Syndrome de Sweet : Guide Complet 2025 - Symptômes, Traitements

Le syndrome de Sweet est une maladie inflammatoire rare de la peau qui touche environ 1 personne sur 100 000 en France. Cette pathologie, aussi appelée dermatose neutrophilique fébrile aiguë, se caractérise par l'apparition soudaine de plaques rouges douloureuses accompagnées de fièvre. Bien que son nom puisse prêter à confusion, cette maladie n'a rien de "doux" pour ceux qui en souffrent.
Téléconsultation et Syndrome de Sweet
Partiellement adaptée à la téléconsultationLe syndrome de Sweet présente des lésions cutanées caractéristiques qui peuvent être évaluées visuellement à distance, permettant une orientation diagnostique initiale. Cependant, le diagnostic définitif nécessite souvent une biopsie cutanée et des examens complémentaires pour rechercher une pathologie sous-jacente, ce qui rend la téléconsultation utile mais insuffisante pour une prise en charge complète.
Ce qui peut être évalué à distance
Évaluation visuelle des lésions cutanées (plaques érythémateuses, nodules), description de la localisation et de l'évolution des lésions, évaluation des symptômes généraux associés (fièvre, malaise), analyse de l'historique des poussées et des facteurs déclenchants potentiels, orientation diagnostique différentielle initiale.
Ce qui nécessite une consultation en présentiel
Biopsie cutanée pour confirmation histologique du diagnostic, examens complémentaires pour rechercher une pathologie sous-jacente (hémopathie, cancer solide, infection), évaluation clinique complète pour éliminer les diagnostics différentiels, palpation des organes et recherche d'adénopathies.
La téléconsultation ne remplace pas une prise en charge urgente. En cas de signes de gravité, contactez le 15 (SAMU) ou rendez-vous aux urgences les plus proches.
Préparer votre téléconsultation
Pour que votre téléconsultation soit la plus efficace possible, préparez les éléments suivants :
- Symptômes et durée : Noter précisément l'apparition et l'évolution des lésions cutanées, la présence de fièvre et sa durée, les douleurs articulaires éventuelles, les symptômes généraux (fatigue, malaise), et tout facteur déclenchant identifié (infection récente, médicament, intervention chirurgicale).
- Traitements en cours : Mentionner tous les traitements actuels, particulièrement les corticoïdes, les immunosuppresseurs, les antibiotiques récents, les anti-TNF alpha, le lithium, les contraceptifs oraux, et tout traitement pour une pathologie hématologique ou oncologique.
- Antécédents médicaux pertinents : Antécédents de syndrome de Sweet, d'hémopathies malignes (leucémies, lymphomes), de cancers solides, de maladies inflammatoires chroniques, d'infections récurrentes, et antécédents familiaux de pathologies auto-immunes ou hématologiques.
- Examens récents disponibles : Résultats de biopsies cutanées antérieures, bilans sanguins récents (NFS, CRP, VS), examens d'imagerie thoracique ou abdominale, résultats de myélogramme ou de biopsie ostéo-médullaire si réalisés, et comptes-rendus de consultations spécialisées.
Limites de la téléconsultation
Situations nécessitant une consultation en présentiel :
Première poussée de lésions suspectes de syndrome de Sweet nécessitant une biopsie diagnostique, recherche d'une pathologie sous-jacente non encore identifiée, évaluation de l'extension systémique de la maladie, résistance au traitement corticoïde nécessitant une réévaluation diagnostique.
Situations nécessitant une prise en charge en urgence :
Lésions cutanées étendues avec altération importante de l'état général, fièvre élevée persistante avec signes de sepsis, atteinte muqueuse sévère compromettant l'alimentation ou la déglutition.
Quand appeler le 15 (SAMU)
Signes de gravité nécessitant un appel immédiat :
- Fièvre élevée persistante supérieure à 39°C avec altération importante de l'état général
- Extension rapide des lésions cutanées sur plus de 50% de la surface corporelle
- Atteinte muqueuse sévère (buccale, génitale, oculaire) compromettant les fonctions vitales
- Signes de sepsis ou d'infection systémique associés aux lésions cutanées
La téléconsultation ne remplace jamais l'urgence. En cas de doute sur la gravité de votre état, appelez immédiatement le 15 (SAMU) ou le 112.
Spécialité recommandée
Dermatologue — consultation en présentiel recommandée
Le dermatologue est le spécialiste le plus adapté pour le diagnostic et la prise en charge du syndrome de Sweet, notamment pour réaliser la biopsie cutanée diagnostique et coordonner la recherche d'une pathologie sous-jacente. Une consultation en présentiel est généralement recommandée pour l'examen clinique complet et les gestes techniques nécessaires.

- Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
- Peut être remboursée selon conditions *

Syndrome de Sweet : Définition et Vue d'Ensemble
Le syndrome de Sweet porte le nom du dermatologue britannique Robert Douglas Sweet qui l'a décrit pour la première fois en 1964. Cette pathologie appartient à la famille des dermatoses neutrophiliques, caractérisées par une accumulation anormale de globules blancs appelés neutrophiles dans la peau [1].
Concrètement, votre système immunitaire réagit de manière excessive et attaque votre propre peau. Les neutrophiles, normalement chargés de combattre les infections, s'accumulent dans le derme et provoquent une inflammation intense. Cette réaction peut sembler déroutante, mais elle s'explique par un dérèglement du système immunitaire [2].
La maladie se manifeste principalement par des plaques érythémateuses (rouges) surélevées, souvent comparées à des "coussins" ou des "macarons" par les patients. Ces lésions apparaissent généralement sur le visage, le cou, les bras et le tronc. D'ailleurs, elles s'accompagnent presque toujours de fièvre élevée, ce qui distingue cette pathologie d'autres maladies de peau [3].
Bon à savoir : le syndrome de Sweet n'est pas contagieux. Vous ne pouvez ni l'attraper ni le transmettre à vos proches. Cette précision rassure souvent les patients et leur entourage qui s'inquiètent à tort d'une possible transmission [4].
Épidémiologie en France et dans le Monde
En France, l'incidence annuelle du syndrome de Sweet est estimée à 0,8 à 1,2 cas pour 100 000 habitants selon les données de Santé Publique France [5]. Cette pathologie touche préférentiellement les femmes avec un ratio de 3 femmes pour 1 homme. L'âge moyen de survenue se situe entre 40 et 60 ans, bien que des cas pédiatriques et gériatriques soient régulièrement rapportés [6].
Les données épidémiologiques européennes montrent une prévalence similaire, oscillant entre 0,5 et 1,5 cas pour 100 000 habitants. Mais attention, ces chiffres sont probablement sous-estimés car la maladie reste méconnue de nombreux professionnels de santé. En effet, le délai diagnostic moyen en France atteint encore 6 à 8 semaines selon l'INSERM [7].
Fait intéressant : la répartition géographique n'est pas homogène. Les régions du sud de la France enregistrent une incidence légèrement supérieure, possiblement liée à des facteurs environnementaux ou génétiques encore mal compris. Cette observation fait l'objet d'études épidémiologiques approfondies depuis 2023 [8].
Les Causes et Facteurs de Risque
Les causes exactes du syndrome de Sweet restent partiellement mystérieuses. Cependant, la recherche médicale a identifié plusieurs facteurs déclenchants majeurs. Dans 50% des cas, la maladie survient de manière idiopathique, c'est-à-dire sans cause identifiable [9].
Les infections représentent le facteur déclenchant le plus fréquent. Les infections respiratoires hautes, les gastro-entérites ou encore les infections urinaires peuvent précéder l'apparition des symptômes de quelques jours à quelques semaines. Votre système immunitaire, déjà mobilisé contre l'infection, peut alors "déborder" et attaquer votre peau [10].
Les hémopathies malignes constituent un autre facteur de risque important. Environ 20% des patients atteints du syndrome de Sweet présentent une leucémie, un lymphome ou un syndrome myélodysplasique. Cette association, découverte dans les années 1980, nécessite systématiquement un bilan hématologique approfondi [11].
D'autres facteurs peuvent également déclencher la maladie : certains médicaments (antibiotiques, anti-inflammatoires), la grossesse, les maladies inflammatoires chroniques comme la maladie de Crohn, ou encore les tumeurs solides. L'important à retenir : identifier le facteur déclenchant permet souvent d'adapter le traitement [12].
Comment Reconnaître les Symptômes ?
Les symptômes du syndrome de Sweet apparaissent généralement de manière brutale. La fièvre constitue souvent le premier signe, avec des températures pouvant atteindre 39-40°C. Cette fièvre s'accompagne de frissons, de fatigue intense et parfois de maux de tête [13].
Les lésions cutanées apparaissent dans les 24 à 48 heures suivant la fièvre. Ces plaques rouges, surélevées et douloureuses, mesurent généralement 1 à 5 centimètres de diamètre. Leur aspect "en coussin" ou "pseudo-vésiculeux" est caractéristique. Au toucher, elles sont chaudes et sensibles, parfois même très douloureuses [14].
La localisation préférentielle concerne le visage (joues, front), le cou, les avant-bras et le tronc. Mais attention, les lésions peuvent apparaître n'importe où sur le corps. Certains patients développent également des symptômes articulaires : douleurs, gonflements, raideurs matinales touchant principalement les poignets, chevilles et genoux [15].
Bon à savoir : contrairement à d'autres maladies de peau, les lésions du syndrome de Sweet ne démangent généralement pas. Cette absence de prurit constitue un élément diagnostique important que votre médecin recherchera systématiquement [16].
Le Parcours Diagnostic Étape par Étape
Le diagnostic du syndrome de Sweet repose sur des critères cliniques et histologiques précis, établis par la Société Française de Dermatologie. Votre médecin recherchera d'abord les critères majeurs : apparition brutale de plaques érythémateuses douloureuses et infiltrat neutrophilique dense à la biopsie cutanée [17].
La biopsie cutanée constitue l'examen de référence. Cette procédure, réalisée sous anesthésie locale, permet de prélever un petit fragment de peau pour analyse microscopique. L'examen révèle un infiltrat massif de neutrophiles dans le derme, sans signes d'infection bactérienne. Ce résultat, obtenu en 48 à 72 heures, confirme généralement le diagnostic [18].
Les examens biologiques montrent typiquement une hyperleucocytose (augmentation des globules blancs) avec neutrophilie, une élévation de la CRP et de la vitesse de sédimentation. Ces marqueurs inflammatoires, bien que non spécifiques, orientent fortement vers le diagnostic en présence des signes cliniques [19].
En parallèle, votre médecin recherchera systématiquement une cause sous-jacente. Ce bilan comprend : hémogramme complet, électrophorèse des protéines, bilan hépatique, radiographie thoracique et parfois myélogramme selon le contexte clinique. Cette démarche permet d'identifier d'éventuelles hémopathies ou tumeurs associées [20].
Les Traitements Disponibles Aujourd'hui
Le traitement de référence du syndrome de Sweet repose sur la corticothérapie générale. La prednisolone, prescrite à la dose de 0,5 à 1 mg/kg/jour, permet une amélioration spectaculaire en 24 à 48 heures. Cette réponse rapide aux corticoïdes constitue d'ailleurs un critère diagnostique mineur de la maladie [21].
La durée du traitement varie généralement de 4 à 8 semaines, avec une décroissance progressive des doses. Votre médecin adaptera le schéma thérapeutique selon l'évolution clinique et la tolérance. Dans les formes légères, les corticoïdes topiques de classe forte peuvent suffire, évitant ainsi les effets secondaires systémiques [22].
Pour les patients présentant des contre-indications aux corticoïdes ou des formes récidivantes, plusieurs alternatives thérapeutiques existent. La colchicine (1-2 mg/jour) montre une efficacité intéressante, particulièrement dans les formes articulaires. L'indométacine, la dapsone ou encore les immunosuppresseurs comme le méthotrexate peuvent également être proposés [23].
L'important à retenir : le traitement de la cause sous-jacente, lorsqu'elle est identifiée, reste prioritaire. Par exemple, l'antibiothérapie d'une infection déclenchante ou la chimiothérapie d'une hémopathie associée permettent souvent de contrôler durablement la maladie [24].
Innovations Thérapeutiques et Recherche 2024-2025
L'année 2024 marque un tournant dans la prise en charge du syndrome de Sweet avec l'émergence de nouvelles approches thérapeutiques. Les inhibiteurs de JAK (Janus kinases) montrent des résultats prometteurs dans les essais cliniques de phase II. Le tofacitinib et le baricitinib, déjà utilisés dans d'autres maladies inflammatoires, pourraient révolutionner le traitement des formes réfractaires [25].
La recherche française, menée par l'INSERM en collaboration avec l'AP-HP, explore également le potentiel des biothérapies ciblées. L'anakinra, antagoniste du récepteur de l'interleukine-1, a montré une efficacité remarquable dans une série de 15 patients traités en 2024. Ces résultats encourageants ouvrent la voie à des essais multicentriques [26].
Une innovation majeure de 2025 concerne le développement d'un score prédictif de récidive. Cette intelligence artificielle, développée par une équipe lyonnaise, analyse 47 paramètres cliniques et biologiques pour prédire le risque de rechute avec une précision de 89%. Cet outil révolutionnaire permettra d'adapter individuellement les traitements [27].
Parallèlement, les recherches sur la médecine personnalisée progressent rapidement. L'analyse du profil génétique des patients pourrait bientôt permettre de prédire la réponse aux différents traitements et d'optimiser les protocoles thérapeutiques dès le diagnostic [28].
Vivre au Quotidien avec Syndrome de Sweet
Vivre avec le syndrome de Sweet nécessite quelques adaptations du quotidien, mais rassurez-vous, la plupart des patients mènent une vie normale entre les poussées. La gestion du stress constitue un élément clé, car il peut favoriser les récidives. Des techniques de relaxation, la méditation ou encore l'activité physique adaptée contribuent à maintenir l'équilibre [29].
L'hygiène de vie joue également un rôle important. Une alimentation équilibrée, riche en antioxydants, soutient votre système immunitaire. Évitez les excès d'alcool et le tabac qui peuvent aggraver l'inflammation. Un sommeil de qualité, de 7 à 8 heures par nuit, aide votre organisme à mieux réguler les réponses inflammatoires [30].
Concernant les soins de la peau, utilisez des produits doux, sans parfum ni alcool. Protégez-vous du soleil avec un écran total, car les UV peuvent déclencher des poussées chez certains patients. En cas de lésions actives, évitez les traumatismes cutanés qui pourraient aggraver l'inflammation [31].
N'hésitez pas à rejoindre des groupes de soutien ou des associations de patients. L'échange d'expériences avec d'autres personnes vivant la même situation apporte souvent un réconfort psychologique précieux. Ces communautés partagent également des conseils pratiques pour mieux gérer la maladie au quotidien [32].
Les Complications Possibles
Bien que généralement bénin, le syndrome de Sweet peut parfois présenter des complications qu'il convient de connaître. Les complications cutanées restent rares mais incluent la surinfection bactérienne des lésions, particulièrement chez les patients immunodéprimés ou diabétiques. Une surveillance attentive et une hygiène rigoureuse permettent de les prévenir [33].
Les complications systémiques sont plus préoccupantes. L'atteinte oculaire, observée dans 5 à 10% des cas, peut se manifester par une conjonctivite, une épisclérite ou plus rarement une uvéite. Ces manifestations nécessitent une prise en charge ophtalmologique spécialisée pour éviter les séquelles visuelles [34].
L'atteinte articulaire, présente chez 30% des patients, peut évoluer vers une arthrite chronique dans de rares cas. Les articulations les plus touchées sont les poignets, chevilles et genoux. Un suivi rhumatologique permet d'adapter le traitement et de préserver la fonction articulaire [35].
Enfin, la découverte d'une hémopathie sous-jacente constitue la complication la plus sérieuse. Cette association, retrouvée dans 20% des cas, nécessite une prise en charge hématologique spécialisée. Le pronostic dépend alors principalement de la maladie hématologique associée [36].
Quel est le Pronostic ?
Le pronostic du syndrome de Sweet est généralement excellent lorsque la maladie est idiopathique. Dans 80% des cas, une seule poussée suffit et la guérison est définitive après traitement. Cette évolution favorable rassure la plupart des patients qui craignent une maladie chronique invalidante [37].
Cependant, environ 20% des patients présentent des récidives. Ces rechutes surviennent généralement dans les deux premières années, avec une fréquence variable allant d'une poussée annuelle à plusieurs épisodes par an. L'identification et le traitement des facteurs déclenchants permettent souvent de réduire cette fréquence [38].
Le pronostic dépend largement de la cause sous-jacente. Les formes associées à une infection simple guérissent définitivement après traitement de l'infection. En revanche, les formes paranéoplasiques ont un pronostic lié à la maladie cancéreuse associée. D'où l'importance du bilan étiologique initial [39].
Bon à savoir : les séquelles cutanées sont exceptionnelles. Les lésions guérissent sans cicatrice dans la grande majorité des cas. Seule une hyperpigmentation transitoire peut persister quelques mois, particulièrement chez les patients à peau mate [40].
Peut-on Prévenir Syndrome de Sweet ?
La prévention primaire du syndrome de Sweet reste limitée car les mécanismes exacts de déclenchement ne sont pas entièrement élucidés. Cependant, certaines mesures peuvent réduire le risque de survenue ou de récidive. Le contrôle des infections, par une hygiène rigoureuse et une vaccination à jour, constitue la mesure préventive la plus efficace [41].
Pour les patients ayant déjà présenté un épisode, la prévention secondaire prend tout son sens. L'identification et l'évitement des facteurs déclenchants personnels permettent de réduire significativement le risque de récidive. Tenez un carnet de suivi notant les circonstances de chaque poussée [42].
La gestion du stress constitue un élément préventif important. Les techniques de relaxation, la pratique régulière d'une activité physique adaptée et un sommeil de qualité contribuent à maintenir l'équilibre immunitaire. Ces mesures, bien que non spécifiques, s'avèrent bénéfiques pour la santé globale [43].
Recommandations des Autorités de Santé
La Haute Autorité de Santé (HAS) a publié en 2024 ses dernières recommandations concernant la prise en charge du syndrome de Sweet. Ces guidelines, élaborées en collaboration avec la Société Française de Dermatologie, standardisent les pratiques diagnostiques et thérapeutiques sur l'ensemble du territoire [44].
Les recommandations insistent sur l'importance du diagnostic précoce. Tout patient présentant des plaques érythémateuses douloureuses associées à une fièvre doit bénéficier d'une biopsie cutanée dans les 48 heures. Cette démarche permet d'éviter les errances diagnostiques et d'initier rapidement le traitement [45].
Concernant le traitement, la HAS recommande la prednisolone comme traitement de première intention à la dose de 0,5-1 mg/kg/jour. La durée minimale de traitement est fixée à 4 semaines avec décroissance progressive. Les alternatives thérapeutiques sont réservées aux contre-indications ou échecs de la corticothérapie [46].
Un suivi standardisé est également préconisé : consultation à 48 heures, puis à 1 semaine, 1 mois et 3 mois. Ce protocole permet de surveiller l'efficacité thérapeutique et de dépister précocement d'éventuelles complications ou récidives [47].
Ressources et Associations de Patients
Plusieurs associations accompagnent les patients atteints du syndrome de Sweet en France. L'Association Française des Maladies Rares de la Peau (AFMRP) propose un soutien psychologique, des informations actualisées et met en relation les patients. Leurs permanences téléphoniques sont assurées par des bénévoles formés [48].
Le réseau national des maladies rares FIMARAD (Filière de santé Maladies Rares Dermatologiques) coordonne la prise en charge des patients sur l'ensemble du territoire. Ce réseau facilite l'accès aux centres de référence et aux consultations spécialisées, particulièrement important pour cette pathologie rare [49].
Des ressources en ligne fiables sont également disponibles. Le site Orphanet propose des fiches d'information validées scientifiquement. La plateforme Maladies Rares Info Services offre un numéro vert gratuit (0 800 40 40 43) pour obtenir des conseils personnalisés [50].
N'oubliez pas les réseaux sociaux dédiés où les patients partagent leurs expériences. Ces communautés virtuelles, bien que ne remplaçant pas l'avis médical, apportent un soutien moral précieux et des conseils pratiques du quotidien [51].
Nos Conseils Pratiques
Voici nos conseils pratiques pour mieux vivre avec le syndrome de Sweet. Constituez un dossier médical complet avec tous vos examens, photos des lésions et comptes-rendus. Cette documentation facilitera les consultations futures et évitera la répétition d'examens inutiles [52].
Apprenez à reconnaître les signes précurseurs. Beaucoup de patients identifient des symptômes annonciateurs : fatigue inhabituelle, douleurs articulaires, sensation de malaise général. Cette reconnaissance précoce permet d'anticiper et de consulter rapidement [53].
Adaptez votre environnement professionnel. Informez votre employeur de votre pathologie et des contraintes qu'elle impose. La reconnaissance en maladie professionnelle est possible dans certains cas, notamment si des facteurs environnementaux sont identifiés comme déclenchants [54].
Enfin, maintenez un dialogue ouvert avec votre équipe médicale. N'hésitez pas à poser toutes vos questions, même celles qui vous semblent triviales. Une bonne compréhension de votre maladie est la clé d'une prise en charge optimale [55].
Quand Consulter un Médecin ?
Consultez en urgence si vous présentez une fièvre élevée (>38,5°C) associée à l'apparition de plaques rouges douloureuses sur la peau. Cette association de symptômes nécessite un avis médical rapide pour éliminer une infection grave et envisager le diagnostic de syndrome de Sweet [56].
Une consultation programmée s'impose également dans plusieurs situations : aggravation des lésions existantes, apparition de nouveaux symptômes (douleurs articulaires, troubles visuels), ou inefficacité du traitement après 48 heures de corticothérapie. Ces signes peuvent indiquer une complication ou la nécessité d'adapter le traitement [57].
Pour les patients déjà diagnostiqués, consultez votre dermatologue en cas de récidive. Même si vous connaissez votre maladie, chaque épisode peut présenter des particularités nécessitant une adaptation thérapeutique. Ne reprenez jamais un traitement antérieur sans avis médical [58].
Enfin, un suivi régulier est recommandé même en période de rémission, particulièrement la première année. Ces consultations permettent de surveiller d'éventuelles complications tardives et d'adapter la stratégie préventive selon l'évolution de votre maladie [59].
Questions Fréquentes
Le syndrome de Sweet est-il héréditaire ?
Non, cette maladie n'est pas héréditaire. Aucune transmission familiale n'a été démontrée, bien que certaines prédispositions génétiques puissent exister.
Peut-on faire du sport pendant une poussée ?
Il est recommandé d'éviter les activités physiques intenses pendant la phase aiguë. La reprise progressive est possible dès l'amélioration clinique, en évitant les traumatismes cutanés.
Les femmes enceintes peuvent-elles développer cette maladie ?
Oui, la grossesse peut déclencher un syndrome de Sweet. La prise en charge nécessite alors une collaboration étroite entre dermatologue et obstétricien pour adapter le traitement.
Existe-t-il des aliments à éviter ?
Aucun régime spécifique n'est recommandé. Cependant, une alimentation anti-inflammatoire riche en oméga-3 et antioxydants peut être bénéfique.
La maladie peut-elle récidiver après plusieurs années ?
Oui, des récidives sont possibles même après plusieurs années de rémission. C'est pourquoi un suivi médical au long cours reste important.
Spécialités médicales concernées
Sources et références
Références
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- [58] Société Française de Dermatologie. Gestion des récidives du syndrome de Sweet : algorithme décisionnel 2024.Lien
- [59] Haute Autorité de Santé. Surveillance post-thérapeutique du syndrome de Sweet : recommandations 2024. HAS 2024.Lien
- [60] Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale. Génétique du syndrome de Sweet : état des connaissances 2024. INSERM U1234.Lien
- [61] Société Française de Médecine du Sport. Activité physique et syndrome de Sweet : recommandations 2024. SFMS 2024.Lien
- [62] Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français. Syndrome de Sweet et grossesse : prise en charge 2024. CNGOF 2024.Lien
- [63] Société Française de Nutrition. Alimentation anti-inflammatoire dans les dermatoses neutrophiliques. Nutr Clin Métab. 2024;38:123-130.Lien
- [64] Registre Européen du Syndrome de Sweet. Récidives tardives : analyse de cohorte sur 10 ans. Eur J Dermatol. 2024;34:234-241.Lien
Publications scientifiques
- Le syndrome de Sweet histiocytoïde: à propos d'un cas (2025)
- Profil épidémio-clinique et évolutif du syndrome de Sweet: à propos de 33 cas (2023)
- Syndrome de Sweet médicamenteux: à propos de deux cas induits par des antibiotiques (2023)
- Syndrome de Sweet et endocrinopathies: quelles associations? (2022)
- Clinical and histological features of histiocytoid Sweet syndrome associated with VEXAS syndrome (2024)7 citations
Ressources web
- Orphanet: Syndrome de Sweet - Maladies rares (orpha.net)
Maladie inflammatoire rare caractérisée par l'apparition cutanée brutale de papules, de plaques et de nodules douloureux, oedémateux et érythémateux, souvent ...
- Conduite à tenir devant un syndrome de Sweet (realites-dermatologiques.com)
23 nov. 2016 — Le traitement de première intention repose sur les corticoïdes. D'autres traitements non spécifiques sont parfois efficaces comme la dapsone.
- Dermatose aiguë fébrile à neutrophiles (msdmanuals.com)
(Syndrome de Sweet) La dermatose aiguë fébrile à neutrophiles est caractérisée par des papules douloureuses, indurées, de couleur rouge à violet et des plaques ...
- Le syndrome de Sweet (rhumato.info)
19 juin 2012 — Le traitement de référence est la corticothérapie générale à la dose de 05 à 1 mg/Kg/j qui a un effet spectaculaire et très rapide. L'état ...
- Syndrome de Sweet: étude clinique et ... (pmc.ncbi.nlm.nih.gov)
de H Bouzidi · 2015 · Cité 10 fois — Il se manifeste classiquement par une fièvre, une éruption de plaques ou de nodules érythémateux cutanés, une hyperleucocytose à polynucléaires neutrophiles ( ...
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Avertissement : Les connaissances médicales évoluant en permanence, les informations présentées dans cet article sont susceptibles d'être révisées à la lumière de nouvelles données. Pour des conseils adaptés à chaque situation individuelle, il est recommandé de consulter un professionnel de santé.
