement élevée dans la forme douloureuse. [2] [4]

Une scintigraphie avec mesure de la captation de l’iode radioactif peut aider lorsque le diagnostic est incertain. [1] [2] La captation est faible ou absente dans la thyroïdite subaiguë, tandis qu’elle est augmentée dans la maladie de Graves-Basedow. [1] [2] Une échographie avec Doppler peut montrer des zones irrégulières et une vascularisation réduite, contrairement à l’augmentation du flux sanguin observée dans la maladie de Graves-Basedow. [2] [4] Une ponction à l’aiguille fine peut être envisagée lorsque l’incertitude diagnostique persiste. [2] [4] Ces examens servent notamment à distinguer la thyroïdite subaiguë d’une maladie de Graves-Basedow, d’une maladie nodulaire ou d’une thyroïdite aiguë suppurée. [1] [4]

Quels sont les principes du traitement ?

Le traitement vise principalement à soulager la douleur, à réduire l’inflammation et à contrôler les manifestations liées aux variations des hormones thyroïdiennes. [1] [2] Des anti-inflammatoires non stéroïdiens peuvent être utilisés contre une douleur et une inflammation légères. [1] [2] Si les symptômes sont importants ou insuffisamment contrôlés, un médecin peut prescrire un glucocorticoïde tel que la prednisone. [1] [2] La diminution d’un glucocorticoïde doit être progressive selon la prescription, car un arrêt soudain ou trop précoce peut favoriser la réapparition des symptômes. [1]

Un bêtabloquant peut être proposé pour atténuer des symptômes gênants de l’hyperthyroïdie, notamment l’accélération du rythme cardiaque. [1] [2] Les médicaments antithyroïdiens n’ont pas de rôle dans une thyroïdite subaiguë établie, car l’excès hormonal provient de la libération d’hormones déjà stockées et non d’une production accrue par la glande. [4] Une hormone thyroïdienne de substitution, la lévothyroxine, peut être nécessaire si l’hypothyroïdie est prononcée ou persistante. [1] [2] Le choix de ces traitements dépend de la phase de la maladie, de l’intensité des symptômes et des résultats du bilan thyroïdien. [1] [2]

Quelle est l’évolution et pourquoi un suivi est-il nécessaire ?

La thyroïdite subaiguë guérit le plus souvent spontanément en quelques mois, avec un retour à une fonction thyroïdienne normale. [1] [2] [4] La maladie peut toutefois récidiver. [1] [2] [4] Plus rarement, la destruction de la thyroïde est suffisamment importante pour entraîner une hypothyroïdie permanente nécessitant un traitement substitutif durable. [1] [2] [4] Le suivi repose sur l’évolution des symptômes et sur des dosages répétés de la TSH et des hormones thyroïdiennes afin de repérer le passage d’une phase à l’autre. [2] Une synthèse clinique propose de répéter les mesures de la TSH, de la T4 libre et de la T3 libre à des intervalles de deux à quatre semaines, mais le calendrier individuel est déterminé par le professionnel qui assure le suivi. [2]

Sources et références

[3] Breizh CoCoA 2024

www.bretagne.ars.sante.fr · Consulté le 2026-09-15

[4] Subacute Thyroiditis - Endotext - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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