Tachycardie par réentrée intranodale : symptômes, diagnostic et traitements

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La tachycardie par réentrée intranodale, aussi appelée tachycardie par réentrée nodale atrioventriculaire, est un trouble du rythme cardiaque supraventriculaire qui provoque des épisodes de battements rapides et réguliers. [3] Elle résulte d'un circuit électrique qui tourne en boucle dans des voies fonctionnellement distinctes situées dans ou à proximité du nœud atrioventriculaire. [3] Les crises commencent et s'arrêtent généralement de façon brusque et se manifestent le plus souvent par des palpitations. [3] Cette arythmie est habituellement bénigne, mais ses symptômes, leur répétition ou un retentissement sur la circulation peuvent nécessiter une prise en charge médicale. [3]
Comment se forme cette tachycardie ?
Le nœud atrioventriculaire participe normalement à la transmission du signal électrique entre les oreillettes et les ventricules du cœur. [3] Dans la tachycardie par réentrée intranodale, une voie conduit rapidement mais récupère plus lentement, tandis qu'une autre conduit plus lentement mais redevient excitable plus vite. [3] Un battement auriculaire prématuré peut alors descendre par la voie lente puis remonter par la voie rapide, ce qui crée une boucle électrique auto-entretenue. [3] La forme dite typique utilise la voie lente dans le sens descendant et la voie rapide dans le sens remontant, tandis que des circuits inversés ou différents caractérisent les formes atypiques. [3]
Quels sont les symptômes possibles ?
Le symptôme principal est une sensation soudaine de cœur qui bat très vite, souvent décrite comme des palpitations. [3] Une crise peut aussi s'accompagner de vertiges, d'un essoufflement, d'une gêne thoracique, d'une anxiété ou d'une sensation de malaise imminent. [3] La perte de connaissance est moins fréquente, mais elle peut survenir lorsque la tachycardie réduit suffisamment le remplissage du cœur et le débit sanguin vers le cerveau. [3] La tachycardie par réentrée intranodale peut apparaître chez une personne par ailleurs en bonne santé et sans maladie structurelle du cœur connue. [3]
Des palpitations ne suffisent toutefois pas à reconnaître cette arythmie, car elles peuvent également être liées à l'effort, au stress, au manque de sommeil, à certaines substances, à des médicaments ou à d'autres maladies cardiaques ou générales. [2] Le caractère rapide, régulier et brusque d'une crise peut orienter l'évaluation, mais seul un enregistrement du rythme permet d'en préciser la cause. [3]
Comment le diagnostic est-il établi ?
L'évaluation commence par la description du début, de la fin, de la durée et des symptômes associés aux crises, puis par un examen clinique. [3] L'électrocardiogramme à douze dérivations réalisé pendant la tachycardie est l'examen diagnostique principal. [3] Il montre le plus souvent une tachycardie régulière à complexes QRS fins, avec des ondes P parfois invisibles dans les complexes ou visibles juste après eux. [3] Si la crise n'est pas présente lors de l'électrocardiogramme, un enregistrement ambulatoire, comme un Holter ou un enregistreur d'événements, peut aider à documenter les épisodes intermittents. [3]
Une échographie cardiaque peut être envisagée lorsqu'une maladie structurelle du cœur est suspectée, mais elle n'est pas nécessaire dans tous les cas. [3] Des analyses peuvent rechercher des facteurs réversibles susceptibles de favoriser une tachycardie, notamment un trouble des électrolytes ou de la fonction thyroïdienne. [3] Une exploration électrophysiologique peut confirmer le mécanisme lorsque le diagnostic reste incertain et permettre une ablation au cours de la même prise en charge. [3] L'électrocardiogramme sert aussi à distinguer cette arythmie d'autres tachycardies régulières, notamment une tachycardie atriale ou une tachycardie utilisant une voie électrique accessoire. [3]
Quand demander une aide médicale urgente ?
Des palpitations qui ne cessent pas et qui s'accompagnent d'une douleur thoracique, d'un essoufflement, d'une sensation d'évanouissement ou d'une perte de connaissance nécessitent une aide médicale immédiate. [2] En France, une douleur thoracique associée à plusieurs signes inquiétants, tels qu'un pouls rapide ou irrégulier, un essoufflement, des sueurs, des vertiges ou un trouble de la conscience, impose de ne pas attendre et d'appeler le 15 ou le 112. [1] Même en dehors d'une urgence, des palpitations qui reviennent, deviennent plus fréquentes ou durent davantage justifient une consultation afin d'en rechercher la cause. [2]
Comment une crise est-elle traitée ?
Le traitement immédiat dépend d'abord de la stabilité de la circulation et de la tolérance de la tachycardie. [3] Chez une personne stable, des manœuvres vagales peuvent être utilisées en première intention pour ralentir temporairement la conduction dans le nœud atrioventriculaire et interrompre le circuit. [3] Une personne concernée peut apprendre auprès d'un professionnel de santé la manœuvre appropriée à effectuer lors d'un épisode. [3] Si ces manœuvres échouent, l'adénosine intraveineuse peut être administrée dans un cadre médical pour bloquer très brièvement la conduction atrioventriculaire et arrêter la réentrée. [3] D'autres médicaments intraveineux ralentissant le nœud atrioventriculaire peuvent être envisagés lorsque l'adénosine est inefficace ou contre-indiquée. [3] En cas d'instabilité circulatoire, une cardioversion électrique synchronisée immédiate est indiquée pour rétablir le rythme sinusal. [3]
Comment prévenir les récidives ?
Lorsque les épisodes sont rares et peu symptomatiques, une surveillance et l'utilisation occasionnelle de manœuvres vagales apprises auprès d'un professionnel peuvent suffire. [3] Des bêtabloquants, du vérapamil ou du diltiazem peuvent être proposés pour limiter les récidives en ralentissant la conduction atrioventriculaire. [3] L'efficacité de ces médicaments peut être limitée et leur action sur la conduction peut notamment entraîner une fréquence cardiaque trop lente ou une baisse de la pression artérielle. [3]
L'ablation par cathéter de la voie lente constitue un traitement définitif fréquemment proposé aux personnes ayant des crises symptomatiques, récidivantes ou insuffisamment contrôlées par les médicaments. [3] Cette intervention consiste à modifier la zone responsable de la voie lente tout en cherchant à préserver la conduction atrioventriculaire normale. [3] La synthèse disponible rapporte un taux de succès supérieur à 95 %, avec un faible risque global de complications. [3] L'ablation comporte néanmoins un petit risque de bloc atrioventriculaire complet pouvant nécessiter l'implantation d'un stimulateur cardiaque. [3]
Quelle est l'évolution habituelle ?
Le pronostic est généralement excellent, en particulier en l'absence de maladie structurelle du cœur. [3] Les épisodes peuvent toutefois récidiver et altérer la qualité de vie par les symptômes, l'anxiété ou la limitation des activités. [3] Une tachycardie persistante ou mal tolérée peut rarement provoquer une baisse de la pression artérielle, une perte de connaissance ou une atteinte du muscle cardiaque liée à la fréquence rapide. [3] Une maladie cardiaque préexistante peut également aggraver la tolérance d'un épisode soutenu. [3]
Sources et références
[1] Reconnaître une douleur thoracique qui nécessite des soins urgents | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11
[2] Heart palpitations - NHS
NHS · Consulté le 2026-09-11
[3] Atrioventricular Nodal Reentry Tachycardia - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
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