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Perte d’audition fonctionnelle : comprendre le trouble, son diagnostic et sa prise en charge

La perte d’audition fonctionnelle, également appelée perte auditive non organique, correspond à une baisse de l’audition constatée lors de tests alors qu’aucune atteinte organique correspondante du système auditif n’est retrouvée. [4] Le terme peut aussi désigner une perte auditive dont l’importance paraît supérieure à ce que l’anomalie de l’oreille ou des voies auditives identifiée peut expliquer. [4] Ce diagnostic ne peut pas être posé à partir des symptômes seuls : il nécessite une évaluation audiologique comparant plusieurs tests et l’exclusion d’une cause organique. [4]

En quoi cette perte auditive diffère-t-elle des autres surdités ?

Une surdité organique correspond à une atteinte d’une structure participant à l’audition, depuis l’oreille externe jusqu’aux voies auditives et aux centres cérébraux. [4] La surdité de transmission résulte d’un problème de transmission du son dans l’oreille externe ou moyenne, par exemple en présence d’un bouchon de cérumen, de liquide derrière le tympan ou d’une atteinte des osselets. [1] La surdité de perception concerne la transformation du son en influx nerveux ou l’interprétation de ce signal, notamment lors d’une atteinte de l’oreille interne, du nerf auditif ou, plus rarement, des voies auditives cérébrales. [1] Dans la perte d’audition fonctionnelle, les réponses obtenues aux tests nécessitant la participation de la personne ne concordent pas avec les résultats des examens objectifs du système auditif. [4] Une anomalie organique limitée peut néanmoins coexister avec une composante fonctionnelle lorsque le niveau de perte rapporté ou mesuré dépasse nettement ce que cette anomalie permet d’attendre. [4]

La perte d’audition fonctionnelle est-elle volontaire ?

Une perte d’audition fonctionnelle ne signifie pas automatiquement que la personne simule volontairement ses difficultés. [4] Les situations décrites s’étendent de symptômes produits sans intention consciente, notamment dans un trouble de conversion, à une exagération ou une simulation intentionnelle. [4] Chez certaines personnes, un conflit émotionnel, un événement traumatique ou des difficultés à l’école, au travail ou dans la famille peuvent précéder les troubles. [4] La présence d’un stress psychologique constitue toutefois un élément de contexte et ne suffit pas à établir le diagnostic. [4] Chez l’enfant, les difficultés auditives doivent être reconnues comme réelles pour lui et ne doivent pas conduire à le blâmer. [4]

Quels éléments sont recherchés pendant l’évaluation ?

L’évaluation reprend les circonstances d’apparition, la rapidité d’évolution, le caractère fluctuant ou non et l’atteinte d’une seule oreille ou des deux. [4] Elle recherche aussi des symptômes associés tels que des vertiges, une sensation d’oreille pleine, une douleur ou des acouphènes. [4] Les antécédents d’exposition au bruit, de traumatisme de la tête ou de l’oreille, de variation de pression, de chirurgie de l’oreille et de prise de substances toxiques pour l’audition sont également examinés. [4] L’examen de l’oreille vérifie notamment le pavillon, le conduit auditif et le tympan afin de rechercher une cause organique visible. [4] Certains comportements observés pendant l’entretien peuvent attirer l’attention du professionnel, mais ils ne permettent pas à eux seuls de conclure à une perte d’audition fonctionnelle. [4]

Comment les tests auditifs établissent-ils le diagnostic ?

L’audiométrie tonale demande à la personne de signaler chaque son entendu, tandis que l’audiométrie vocale évalue ses réponses à des mots ou à la parole. [3] [4] Dans une perte d’audition fonctionnelle, les seuils peuvent varier davantage que prévu lorsque l’audiométrie tonale est répétée. [4] L’audiométrie vocale peut également montrer une compréhension de la parole meilleure que celle attendue d’après les seuils de l’audiométrie tonale. [4] Ces discordances orientent l’évaluation, mais elles doivent être confrontées à des examens objectifs avant de retenir le diagnostic. [4]

Les potentiels évoqués auditifs du tronc cérébral enregistrent les réponses électriques produites le long des voies auditives après une stimulation sonore. [4] Les otoémissions acoustiques renseignent sur le fonctionnement des cellules ciliées externes de la cochlée. [4] Dans une perte d’audition fonctionnelle, ces examens objectifs peuvent indiquer une audition nettement meilleure que celle suggérée par les tests reposant sur les réponses volontaires. [4] D’autres examens peuvent être choisis selon l’âge, le caractère unilatéral ou bilatéral de la perte et les anomalies déjà observées. [4] [3] Chez un enfant qui comprend mal les consignes, la répétition des tests ou l’emploi d’épreuves adaptées à son développement peut être nécessaire pour obtenir des résultats fiables. [4] [3]

Quels sont les principes de la prise en charge ?

La prise en charge commence après confirmation du diagnostic et exclusion des principales causes organiques pouvant expliquer la perte auditive. [4] Les discordances entre les tests doivent être expliquées de manière rassurante et non conflictuelle. [4] Le trouble auditif doit être reconnu sans accuser la personne d’en être responsable. [4] L’explication, l’encouragement et la réassurance peuvent contribuer à l’amélioration. [4] La nécessité d’un accompagnement psychologique ou psychiatrique est évaluée individuellement, en particulier lorsqu’une détresse ou un conflit psychologique sous-jacent est suspecté. [4] Chez l’enfant, les parents et les enseignants peuvent participer à l’accompagnement lorsque cela est pertinent. [4] Un suivi permet de vérifier l’évolution de l’audition et de repérer une cause organique ou une difficulté psychologique qui n’aurait pas été identifiée initialement. [4]

Quelle évolution peut-on attendre ?

L’évolution est généralement favorable lorsque le diagnostic est posé et qu’un accompagnement adapté est mis en place. [4] Une récupération spontanée est possible, mais une réapparition des symptômes peut survenir. [4] Une reconnaissance précoce, la prise en compte des facteurs de stress et l’absence de maladie médicale ou psychiatrique associée sont décrites comme des éléments de meilleur pronostic. [4] Une erreur ou un retard diagnostique peut exposer à des examens, des médicaments ou même des interventions inutiles. [4]

Quand une baisse de l’audition nécessite-t-elle une aide urgente ?

Une perte auditive apparue soudainement dans une oreille ou les deux doit faire l’objet d’une évaluation médicale urgente, même si une origine fonctionnelle paraît possible. [3] [4] Une audition qui se dégrade en quelques jours ou semaines, ou une perte auditive accompagnée d’une douleur ou d’un écoulement de l’oreille, justifie également une évaluation urgente. [3] Une perte de force ou un engourdissement brutal d’un membre ou du visage, une paralysie faciale, un trouble soudain de la parole ou de la compréhension, une perte soudaine de l’équilibre, un mal de tête brutal inhabituel ou un trouble visuel impose d’appeler immédiatement le 15 ou le 112. [2] La disparition rapide de tels signes ne supprime pas l’urgence, car un accident ischémique transitoire nécessite la même réaction immédiate. [2]

Sources et références

[2] AVC : que faire ? | ameli.fr | Assuré

Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11

[3] Hearing tests - NHS

NHS · Consulté le 2026-09-11

[4] Nonorganic Functional Hearing Loss - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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