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Opisthorchiase : transmission, symptômes, diagnostic et traitement

L’opisthorchiase est une infection parasitaire provoquée par deux douves du foie, Opisthorchis viverrini et Opisthorchis felineus. [1] Elle s’acquiert principalement en consommant du poisson d’eau douce cru ou insuffisamment cuit contenant la forme larvaire infectieuse du parasite. [1] [3] L’infection peut rester silencieuse, mais elle peut aussi provoquer des troubles digestifs ou une atteinte des voies biliaires et, plus rarement, des complications graves. [1]

Comment l’infection est-elle transmise ?

Le cycle du parasite fait intervenir un escargot d’eau douce, puis un poisson d’eau douce dans lequel les larves s’enkystent dans les muscles ou sous les écailles. [1] Après ingestion du poisson contaminé, les larves gagnent les canaux biliaires, s’y fixent et deviennent des douves adultes. [1] [3] Les adultes produisent ensuite des œufs éliminés dans les selles, ce qui permet au cycle de se poursuivre lorsque l’environnement aquatique est contaminé. [1] [3]

Opisthorchis viverrini est notamment présent en Asie du Sud-Est, tandis qu’Opisthorchis felineus est rencontré dans certaines régions de Russie, d’Ukraine, du Kazakhstan, de Biélorussie et d’Europe. [1] [3] Dans les pays où l’infection n’est pas endémique, une exposition peut concerner en particulier les voyageurs et les personnes ayant vécu dans une région touchée. [3]

L’opisthorchiase ne désigne pas toutes les infections par douves du foie : la clonorchiase est due à Clonorchis sinensis et la fasciolase à des espèces de Fasciola. [2] [3] Ces maladies peuvent présenter des caractéristiques proches, mais elles correspondent à des parasites distincts. [1] [2] [3]

Quels sont les symptômes de l’opisthorchiase ?

La plupart des infections par Opisthorchis viverrini ne provoquent aucun symptôme. [1] Lorsqu’ils sont présents, les symptômes peuvent comprendre une douleur dans la partie supérieure droite de l’abdomen, une indigestion, une diarrhée, des flatulences et une fatigue. [1] Leur apparition et leur intensité dépendent notamment du nombre de parasites et de la durée de l’infection. [1] [3]

Une forme aiguë est plus souvent décrite avec Opisthorchis felineus. [1] Elle peut associer une forte fièvre, une perte d’appétit, des nausées, des vomissements, des douleurs abdominales, un malaise, des douleurs musculaires ou articulaires et une urticaire. [1] Ces manifestations aiguës débutent généralement entre 10 et 26 jours après l’exposition. [1]

Une infection chronique peut entraîner des symptômes plus importants, une augmentation du volume du foie ou une dénutrition. [1] Les complications rares décrites comprennent l’inflammation de la vésicule biliaire, les calculs biliaires, l’infection ou l’inflammation des voies biliaires et le cholangiocarcinome, qui est un cancer des voies biliaires. [1]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic repose principalement sur la recherche au microscope d’œufs du parasite dans les selles. [1] [3] Les œufs deviennent détectables dans les selles environ trois à quatre semaines après l’infection. [1] [3] Des techniques de concentration peuvent améliorer la sensibilité de l’examen lorsque l’infection contient peu de parasites. [3] Les œufs d’Opisthorchis ressemblent beaucoup à ceux de Clonorchis sinensis, ce qui peut empêcher d’identifier précisément l’espèce par la seule microscopie. [1] [3]

Des analyses sérologiques, antigéniques ou moléculaires peuvent compléter l’évaluation, mais leur disponibilité varie et certaines analyses sérologiques peuvent réagir avec d’autres infections par trématodes. [1] [3] Une échographie, un scanner, une IRM ou une exploration des voies biliaires peut montrer l’emplacement et l’étendue des anomalies. [1] [3] Les anomalies observées à l’imagerie ne sont toutefois pas toujours spécifiques de l’opisthorchiase. [3]

Quels sont les principes du traitement et du suivi ?

Le praziquantel est le traitement antiparasitaire de référence de l’opisthorchiase et le seul agent cité comme recommandé par l’Organisation mondiale de la Santé dans la synthèse disponible. [1] [3] L’albendazole est présenté comme une solution alternative. [1] [3] Le praziquantel peut notamment provoquer une gêne abdominale, des vomissements ou des vertiges. [3] Des maux de tête et des vertiges sont décrits avec l’albendazole. [3]

Si des œufs restent détectables dans les selles après le traitement, une nouvelle prise en charge antiparasitaire peut être nécessaire. [3] Les complications touchant la vésicule, les voies biliaires, le pancréas ou le foie peuvent nécessiter une prise en charge supplémentaire adaptée à l’organe atteint. [3]

Quand demander une évaluation médicale ?

Une évaluation médicale est indiquée si une douleur abdominale, une jaunisse ou une fatigue apparaît après une consommation potentiellement contaminante de poisson d’eau douce. [3] Il est utile de signaler au professionnel de santé le pays ou la région d’exposition, la date du repas et la manière dont le poisson avait été préparé. [1] [3] L’absence de symptômes n’exclut pas l’infection, car de nombreuses infections restent asymptomatiques. [1] [3]

Comment prévenir l’opisthorchiase ?

La principale mesure individuelle consiste à cuire complètement le poisson d’eau douce avant de le consommer. [1] [3] Le poisson cru, séché, mariné ou insuffisamment cuit peut contenir des larves infectieuses. [1] L’amélioration de l’hygiène des mains, de l’assainissement et de l’élimination des selles contribue aussi à limiter la contamination des eaux douces et la propagation du parasite. [1] [3]

Sources et références

[2] Breizh CoCoA 2024

www.bretagne.ars.sante.fr · Consulté le 2026-09-15

[3] Clonorchiasis and Opisthorchiasis - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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Spécialités médicales concernées

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