Syndrome de renutrition : risques, signes et prévention

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Le syndrome de renutrition est un ensemble de complications métaboliques provoquées par les déplacements de liquides et d’électrolytes qui peuvent suivre une reprise nutritionnelle trop rapide après une période prolongée de jeûne ou de dénutrition. [5] Il peut survenir lors d’une alimentation par la bouche, par sonde digestive ou par voie intraveineuse et peut entraîner des atteintes cardiaques, respiratoires, neurologiques ou sanguines. [4] [5] [6] Ce syndrome peut être grave, mais son risque peut être repéré avant la renutrition afin d’organiser une reprise progressive et une surveillance adaptée. [4] [5]
Que se passe-t-il lors de la reprise de l’alimentation ?
Pendant une privation nutritionnelle prolongée, les réserves de vitamines et de certains électrolytes intracellulaires s’épuisent alors que l’organisme modifie son utilisation des sources d’énergie. [5] La reprise des apports en glucides augmente la glycémie puis la sécrétion d’insuline, ce qui fait entrer notamment le phosphate et le potassium dans les cellules. [5] [7] Le taux sanguin de phosphate peut alors chuter, tandis que des baisses du potassium et du magnésium ainsi qu’un déficit en vitamine B1, appelée thiamine, peuvent également participer au syndrome. [5] L’hypophosphatémie, c’est-à-dire un taux sanguin de phosphate trop bas, est une anomalie caractéristique, mais elle ne suffit pas toujours à prouver à elle seule un syndrome de renutrition. [5] [7]
Quelles personnes présentent un risque élevé ?
Le risque concerne surtout les personnes dénutries, ayant très peu mangé pendant plusieurs jours ou ayant perdu involontairement beaucoup de poids. [4] Selon les critères du NICE, un risque élevé est notamment retenu en présence d’un indice de masse corporelle inférieur à 16 kg/m², d’une perte de poids involontaire supérieure à 15 % en trois à six mois, d’apports presque nuls pendant plus de dix jours, ou d’un taux bas de potassium, de phosphate ou de magnésium avant la renutrition. [4] Le risque est également considéré comme élevé lorsqu’au moins deux éléments sont associés parmi un indice de masse corporelle inférieur à 18,5 kg/m², une perte de poids involontaire supérieure à 10 % en trois à six mois, des apports presque nuls pendant plus de cinq jours, ou des antécédents d’abus d’alcool ou de prise de certains médicaments tels que l’insuline, une chimiothérapie, des antiacides ou des diurétiques. [4] Les troubles des conduites alimentaires, l’alcoolisme chronique, les maladies entraînant une malabsorption, certaines maladies cancéreuses, le diabète mal contrôlé, l’insuffisance rénale et certaines situations postopératoires font partie des contextes dans lesquels le syndrome a été décrit. [5] Ces éléments servent à repérer une vulnérabilité avant la reprise alimentaire et ne signifient pas qu’un syndrome est déjà constitué. [4] [5]
Quels signes et complications peuvent apparaître ?
Les manifestations sont variables et dépendent de la nature et de l’importance des déséquilibres métaboliques. [5] Des nausées, des vomissements, une diarrhée, une constipation, une fatigue, une faiblesse musculaire ou des contractions musculaires peuvent survenir. [5] Les atteintes cardiovasculaires rapportées comprennent une accélération ou un ralentissement du cœur, des troubles du rythme, une baisse de la tension artérielle, une insuffisance cardiaque et, dans les formes les plus graves, un arrêt cardiaque. [5] Une faiblesse des muscles respiratoires, une respiration insuffisante, un œdème pulmonaire ou une insuffisance respiratoire aiguë sont également possibles. [5] Les manifestations neurologiques liées aux déficits en magnésium ou en thiamine peuvent inclure des fourmillements, des troubles de l’équilibre, des convulsions, une confusion, des troubles de la mémoire ou des anomalies des mouvements des yeux. [5] L’absence de symptômes évidents n’exclut pas un déséquilibre biologique débutant, notamment lorsque les anomalies des électrolytes sont encore modérées. [5]
Comment le syndrome est-il évalué ?
L’évaluation tient compte de l’état nutritionnel avant la reprise des apports, de la perte de poids, de la durée de réduction alimentaire, des maladies associées, des médicaments et de l’examen clinique. [4] [5] Des analyses sanguines mesurent notamment le phosphate, le potassium et le magnésium avant la renutrition puis au cours de celle-ci chez les personnes à risque. [4] [5] Une définition proposée par le consensus américain ASPEN classe la gravité selon l’ampleur de la baisse du phosphate, du potassium ou du magnésium après la réintroduction des calories, ainsi que selon la présence d’une atteinte d’organe ou d’un déficit sévère en thiamine. [5] Ces modifications sont recherchées dans les cinq jours suivant la reprise des apports, mais les définitions diagnostiques ne sont pas uniformes entre les études et les recommandations. [5] [7] D’autres maladies aiguës peuvent aussi modifier les électrolytes, de sorte que les résultats biologiques doivent être interprétés avec l’état clinique et le contexte de la renutrition. [5] [7]
Comment prévenir et prendre en charge le syndrome ?
Une personne présentant un risque élevé doit être prise en charge par des professionnels formés à la nutrition clinique. [4] La prévention repose sur une reprise prudente et progressive des apports plutôt que sur un retour immédiat aux besoins nutritionnels complets. [4] Le plan tient compte de l’ensemble des apports provenant des aliments, des boissons, des compléments nutritionnels, de la nutrition par sonde et des perfusions. [4] Chez les personnes à haut risque, la recommandation NICE prévoit également la restauration du volume circulant, une surveillance étroite de l’équilibre hydrique et de l’état clinique, ainsi qu’un apport encadré de thiamine, de vitamines et des électrolytes nécessaires. [4] La surveillance peut comprendre les apports reçus, le poids, l’équilibre entre les liquides administrés et éliminés, la tension artérielle, la glycémie, la fonction rénale et les concentrations de potassium, de phosphate et de magnésium. [4] Un contrôle continu du rythme cardiaque est recommandé par le NICE dans certaines situations extrêmes ou lorsqu’un trouble du rythme est déjà présent ou apparaît pendant la renutrition. [4] Les modalités de nutrition et les corrections biologiques sont ajustées à l’évolution clinique et aux résultats des analyses plutôt que décidées par la personne seule. [4]
Quand demander une aide médicale urgente ?
Pendant une renutrition, une confusion apparue brutalement nécessite une aide médicale immédiate, car ses causes possibles doivent être évaluées rapidement et peuvent engager le pronostic vital. [3] Appelez immédiatement le 15 ou le 112 si une difficulté respiratoire s’accompagne d’une respiration très rapide, d’un creusement entre les côtes, d’une impossibilité à terminer ses phrases, de lèvres bleutées, de sueurs, d’un malaise ou de troubles de la vigilance. [2] Une douleur thoracique associée à plusieurs signes inquiétants, tels qu’un essoufflement, des sueurs, des nausées, des vertiges, des palpitations, une faiblesse inhabituelle ou une perte de connaissance, justifie également d’appeler le 15 ou le 112. [1] Ces symptômes ne permettent pas d’identifier soi-même un syndrome de renutrition et peuvent avoir d’autres causes urgentes. [1] [2] [3] [5]
Une personne ayant très peu mangé pendant plusieurs jours, ayant beaucoup maigri ou étant déjà dénutrie doit signaler cette situation à l’équipe soignante avant une augmentation importante de ses apports. [4] La reprise de l’alimentation reste nécessaire pour traiter la dénutrition, mais elle doit être planifiée et surveillée lorsqu’un risque de syndrome de renutrition a été identifié. [4]
Sources et références
[1] Reconnaître une douleur thoracique qui nécessite des soins urgents | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11
[2] Je suis brutalement essoufflé et j'ai du mal à respirer : que faire ? | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11
[3] Sudden confusion (delirium) - NHS
NHS · Consulté le 2026-09-11
[4] Recommendations | Nutrition support for adults: oral nutrition support, enteral tube feeding and parenteral nutrition | Guidance | NICE
www.nice.org.uk · Consulté le 2026-09-11
[5] Refeeding Syndrome - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
[6] Meta‐Analysis of Refeeding Syndrome in Predicting the Risk of Occurrence in Critically Ill Patients
www.ebi.ac.uk · Version : 2026-02-18 · Consulté le 2026-09-16
[7] Incidence and mortality of refeeding syndrome in critically ill patients: a systematic review and meta-analysis
www.ebi.ac.uk · Version : 2026-02-25 · Consulté le 2026-09-16
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