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Schizophrénie de l’enfance : signes, diagnostic et prise en charge

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Pédopsychiatrie par ville

La schizophrénie de l’enfance est une maladie psychiatrique chronique qui perturbe les perceptions, la pensée, les émotions, les relations sociales et le fonctionnement quotidien. [1] [2] On parle de schizophrénie à début dans l’enfance lorsque la psychose apparaît avant 13 ans, tandis qu’un début avant 18 ans est qualifié de précoce. [2] Cette maladie est rare chez l’enfant et débute beaucoup plus souvent entre le milieu de l’adolescence et l’âge adulte. [1] [2] Des hallucinations, des convictions inhabituelles ou un repli ne suffisent pas à poser soi-même ce diagnostic, car d’autres troubles psychiatriques, maladies ou substances peuvent provoquer des manifestations proches. [1] [2]

Quels signes peuvent évoquer une schizophrénie chez l’enfant ?

Les manifestations possibles comprennent des hallucinations, des idées délirantes, une pensée ou une parole désorganisée, des comportements désorganisés et des perturbations émotionnelles. [2] Une hallucination correspond à une perception sans objet extérieur, tandis qu’une idée délirante est une croyance fausse reposant généralement sur une interprétation erronée des perceptions ou des expériences. [1] L’enfant ou l’adolescent peut notamment craindre que d’autres personnes veuillent lui faire du mal ou contrôler ses pensées. [1] Chez l’enfant, les hallucinations sont souvent auditives, mais elles peuvent également être visuelles ou tactiles. [2] Les hallucinations et les idées délirantes peuvent être moins élaborées que chez l’adulte, ce qui rend leur interprétation plus difficile. [2]

Le début est souvent progressif, avec un repli social, des émotions inhabituelles, des difficultés dans les relations ou à l’école et une détérioration du fonctionnement antérieur. [1] [2] Les formes commençant pendant l’enfance tendent à présenter des symptômes plus sévères et davantage de troubles de la réflexion que celles débutant plus tard. [1] [2] Des difficultés sociales antérieures, des anomalies du développement, une déficience intellectuelle ou des anomalies motrices sont plus fréquemment associées aux formes très précoces, sans être à elles seules des preuves de schizophrénie. [2]

Pourquoi cette maladie apparaît-elle ?

La cause exacte de la schizophrénie n’est pas connue. [1] Les connaissances actuelles évoquent l’interaction de plusieurs facteurs génétiques, environnementaux et liés au développement du cerveau, plutôt qu’une cause unique. [1] [2] Une prédisposition familiale peut exister, mais la maladie n’est pas causée par une défaillance de l’éducation parentale. [1] La consommation de produits contenant du cannabis à l’adolescence est associée à un risque accru de troubles psychotiques, dont la schizophrénie. [1] [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Il n’existe pas d’examen biologique ou d’imagerie qui permette, à lui seul, de diagnostiquer une schizophrénie. [1] Le diagnostic repose sur une évaluation psychiatrique complète des symptômes, de leur durée et de leurs conséquences sur la vie sociale, scolaire et quotidienne. [1] [2] Les critères diagnostiques décrits exigent plusieurs symptômes caractéristiques, dont au moins une idée délirante, une hallucination ou une parole désorganisée, ainsi que des signes continus de la maladie pendant au moins six mois. [2] Un déclin net du fonctionnement ou l’impossibilité d’atteindre le niveau de fonctionnement attendu fait également partie de l’évaluation. [2]

L’évaluation associe les entretiens avec l’enfant et sa famille, l’étude des antécédents médicaux et le suivi de l’évolution dans le temps. [2] Elle recherche aussi un risque de passage à l’acte contre soi-même ou autrui, une consommation de substances, des difficultés du développement et les répercussions scolaires ou sociales. [3] Des examens médicaux sont réalisés selon la situation pour rechercher une infection, une atteinte neurologique, une maladie auto-immune, un trouble métabolique ou l’effet d’un médicament ou d’une drogue. [1] [2] L’évaluation doit également distinguer la schizophrénie d’autres troubles psychiatriques, notamment certains troubles de l’humeur avec symptômes psychotiques. [2]

Quand demander une évaluation urgente ?

L’apparition soudaine d’une psychose chez un jeune enfant constitue une urgence médicale qui nécessite une évaluation approfondie immédiate afin d’en rechercher une éventuelle cause physique. [2] Une prise en charge hospitalière peut être nécessaire lorsque le comportement présente un danger pour l’enfant ou pour d’autres personnes. [2] En dehors d’un début brutal, des hallucinations, des convictions délirantes ou d’autres expériences faisant suspecter une psychose justifient une évaluation spécialisée sans délai. [3]

Quels sont les principes de la prise en charge ?

La prise en charge est généralement coordonnée par une équipe spécialisée en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent. [1] [2] Elle est multimodale et peut associer un environnement de soutien, des aménagements éducatifs, des interventions psychologiques, un travail avec la famille et des médicaments antipsychotiques. [1] [2] Les antipsychotiques peuvent contribuer à contrôler les hallucinations et les idées délirantes, mais ils ne remplacent pas l’accompagnement psychologique, familial et éducatif. [1] Le choix d’un antipsychotique doit tenir compte des bénéfices attendus, des préférences du jeune et de sa famille ainsi que des effets indésirables possibles. [3] Ces effets peuvent notamment concerner le poids et le métabolisme, les mouvements, le système cardiovasculaire ou certaines hormones. [1] [3] Les enfants étant particulièrement sensibles à certains effets indésirables, le traitement nécessite une surveillance clinique et physique régulière. [1] [3]

Les interventions familiales ont une fonction de soutien, d’information, de résolution des difficultés et de préparation à d’éventuelles crises. [3] La thérapie cognitivo-comportementale peut aider le jeune à mieux comprendre les liens entre ses pensées, ses émotions, ses comportements et ses symptômes, puis à développer d’autres façons d’y faire face. [3] Le maintien de la scolarité et de la participation sociale fait partie des objectifs de soins, avec des adaptations lorsque l’état de santé perturbe les apprentissages. [3] Un projet de soins peut aussi prévoir les signes annonciateurs d’une crise, les stratégies d’adaptation, les soutiens disponibles et les contacts cliniques à mobiliser. [3]

Quelle peut être l’évolution ?

La schizophrénie débutant tôt peut entraîner des symptômes persistants et une altération importante du fonctionnement à l’âge adulte. [2] Les études sur l’influence exacte de l’âge de début donnent toutefois des résultats variables et ne permettent pas de prévoir l’évolution d’un enfant en particulier. [2] Un engagement durable dans les soins est associé à de meilleurs résultats à long terme. [2] À l’approche de l’âge adulte, la transition entre les équipes pédiatriques et les services pour adultes doit être préparée et coordonnée. [2] [3]

Sources et références

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Spécialités médicales concernées

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