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Protéinose lipoïde : symptômes, diagnostic, transmission et prise en charge

La protéinose lipoïde, également appelée maladie d’Urbach-Wiethe ou hyalinose cutanéo-muqueuse, est une maladie génétique rare qui touche principalement la peau, les muqueuses et le larynx. [1] [2] Elle est liée à des variants pathogènes des deux copies du gène ECM1, qui entraînent l’accumulation d’un matériel ressemblant à de l’hyaline dans différents tissus. [1] [2] Une voix faible ou enrouée dès la petite enfance, des lésions cutanées laissant des cicatrices et de petites papules en chapelet au bord des paupières constituent des manifestations particulièrement évocatrices. [1] L’expression de la maladie varie toutefois d’une personne à l’autre, y compris au sein d’une même famille. [1]

Quels sont les signes de la protéinose lipoïde ?

La première manifestation est le plus souvent un cri faible ou une voix enrouée apparaissant pendant la première année de vie, parfois dès les premiers mois. [1] Cet enrouement résulte de l’infiltration des cordes vocales et persiste généralement au cours de la vie. [1] L’atteinte du larynx peut évoluer vers une altération importante de la voix et, chez certaines personnes, provoquer une obstruction des voies respiratoires. [1] [2]

Pendant l’enfance, de petites vésicules et des croûtes hémorragiques peuvent apparaître dans la bouche, sur le visage ou sur les extrémités, notamment après un traumatisme mineur ou un frottement. [1] Ces lésions peuvent cicatriser en laissant des marques creusées ressemblant à des cicatrices d’acné. [1] [2] Avec le temps, la peau peut devenir plus épaisse, cireuse et jaunâtre, tandis que des papules, des nodules ou des plaques apparaissent sur le visage et les lèvres. [1] Des lésions épaisses, rugueuses ou verruqueuses peuvent également se former sur les zones exposées aux frottements, en particulier les mains, les coudes et les genoux. [1] La blépharose moniliforme correspond à de multiples petites papules disposées en chapelet le long du bord des paupières et près du coin interne de l’œil. [1]

L’infiltration de la bouche peut donner une langue ferme et un frein lingual épaissi, ce qui limite parfois la capacité à tirer la langue. [1] [2] Une inflammation récurrente des glandes salivaires et une mauvaise santé dentaire peuvent aussi être observées. [1] Une perte localisée de cheveux, de sourcils, de cils ou de poils ainsi que des anomalies des ongles sont possibles, mais ne constituent pas les manifestations principales chez la plupart des personnes. [1]

Quelles manifestations neurologiques peuvent survenir ?

La protéinose lipoïde peut s’accompagner d’épilepsie, dont le début est possible pendant l’enfance comme à l’âge adulte. [1] Des troubles de la mémoire, des changements du comportement, une agressivité, une paranoïa ou des hallucinations ont également été décrits. [1] Ces manifestations peuvent être associées à des calcifications situées dans les lobes temporaux ou les hippocampes, visibles par imagerie cérébrale. [1] Le scanner cérébral détecte mieux les calcifications, tandis que l’IRM peut fournir davantage de détails anatomiques. [1] Des hémorragies spontanées du système nerveux central ont aussi été rapportées parmi les complications graves de la maladie. [1] [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic est envisagé devant l’association des manifestations caractéristiques, notamment l’enrouement précoce, les lésions cutanées et les papules en chapelet des paupières. [1] L’absence d’autre personne atteinte dans la famille n’exclut pas la maladie. [1] Le diagnostic peut être établi par l’identification de deux variants pathogènes du gène ECM1 ou par des résultats caractéristiques à l’examen d’une biopsie cutanée. [1] La biopsie peut montrer une accumulation de matériel ressemblant à de l’hyaline dans le derme ainsi que des modifications caractéristiques de la membrane basale. [1] La découverte de variants génétiques de signification incertaine ne suffit pas à confirmer ou à écarter le diagnostic. [1] Les examens complémentaires sont adaptés aux manifestations présentes et peuvent comprendre une évaluation du larynx, une imagerie cérébrale ou une évaluation neurologique et neuropsychologique. [1] [2]

Quels sont les traitements possibles ?

Il n’existe pas de traitement curatif de la protéinose lipoïde. [1] Aucun essai clinique randomisé n’a établi de traitement standard, de sorte que la prise en charge est individualisée en fonction des organes atteints et des symptômes. [2] Plusieurs traitements médicamenteux systémiques ont été rapportés pour les lésions cutanées, muqueuses ou laryngées, mais leur efficacité est variable ou repose sur des données limitées. [2] Le choix éventuel d’un médicament nécessite donc une discussion spécialisée tenant compte de son bénéfice attendu et de ses effets indésirables propres. [2]

L’exérèse des dépôts laryngés par microlaryngoscopie peut améliorer le passage de l’air et la qualité de la voix. [1] Une obstruction importante des voies respiratoires peut nécessiter une trachéotomie afin de sécuriser le passage de l’air. [1] Les interventions sur le larynx peuvent néanmoins entraîner une cicatrisation des cordes vocales, une fibrose ou la nécessité de nouvelles interventions. [2] Les crises d’épilepsie sont évaluées par un neurologue et peuvent être traitées par des médicaments antiépileptiques adaptés à la personne. [1]

Quel suivi est proposé ?

Le suivi est multidisciplinaire et dépend des manifestations de chaque personne. [2] Il comporte notamment une surveillance des voies respiratoires et des cordes vocales ainsi que des examens dermatologiques réguliers. [1] Une surveillance neurologique et neuropsychiatrique permet de rechercher des crises, des difficultés cognitives ou des changements émotionnels et comportementaux. [1] Selon les atteintes, le suivi peut aussi associer dermatologie, oto-rhino-laryngologie, neurologie, psychiatrie, soins dentaires, ophtalmologie et génétique médicale. [2]

Comment la protéinose lipoïde se transmet-elle ?

La protéinose lipoïde se transmet selon un mode autosomique récessif, ce qui signifie que la maladie résulte habituellement de l’altération des deux copies du gène ECM1. [1] Lorsque les deux parents sont porteurs hétérozygotes d’un variant pathogène d’ECM1, chaque grossesse comporte un risque de 25 % d’enfant atteint, de 50 % d’enfant porteur et de 25 % d’enfant ni atteint ni porteur. [1] Le risque se calcule à chaque grossesse et ne permet pas de prévoir la sévérité des manifestations chez un enfant atteint. [1] Une fois les variants familiaux identifiés, un dépistage des apparentés à risque ainsi que des examens génétiques prénataux ou préimplantatoires sont techniquement possibles. [1] Un conseil génétique aide la personne et sa famille à comprendre le mode de transmission, les risques familiaux et les possibilités de tests. [1]

Quelle est l’évolution de la maladie ?

L’évolution est généralement chronique et fluctuante, avec une intensité et une combinaison de manifestations très variables. [1] L’espérance de vie est habituellement normale en l’absence d’obstruction laryngée grave. [1] L’obstruction des voies respiratoires, les crises d’épilepsie et les hémorragies du système nerveux central figurent parmi les complications les plus sévères. [2]

Sources et références

[1] Lipoid Proteinosis - GeneReviews® - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

[2] Lipoid Proteinosis - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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