Syndrome de Rubinstein-Taybi : signes, diagnostic, soins et suivi

Le syndrome de Rubinstein-Taybi est un syndrome génétique qui peut affecter la croissance, le développement intellectuel et plusieurs organes. [1] Il associe typiquement des traits particuliers du visage, des pouces et des gros orteils larges, souvent inclinés, une petite taille et un degré variable de déficience intellectuelle. [1] La présentation varie toutefois beaucoup d’une personne à l’autre, notamment selon le gène concerné, et la présence d’un signe isolé ne suffit pas à poser le diagnostic. [1]
Quels sont les signes caractéristiques ?
Le syndrome est souvent reconnu à la naissance ou pendant la petite enfance en raison de l’association entre l’apparence du visage et les particularités des mains et des pieds. [1] Les traits décrits comprennent notamment des fentes palpébrales orientées vers le bas, une arête nasale convexe, une columelle basse, un palais haut et un sourire particulier. [1] Les pouces et les gros orteils sont presque toujours larges et peuvent être inclinés ou partiellement dupliqués. [1] La croissance avant la naissance est souvent normale, puis les courbes de taille, de poids et de périmètre crânien peuvent diminuer rapidement au cours des premiers mois de vie. [1] Une petite taille est habituelle à l’âge adulte, tandis qu’un surpoids ou une obésité peut apparaître pendant l’adolescence ou à l’âge adulte. [1]
Le retard du développement est fréquent et peut concerner la motricité, le langage, les apprentissages et l’autonomie. [1] Le développement intellectuel est très variable, et certaines personnes ayant une forme liée à EP300 ont une intelligence normale. [1] Des difficultés d’attention, de l’anxiété, des comportements répétitifs, des traits autistiques ou des comportements auto-agressifs peuvent également être observés. [1]
Quels autres organes peuvent être concernés ?
Pendant la petite enfance, des difficultés d’alimentation, une prise de poids insuffisante, un reflux gastro-œsophagien, une constipation importante, des infections répétées ou des difficultés respiratoires peuvent survenir. [1] Les atteintes oculaires possibles comprennent notamment le strabisme, les troubles de la réfraction, la chute d’une paupière, la cataracte, le glaucome et certaines anomalies de la cornée ou de la rétine. [1] Une perte auditive peut être liée à des maladies répétées de l’oreille moyenne ou, plus rarement, à une atteinte neurosensorielle. [1] Un syndrome d’apnées obstructives du sommeil peut être favorisé par l’anatomie du palais et de la mâchoire, une diminution du tonus musculaire, l’obésité ou une plus grande souplesse des parois du larynx. [1]
Des malformations cardiaques congénitales et des anomalies rénales ou urinaires font partie des atteintes possibles. [1] Chez les garçons, les testicules non descendus sont fréquents. [1] Les complications orthopédiques peuvent concerner les pouces, les gros orteils, les articulations, les genoux, la colonne vertébrale et la mobilité. [1] Des convulsions, des anomalies du corps calleux ou d’autres malformations neurologiques ont également été rapportées, sans être présentes chez toutes les personnes concernées. [1] Les soins dentaires tiennent compte notamment du mauvais alignement des dents, des caries, d’un nombre inhabituel de dents et des cuspides en griffe, qui sont des reliefs supplémentaires sur certaines dents. [1]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic repose d’abord sur l’ensemble des caractéristiques cliniques, en particulier les traits du visage, les anomalies des pouces et des gros orteils, la croissance et le développement. [1] Une analyse génétique identifiant une anomalie pathogène hétérozygote de CREBBP ou d’EP300 peut confirmer le diagnostic, notamment lorsque les signes cliniques ne permettent pas de conclure. [1] Selon la présentation, l’analyse peut rechercher ces gènes au sein d’un panel, étudier les pertes ou gains de matériel chromosomique, ou recourir à une analyse plus large comme le séquençage de l’exome ou du génome. [1] Un variant génétique classé de signification incertaine ne confirme pas le syndrome et ne permet pas non plus de l’exclure. [1]
Des pouces ou des gros orteils larges peuvent aussi se rencontrer dans d’autres syndromes génétiques, dont certains syndromes avec craniosynostose, ce qui impose d’interpréter ce signe avec les autres caractéristiques. [1] Certaines anomalies très particulières de CREBBP ou d’EP300 provoquent le syndrome de Menke-Hennekam, considéré comme distinct du syndrome de Rubinstein-Taybi et ne présentant pas ses signes typiques du visage, des pouces et des gros orteils. [1]
Comment le syndrome se transmet-il ?
Le syndrome de Rubinstein-Taybi suit un mode de transmission autosomique dominant, ce qui signifie qu’une seule copie pathogène du gène concerné peut être à l’origine du syndrome. [1] Dans la majorité des cas, l’anomalie génétique apparaît de novo, c’est-à-dire qu’elle survient chez la personne atteinte sans avoir été héritée d’un parent. [1] Plus rarement, l’anomalie est héritée d’un parent lui-même porteur sous une forme hétérozygote ou mosaïque. [1] Chaque enfant d’une personne atteinte porteuse du variant responsable a une probabilité de 50 % d’hériter de ce variant. [1] Lorsque le variant familial a été identifié, un diagnostic prénatal ou préimplantatoire peut être envisagé dans le cadre d’un conseil génétique. [1]
Quels sont les principes des soins ?
Selon la mise à jour de GeneReviews publiée en novembre 2023, il n’existait pas de traitement guérissant le syndrome de Rubinstein-Taybi. [1] La prise en charge est donc personnalisée et multidisciplinaire afin d’améliorer la qualité de vie, de développer les capacités et de réduire les complications. [1] Une évaluation du développement moteur, cognitif, adaptatif et du langage aide à déterminer les besoins en accompagnement précoce, en rééducation, en soutien éducatif et en aides à l’autonomie. [1] Les difficultés d’alimentation peuvent nécessiter une évaluation de la déglutition, un accompagnement nutritionnel et, dans les formes persistantes ou associées à un risque d’inhalation, une alimentation par sonde. [1] Le reflux gastro-œsophagien et la constipation font l’objet d’une prise en charge adaptée, tandis que les atteintes oculaires, auditives, cardiaques, respiratoires, rénales, urinaires et dentaires reçoivent les traitements habituellement utilisés pour chacune d’elles. [1] Une correction chirurgicale peut être discutée pour des pouces très inclinés ou des gros orteils dupliqués, en tenant compte de la fonction et du risque de récidive de la déviation. [1]
Quel suivi est recommandé ?
Le suivi porte sur la croissance et l’alimentation, avec une attention particulière pendant la première année de vie. [1] Une évaluation annuelle de la vision et de l’audition est recommandée. [1] Une surveillance régulière recherche ou réévalue les anomalies cardiaques, rénales et dentaires. [1] Après le diagnostic, l’évaluation initiale peut aussi concerner le développement, le comportement, l’appareil locomoteur, la nutrition, les yeux, l’audition, le cœur, la respiration, les reins, les voies urinaires et la dentition. [1] En présence de ronflements, d’une posture inhabituelle pendant le sommeil, de réveils nocturnes ou d’une somnolence diurne excessive, une exploration du sommeil peut être indiquée pour rechercher des apnées obstructives. [1] Le suivi doit évoluer avec l’âge, les manifestations présentes et les besoins de la personne, notamment en matière de mobilité, de communication, de comportement et d’autonomie. [1]
Quelle est l’évolution à l’âge adulte ?
Plus de 90 % des personnes atteintes atteignent l’âge adulte, mais la durée de vie globale associée au syndrome reste mal connue. [1] Chez certains adultes, les proches rapportent avec le temps une diminution des interactions sociales, du langage, de l’endurance ou de la mobilité, ce qui justifie de réévaluer les besoins fonctionnels au cours du suivi. [1]
Sources et références
[1] Rubinstein-Taybi Syndrome - GeneReviews® - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation
- Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
- Peut être remboursée selon conditions *
* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.
Téléconsultation : préparer votre rendez-vous
Une consultation à distance peut être envisagée avec votre médecin. Il détermine si elle convient à votre situation ou si un examen en présence est nécessaire.
Avant le rendez-vous
- Notez le motif de consultation, les symptômes et leur durée.
- Préparez la liste de vos traitements, vos allergies connues et les comptes rendus ou résultats déjà disponibles.
- Installez-vous dans un endroit calme et confidentiel, avec une connexion et un appareil permettant la vidéo.
Organiser la suite
Contactez votre médecin habituel ou le professionnel qui vous suit pour organiser la consultation. Selon votre situation, une consultation en présence pourra être nécessaire.
En cas d’urgence médicale, appelez le 15 ou le 112 ; n’attendez pas une téléconsultation.
Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.