Suette miliaire : une maladie épidémique historique à la cause inconnue

La suette miliaire est le nom français d’une maladie épidémique historique également appelée suette de Picardie, fièvre miliaire ou Picardy sweat. [2] Elle est surtout décrite en France à partir de 1718, mais des épisodes ont aussi été rapportés en Allemagne, en Belgique, en Autriche, en Suisse et en Italie. [2] Sa cause n’a jamais été démontrée et les rapprochements avec des infections connues, notamment celles dues aux hantavirus, restent des hypothèses. [2]
Une maladie distincte de la suette anglaise
La suette miliaire ne doit pas être confondue avec la suette anglaise, ou English sweating sickness, qui a provoqué plusieurs grandes épidémies aux XVe et XVIe siècles. [2] La suette de Picardie est apparue beaucoup plus tard et a généralement été décrite comme une affection moins mortelle. [2] La revue historique examinée la présente néanmoins comme la maladie ressemblant le plus à la suette anglaise et rapporte que ces deux affections ont parfois été considérées comme étant de même nature. [2] Cette ressemblance historique ne prouve toutefois ni une cause commune ni une équivalence entre les deux maladies. [2]
Comment les épidémies de suette miliaire étaient-elles décrites ?
La manifestation caractéristique rapportée était une transpiration intense. [2] Les épisodes étaient généralement localisés, de courte durée et observés en été. [2] La maladie concernait principalement les campagnes et de petits villages plutôt que les villes. [2] Lors d’un épisode étudié autour de Rouillac, les visites prolongées de personnes malades dans la ville n’ont pas été suivies de cas urbains, une observation qui ne soutenait pas une transmission directe entre humains. [2]
Deux formes ont été décrites dans les récits historiques : une forme bénigne ressemblant à la néphropathie épidémique et une forme grave rapprochée de la suette anglaise. [2] La mortalité rapportée pendant l’épidémie de Rouillac variait de 0 à 20 %, mais ce chiffre local ne permet pas d’estimer la gravité de tous les épisodes attribués à la suette miliaire. [2]
Que sait-on de la cause de la suette miliaire ?
Aucun agent responsable de la suette miliaire n’a été identifié. [2] Certaines observations anciennes associaient les épisodes à des inondations, à l’entrée de rongeurs dans les habitations et au fait de dormir près du sol. [2] Ces éléments ont conduit à envisager une maladie transmise par des animaux ou leurs parasites, sans permettre d’identifier le mode de transmission. [2] L’hypothèse d’un hantavirus repose notamment sur la ressemblance avec certaines infections actuelles, sur le caractère rural des épisodes et sur leur association possible avec des fluctuations de populations de petits mammifères. [2] Les auteurs soulignent cependant que ces arguments sont circonstanciels et insuffisants pour attribuer la suette miliaire à un hantavirus. [2]
La suette miliaire existe-t-elle encore aujourd’hui ?
La revue recense 196 épisodes historiques et indique que la plupart se sont produits entre le XVIIIe et le XIXe siècle, tout en signalant quelques mentions plus tardives. [2] La mention la plus récente relevée par cette revue provient de la France occupée pendant la Seconde Guerre mondiale. [2] Les données disponibles ne fournissent ni agent causal confirmé ni critères diagnostiques actuels permettant à une personne d’identifier elle-même une suette miliaire. [2] Les traitements anciens rapportés dans les récits historiques ne démontrent donc pas l’existence d’un traitement recommandé aujourd’hui. [2]
Que faire en présence de symptômes actuels ?
Si une personne présente aujourd’hui un essoufflement apparu récemment, celui-ci nécessite toujours un avis médical, indépendamment de l’ancienne appellation de suette miliaire. [1] [2] En France, il faut appeler immédiatement le 15 ou le 112 lorsque la personne respire très rapidement, lutte pour respirer, ne peut pas terminer ses phrases, présente des lèvres bleutées ou souffre de troubles de la vigilance. [1] En l’absence de signe de détresse respiratoire, une personne essoufflée doit consulter un médecin dans la journée et demander un nouvel avis en cas d’aggravation. [1] Ces consignes concernent l’essoufflement actuel et ne permettent pas de conclure qu’une personne présente une suette miliaire. [1] [2]
Sources et références
[1] Je suis brutalement essoufflé et j'ai du mal à respirer : que faire ? | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11
[2] Were the English Sweating Sickness and the Picardy Sweat Caused by Hantaviruses?
www.ebi.ac.uk · Version : 2014-01-07 · Consulté le 2026-09-16
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