Bilan diagnostique d’une baisse auditive chez l’adulte

Chez un adulte qui présente une difficulté auditive pour la première fois, l’évaluation commence par la recherche d’un bouchon de cérumen ou d’une infection aiguë, avant la réalisation d’un bilan audiologique. [1] Ce bilan ne repose pas sur un examen isolé : il associe les informations recueillies lors de l’entretien, l’examen de l’oreille par otoscopie et l’audiométrie tonale, auxquels une tympanométrie peut être ajoutée si elle est indiquée. [1] Des investigations diagnostiques supplémentaires peuvent être nécessaires selon le mode d’apparition de la baisse auditive, son caractère unilatéral ou asymétrique et les autres symptômes associés. [1]
L’entretien clinique : comprendre la gêne et son contexte
Le bilan audiologique comprend une histoire clinique détaillée portant sur les symptômes, les autres maladies éventuelles, les capacités cognitives, la mobilité physique et la dextérité. [1] Le professionnel recherche aussi les difficultés de communication rencontrées à domicile, au travail, pendant les études ou dans les situations sociales. [1] Les conséquences psychologiques et sociales, les limitations d’activité ainsi que les attentes de la personne font partie de l’évaluation. [1]
L’otoscopie : examiner le conduit auditif et le tympan
L’otoscopie participe à l’examen de l’oreille externe et du tympan avant l’interprétation des tests auditifs. [1] Elle permet notamment de rechercher une obstruction du conduit, une inflammation, un polype, une perforation du tympan, une excroissance anormale, un gonflement ou du sang dans le conduit auditif. [1] Un bouchon de cérumen peut contribuer à la baisse auditive et empêcher un examen correct de l’oreille ou la réalisation de certains actes audiologiques. [1] Il ne faut pas tenter de nettoyer le conduit en y introduisant un petit objet, notamment un coton-tige, car cela peut léser le conduit ou le tympan et repousser le cérumen plus profondément. [1]
Audiométrie tonale et tympanométrie
L’audiométrie tonale fait partie du bilan audiologique de l’adulte et produit un audiogramme qui doit être expliqué à la personne examinée. [1] L’interprétation doit mettre en relation l’audiogramme avec les conséquences de la baisse auditive sur la communication. [1] Certaines difficultés, comme comprendre dans un environnement bruyant, peuvent ne pas apparaître clairement sur l’audiogramme. [1] La tympanométrie n’est pas présentée comme systématique dans ce bilan : elle est réalisée lorsqu’elle est indiquée par la situation clinique. [1]
Quand une IRM peut-elle compléter le bilan ?
L’imagerie par résonance magnétique n’est pas décrite comme un examen systématique de toute baisse auditive, mais comme une investigation ciblée dans certaines situations. [1] Une IRM des conduits auditifs internes est indiquée lorsqu’une baisse auditive s’accompagne de signes localisateurs, comme une faiblesse du nerf facial, pouvant évoquer un schwannome vestibulaire ou une lésion de l’angle ponto-cérébelleux. [1] En l’absence de signe localisateur, une IRM peut aussi être envisagée devant une baisse auditive neurosensorielle lorsque l’audiométrie tonale révèle une asymétrie d’au moins 15 décibels sur deux fréquences adjacentes parmi 0,5, 1, 2, 4 et 8 kilohertz. [1]
Comment les résultats orientent-ils la suite ?
Après le bilan, les résultats de l’audiométrie et leurs conséquences sur la communication doivent être discutés avec la personne. [1] Les options proposées peuvent comprendre des stratégies de communication, des aides auditives ou des dispositifs d’écoute assistée, avec une explication de leurs bénéfices possibles et de leurs limites. [1] Une orientation vers une évaluation médicale, chirurgicale ou en vue d’un dispositif implantable peut être discutée lorsqu’elle paraît adaptée aux résultats. [1] Le projet de soins doit tenir compte des préférences et des objectifs personnels, puis être consigné dans un plan individualisé remis à la personne. [1]
Baisse auditive : situations nécessitant une évaluation rapide
Une baisse auditive inexpliquée par une cause de l’oreille externe ou moyenne, apparue en trois jours ou moins au cours des 30 derniers jours, nécessite une évaluation immédiate par un service ORL ou un service d’urgence, avec un objectif de prise en charge dans les 24 heures. [1] Si cette apparition soudaine remonte à plus de 30 jours, ou si l’audition s’est rapidement dégradée sur une période de 4 à 90 jours, une évaluation ORL ou audiovestibulaire urgente est recommandée, avec un objectif de rendez-vous dans les deux semaines. [1] Ces objectifs de délai proviennent de la recommandation NICE citée ici ; ils ne décrivent pas à eux seuls l’organisation du recours urgent en France. [1]
Une baisse auditive acquise d’un seul côté associée, du même côté, à une modification de la sensibilité du visage ou à un affaissement facial nécessite une orientation immédiate vers un service ORL, avec un objectif d’évaluation dans les 24 heures. [1] Lorsqu’un accident vasculaire cérébral est suspecté dans cette situation, l’orientation doit suivre le parcours d’urgence prévu pour l’accident vasculaire cérébral. [1] Chez une personne immunodéprimée, l’association d’une baisse auditive, d’une douleur d’oreille et d’un écoulement qui n’a pas répondu au traitement en 72 heures nécessite également une évaluation ORL immédiate dans les 24 heures. [1]
En dehors de ces urgences, une exploration spécialisée peut être nécessaire lorsque la baisse auditive est unilatérale ou asymétrique, fluctuante sans infection respiratoire haute, ou associée à une hypersensibilité gênante aux sons. [1] Un acouphène persistant unilatéral, pulsatile, nettement modifié ou pénible, ainsi qu’un vertige persistant ou récidivant, peuvent aussi justifier une investigation spécialisée. [1] Une douleur de l’oreille durant au moins une semaine malgré un traitement initial, un écoulement persistant ou récidivant, ou un aspect anormal de l’oreille ou du tympan justifient également une orientation ORL. [1]
Sources et références
[1] Hearing loss in adults: assessment and management
www.nice.org.uk · Consulté le 2026-09-11
La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation
- Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
- Peut être remboursée selon conditions *
* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.
Téléconsultation : préparer votre rendez-vous
Une consultation à distance peut être envisagée avec votre médecin. Il détermine si elle convient à votre situation ou si un examen en présence est nécessaire.
Avant le rendez-vous
- Notez le motif de consultation, les symptômes et leur durée.
- Préparez la liste de vos traitements, vos allergies connues et les comptes rendus ou résultats déjà disponibles.
- Installez-vous dans un endroit calme et confidentiel, avec une connexion et un appareil permettant la vidéo.
Organiser la suite
Contactez votre médecin habituel ou le professionnel qui vous suit pour organiser la consultation. Selon votre situation, une consultation en présence pourra être nécessaire.
En cas d’urgence médicale, appelez le 15 ou le 112 ; n’attendez pas une téléconsultation.
Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.