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INR : comprendre le dosage et interpréter le résultat

L’INR, ou rapport international normalisé, est une valeur calculée à partir du temps de prothrombine, un examen qui mesure le temps nécessaire au plasma pour former un caillot dans des conditions définies. [2] Il sert principalement à surveiller l’efficacité et la sécurité des traitements anticoagulants appelés anti-vitamine K. [2] Un résultat d’INR ne s’interprète pas isolément, car sa signification dépend notamment du traitement suivi, de l’objectif fixé pour ce traitement et de l’état de santé de la personne. [2]

Que mesure l’INR ?

Le temps de prothrombine explore une partie du mécanisme de coagulation en mesurant, en secondes, la formation d’un caillot après l’ajout de calcium et de thromboplastine au plasma. [2] L’INR transforme ce temps en une valeur sans unité en tenant compte de la sensibilité du réactif utilisé. [2] Cette normalisation vise à limiter les différences de résultat liées aux réactifs et aux appareils des différents laboratoires. [2]

Pourquoi un dosage de l’INR est-il demandé ?

L’indication la plus courante est la surveillance d’un traitement par anti-vitamine K, pour lequel la dose est adaptée selon l’INR afin de maintenir l’effet anticoagulant dans la plage recherchée. [2] Cette surveillance peut notamment concerner certaines personnes ayant une valve cardiaque mécanique, une fibrillation atriale ou un antécédent de maladie thromboembolique veineuse. [2] L’INR peut aussi être mesuré avant le début d’un traitement anticoagulant ou lors de l’évaluation de certains troubles de la coagulation et de certaines maladies hépatiques. [2] L’INR a été conçu avant tout pour la surveillance des anti-vitamine K et n’est pas utilisé de façon systématique pour ajuster les anticoagulants oraux directs. [2]

Comment le dosage est-il réalisé ?

Le dosage conventionnel est effectué en laboratoire à partir d’un prélèvement de sang veineux recueilli dans un tube contenant du citrate, qui empêche la coagulation avant l’analyse. [2] Le respect du remplissage du tube, du mélange avec le citrate, du transport et du délai d’analyse participe à la fiabilité du résultat. [2] Une contamination du prélèvement par de l’héparine, notamment lorsqu’il est réalisé à partir de certains dispositifs vasculaires, peut rendre la mesure moins fiable. [2]

L’INR peut également être mesuré près du patient ou à domicile avec un appareil utilisant une goutte de sang prélevée au bout du doigt. [2] Ces dispositifs permettent d’obtenir rapidement un résultat et peuvent faciliter des contrôles plus fréquents. [2] Leur mesure peut toutefois différer de celle du laboratoire, en particulier lorsque l’INR se situe en dehors de la plage thérapeutique. [2]

Comment interpréter un résultat d’INR ?

Chez une personne qui ne prend pas de traitement anticoagulant, l’INR est habituellement proche de 1. [2] Sous anti-vitamine K, une plage comprise entre 2,0 et 3,0 est fréquente, mais la cible varie selon l’indication et peut être différente pour certaines valves cardiaques mécaniques. [2] Le résultat doit donc être comparé à la cible définie pour la situation clinique de la personne, et non seulement aux valeurs usuelles d’une personne sans traitement. [2]

Sous anti-vitamine K, un INR inférieur à la cible indique un effet anticoagulant insuffisant et s’accompagne d’un risque accru de thrombose. [2] À l’inverse, un INR supérieur à la cible indique un effet anticoagulant trop important et augmente le risque de saignement. [2] L’interprétation ne repose cependant pas sur le chiffre seul, car elle doit aussi prendre en compte l’indication du traitement, les maladies associées, les médicaments pris et la méthode de mesure. [2]

Pourquoi l’INR peut-il varier ?

Chez une personne traitée par anti-vitamine K, l’observance du traitement, l’alimentation apportant de la vitamine K et les interactions médicamenteuses peuvent faire monter ou baisser l’INR. [2] Des antibiotiques, des antifongiques, certains traitements anticancéreux, des antiépileptiques, le millepertuis et d’autres médicaments peuvent modifier le résultat. [2] Une infection aiguë, une maladie digestive ou une maladie chronique du foie peut également perturber l’équilibre du traitement et l’INR. [2]

En dehors d’un traitement par anti-vitamine K, un INR élevé peut notamment être associé à une carence en vitamine K, à une atteinte du foie, à un déficit de certains facteurs de coagulation ou à une coagulation intravasculaire disséminée. [2] D’autres anticoagulants peuvent aussi modifier le temps de prothrombine et l’INR, même si ce dosage n’est pas nécessairement adapté à la surveillance de leur effet. [2]

Quelles sont les limites de l’INR ?

Chez certaines personnes ayant des anticorps antiphospholipides, la mesure obtenue avec un appareil capillaire présente davantage de risques d’erreur. [2] Une discordance entre la mesure capillaire et le contexte clinique, ou entre deux méthodes de mesure, peut nécessiter une vérification par un laboratoire. [2]

En cas de cirrhose, un INR élevé peut refléter une diminution de la synthèse hépatique de facteurs de coagulation, mais il ne signifie pas que la personne est naturellement protégée contre les thromboses. [1] [2] La cirrhose s’accompagne d’un équilibre complexe entre facteurs favorisant les saignements et facteurs favorisant les thromboses. [1] [2] La standardisation de l’INR entre laboratoires est par ailleurs moins fiable pour l’évaluation d’une maladie du foie que pour la surveillance d’un traitement par anti-vitamine K. [2]

Pourquoi un suivi régulier est-il nécessaire sous anti-vitamine K ?

Les anti-vitamine K ont une marge thérapeutique étroite, ce qui signifie que l’équilibre entre prévention des thromboses et risque de saignement peut être difficile à maintenir. [2] Des dosages réguliers permettent d’identifier les écarts par rapport à la cible et d’adapter le traitement en fonction du résultat et du contexte clinique. [2] La fréquence des contrôles dépend notamment de la stabilité de l’INR et peut être augmentée lorsque le résultat varie. [2]

Sources et références

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