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Prélèvement d’urine pour un ECBU : préparation, recueil et résultats

L’examen cytobactériologique des urines, ou ECBU, analyse un échantillon d’urine afin de rechercher des cellules et des bactéries pouvant notamment orienter le diagnostic d’une infection urinaire. [1] La qualité du résultat dépend fortement des conditions de recueil, car des germes présents sur la peau ou les muqueuses peuvent contaminer l’échantillon. [1] Les indications ci-dessous concernent spécifiquement l’ECBU et ne doivent pas être étendues automatiquement à tous les prélèvements urinaires. [1]

Pourquoi un ECBU est-il demandé ?

Un ECBU peut être prescrit lorsque des symptômes, comme des brûlures en urinant ou des envies fréquentes d’uriner, font suspecter une infection urinaire. [1] Il peut également être demandé en présence de sang dans les urines afin de confirmer cette anomalie et de rechercher une infection urinaire parmi ses causes possibles. [1] L’examen comprend une cytologie, qui étudie notamment les globules blancs et les globules rouges présents dans l’urine, ainsi qu’une bactériologie destinée à rechercher, identifier et compter les bactéries après leur mise en culture. [1] Lorsqu’un germe est identifié, un antibiogramme peut tester sa sensibilité à différents antibiotiques et aider le médecin à adapter le traitement. [1]

Comment se préparer au prélèvement ?

Le recueil est souvent effectué par le patient à domicile dans un flacon stérile disponible en pharmacie ou auprès du laboratoire. [1] Il est préférable de recueillir l’urine le matin au réveil, au moins quatre heures après la miction précédente, afin qu’elle ait suffisamment séjourné dans la vessie. [1] L’ECBU doit si possible être réalisé avant le début d’un traitement antibiotique, car celui-ci peut empêcher le développement des bactéries lors de la mise en culture. [1] Un traitement antibiotique récent ou en cours doit être signalé au laboratoire, car cette information intervient dans l’interprétation des résultats. [1]

Avant le recueil, il faut se laver soigneusement les mains avec de l’eau et du savon, bien les rincer puis les sécher avec un linge propre ou un essuie-main à usage unique. [1] Une friction des mains avec un produit hydroalcoolique est également présentée comme une possibilité. [1] Une toilette intime minutieuse à l’eau et au savon est ensuite nécessaire pour limiter l’introduction dans l’échantillon de bactéries provenant de la peau, de la région anale ou des muqueuses génitales. [1] Chez la femme, la vulve est lavée en maintenant les lèvres écartées et en effectuant le geste d’avant en arrière, puis elle est rincée avant l’application d’un antiseptique avec une compresse stérile selon le même sens. [1] En présence de pertes vaginales, une protection vaginale peut éviter que les sécrétions contaminent l’urine pendant le recueil. [1] Chez l’homme non circoncis, le gland doit être entièrement découvert pour la toilette, puis rincé avant l’application d’un antiseptique sur l’extrémité du pénis avec une compresse stérile. [1]

Comment recueillir l’urine à mi-jet ?

La méthode la plus fréquemment utilisée est le recueil du milieu de jet, qui consiste à éliminer le début de la miction dans les toilettes avant de recueillir l’urine suivante. [1] Après avoir ouvert le flacon stérile, il faut poser son couvercle face interne vers le haut sans toucher cette face ni l’intérieur du récipient. [1] Le premier jet, d’environ 20 millilitres, est éliminé dans les toilettes, puis les 20 à 30 millilitres suivants sont recueillis directement dans le flacon sans en toucher le bord supérieur. [1] La miction est terminée dans les toilettes, puis le flacon est refermé et les mains sont lavées. [1] Le nom, le prénom, la date et l’heure du recueil doivent être inscrits sur le flacon. [1]

Comment conserver et transporter l’échantillon ?

L’échantillon doit être apporté au laboratoire le plus rapidement possible, car les urines doivent être analysées peu après le prélèvement. [1] Le flacon ne doit pas rester plus de deux heures à température ambiante. [1] Si le transport immédiat est impossible, il peut être conservé au réfrigérateur à 4 °C pendant une durée maximale de 24 heures. [1] Le laboratoire peut demander l’heure et la méthode de recueil, le motif de l’examen, l’existence d’une grossesse, certaines maladies comme le diabète ou une immunodépression, ainsi que les traitements antibiotiques récents ou en cours. [1]

Comment se déroule le prélèvement chez le nourrisson ?

Chez le nourrisson, le prélèvement est effectué au laboratoire par son personnel après une toilette locale et une désinfection soigneuse. [1] Une poche stérile à usage unique adaptée à l’anatomie de l’enfant est placée autour des organes génitaux. [1] Cette poche ne doit pas rester en place plus de trente minutes en raison du risque de contamination par les selles. [1] Si l’enfant n’a pas uriné pendant ce délai, une nouvelle toilette locale et une poche neuve sont nécessaires. [1]

Que signifient les résultats de l’ECBU ?

Le laboratoire peut communiquer de premiers résultats en quelques heures, mais la culture des bactéries peut nécessiter 48 heures. [1] L’interprétation porte notamment sur la quantité de leucocytes, ou globules blancs, la quantité d’hématies, ou globules rouges, ainsi que la présence et le nombre de bactéries. [1] Une augmentation des leucocytes peut traduire une réaction inflammatoire associée à une infection de l’appareil urinaire, mais elle ne permet pas à elle seule de conclure dans toutes les situations. [1] Les seuils peuvent légèrement varier selon la méthode de comptage du laboratoire, de sorte que les normes inscrites sur le compte rendu doivent servir de référence. [1] Un résultat doit aussi être interprété en tenant compte des symptômes, du contexte de la prescription et de la prise éventuelle d’antibiotiques. [1]

La présence de plusieurs types de bactéries évoque généralement une contamination de l’échantillon plutôt qu’une infection urinaire due à un seul germe. [1] Un résultat associant peu de leucocytes à une quantité significative de bactéries peut notamment correspondre à un prélèvement contaminé, à un examen réalisé très tôt au cours d’une infection ou à certaines situations d’immunodépression. [1] À l’inverse, de nombreux leucocytes sans germe détecté peuvent s’observer après une prise d’antibiotiques, lors d’une contamination par des sécrétions vaginales ou dans certaines inflammations de l’appareil génito-urinaire. [1] Lorsqu’une contamination liée au recueil est suspectée ou que plusieurs bactéries sont retrouvées, un nouvel ECBU peut être nécessaire. [1]

Sources et références

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