Schizophrénie catatonique : reconnaître la catatonie et comprendre sa prise en charge

L’expression « schizophrénie catatonique » désignait autrefois un sous-type de schizophrénie, mais cette catégorie n’est plus retenue dans le DSM-5. [1] On parle aujourd’hui plutôt d’un syndrome catatonique associé à une schizophrénie, car la catatonie peut également accompagner un trouble de l’humeur, un autre trouble psychiatrique ou une affection médicale. [1] La catatonie est une urgence diagnostique et thérapeutique susceptible d’engager le pronostic vital, quelle que soit sa cause. [1]
Qu’est-ce qu’un syndrome catatonique ?
La catatonie est un syndrome psychomoteur complexe associant de manière variable des manifestations motrices, comportementales, affectives et neurovégétatives. [1] Sa présentation peut changer d’une personne à l’autre et fluctuer au cours du temps, ce qui peut retarder son identification. [1] La catatonie n’est pas une maladie autonome : sa reconnaissance doit toujours être suivie d’une recherche de la maladie ou du facteur qui l’a provoquée. [1]
La schizophrénie n’est qu’une des associations possibles avec la catatonie et ne doit pas être considérée comme sa cause automatique. [1] La présence d’idées délirantes ou d’autres signes psychotiques ne suffit pas à conclure à une schizophrénie, car de tels signes peuvent aussi survenir dans des troubles bipolaires avec caractéristiques catatoniques. [1]
Quels signes peuvent faire évoquer une catatonie ?
Le diagnostic clinique repose sur la présence d’au moins trois signes parmi une liste définie, recherchés lors de l’examen et grâce aux observations des proches. [1] Ces signes comprennent notamment la stupeur avec absence d’activité et d’interaction, le mutisme, une agitation non influencée par l’environnement ou une opposition aux instructions appelée négativisme. [1] Ils peuvent aussi prendre la forme d’un maintien prolongé de postures, d’une résistance particulière à la mobilisation, de mouvements répétitifs sans but ou de mimiques grimaçantes. [1] L’écholalie correspond à la répétition des paroles d’une autre personne, tandis que l’échopraxie désigne la reproduction de ses mouvements. [1]
Un signe isolé ne permet donc pas à lui seul de diagnostiquer une catatonie. [1] L’évaluation doit notamment distinguer la catatonie des effets indésirables de médicaments, de troubles neurologiques, de comportements préexistants liés à un trouble du développement et d’autres troubles psychiatriques. [1]
Quand faut-il demander une aide médicale immédiate ?
L’apparition d’un mutisme, d’une immobilité inhabituelle, de postures anormales persistantes, d’une agitation inexpliquée ou de plusieurs autres signes catatoniques justifie une évaluation médicale immédiate. [1] Une température anormale, des sueurs importantes, une modification marquée de la tension artérielle, du rythme cardiaque ou de la respiration peuvent signaler une catatonie maligne. [1] La présence de ces anomalies neurovégétatives ou d’autres signes de gravité nécessite une hospitalisation en urgence, avec recours possible à la réanimation ou à la neuroréanimation. [1]
Même en l’absence de signe de gravité apparent, le bilan destiné à rechercher la cause d’une catatonie est réalisé en milieu hospitalier. [1] Une immobilité prolongée ou un refus de boire et de s’alimenter peuvent entraîner une déshydratation, une dénutrition, des escarres, une insuffisance rénale ou des complications thromboemboliques. [1] Les formes agitées peuvent également s’accompagner de comportements auto-agressifs ou agressifs envers autrui. [1]
Comment le diagnostic et la cause sont-ils recherchés ?
Le diagnostic de catatonie est avant tout clinique et ne dépend pas d’un examen complémentaire unique. [1] L’évaluation initiale vise à reconnaître le syndrome, à mesurer sa sévérité et à identifier sa cause ainsi que la maladie associée. [1] Elle comprend l’histoire précise des symptômes, les informations données par les proches, un examen physique et neurologique ainsi qu’une analyse des traitements, consommations et éventuels sevrages. [1]
Les causes possibles comprennent des troubles psychiatriques, mais aussi des affections neurologiques, infectieuses, auto-immunes, métaboliques, toxiques ou liées à des médicaments et à certains sevrages. [1] Des analyses sanguines, une imagerie cérébrale, un électroencéphalogramme ou une ponction lombaire peuvent être demandés selon les signes observés et le contexte. [1] Ces examens ne servent pas à confirmer directement tous les cas de catatonie, mais à rechercher une cause sous-jacente et des complications qui nécessitent un traitement spécifique. [1]
Quels sont les principes de la prise en charge ?
La prise en charge est hospitalière, multidisciplinaire et adaptée à la sévérité du syndrome ainsi qu’à sa cause. [1] Ses objectifs sont de traiter les manifestations catatoniques, de rechercher et traiter la cause, puis de prévenir la déshydratation, la dénutrition et les complications de l’immobilité. [1] Les benzodiazépines constituent le traitement médicamenteux de première intention décrit par le PNDS, le lorazépam étant la molécule de référence. [1] L’électroconvulsivothérapie est l’autre traitement de référence et peut être proposée rapidement lorsque le pronostic vital est menacé ou dans certaines situations de réponse insuffisante au traitement initial. [1]
Les antipsychotiques ne traitent pas la catatonie elle-même et peuvent, dans certaines circonstances, l’aggraver ou favoriser une forme maligne. [1] Chez une personne également atteinte de schizophrénie, leur utilisation ou leur reprise est donc examinée au cas par cas après amélioration de la catatonie et sous surveillance rapprochée. [1] Un patient ou un proche ne doit pas modifier seul un traitement, car les décisions dépendent de l’état clinique, de la cause suspectée et du risque associé à chaque médicament. [1]
Quel rôle les proches peuvent-ils avoir ?
Les proches peuvent aider l’équipe en décrivant précisément le début des troubles, leur fluctuation, les changements par rapport au fonctionnement habituel et les traitements pris. [1] L’absence de parole ou de réaction visible ne signifie pas nécessairement une absence de conscience, et certains patients se souviennent ensuite de l’épisode ainsi que des personnes présentes. [1] Il reste donc important de parler calmement à la personne et de maintenir une communication respectueuse malgré l’absence apparente de réponse. [1] Après l’épisode, l’information du patient, de l’entourage et des professionnels qui le suivent contribue au repérage précoce d’une éventuelle rechute. [1]
Sources et références
[1] Proposition de présentation des documents de recommandations et références professionnelles
Haute Autorité de santé · Consulté le 2026-09-11
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