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Neuroborréliose de Lyme : signes, diagnostic, traitement et prévention

La neuroborréliose de Lyme est une atteinte du système nerveux provoquée par la borréliose de Lyme, une infection due à des bactéries du complexe Borrelia burgdorferi sensu lato transmises par une tique Ixodes. [1] [2] Elle peut notamment se manifester par des douleurs liées à l’inflammation d’une racine nerveuse, une paralysie faciale, une méningite ou, beaucoup plus rarement, une atteinte du cerveau ou de la moelle épinière. [2] Le diagnostic ne repose pas sur un symptôme isolé ni sur une sérologie sanguine positive prise seule, mais sur la cohérence entre les manifestations neurologiques et les examens biologiques appropriés. [2]

Comment l’infection atteint-elle le système nerveux ?

La borréliose de Lyme est une maladie inflammatoire pouvant toucher plusieurs organes, principalement la peau, le système nerveux et les articulations. [2] En France métropolitaine, la bactérie est transmise par Ixodes ricinus, une tique présente sur l’ensemble du territoire et vivant notamment dans les hautes herbes, la végétation et les feuilles mortes des endroits ombragés et humides. [1] Une piqûre ne transmet pas automatiquement la maladie, car la tique doit appartenir au genre concerné, porter la bactérie et parvenir à transmettre une infection que l’organisme ne contrôle pas. [1] La neuroborréliose correspond spécifiquement à la manifestation neurologique de cette infection et ne doit pas être confondue avec l’ensemble de la maladie de Lyme. [2] L’absence de souvenir d’une piqûre ou d’une rougeur cutanée n’exclut pas cette atteinte, car de nombreuses piqûres passent inaperçues et un érythème migrant n’est rapporté que chez une partie des personnes atteintes de neuroborréliose. [2]

Quels sont les signes de la neuroborréliose ?

La grande majorité des neuroborrélioses décrites sont des formes précoces dont les symptômes apparaissent plusieurs semaines à plusieurs mois après l’infection. [2] Chez l’adulte en Europe, une présentation caractéristique est la méningoradiculonévrite, aussi appelée syndrome de Bannwarth, qui associe une inflammation des méninges et des racines nerveuses. [2] Elle débute souvent par une douleur intense, brûlante, piquante ou déchirante, fréquemment plus marquée la nuit et parfois changeante dans sa localisation. [2] Une faiblesse ou une paralysie peut ensuite apparaître, tandis que les troubles sensitifs sont moins fréquents que les déficits moteurs dans cette présentation. [2] Les nerfs crâniens peuvent également être atteints, surtout le nerf facial, avec une paralysie d’un côté ou parfois des deux côtés du visage. [2]

Chez l’enfant en Europe, les présentations les plus courantes sont une méningite lymphocytaire avec ou sans paralysie faciale. [2] Les signes de méningite peuvent être discrets chez l’enfant et passer inaperçus lorsqu’aucun nerf crânien n’est atteint. [2] Lorsqu’ils sont présents, les symptômes méningés peuvent comprendre des maux de tête, une raideur méningée, une gêne à la lumière, des nausées, des vomissements ou une fatigue. [2] Les formes tardives sont rares et évoluent progressivement pendant des mois ou des années, avec notamment des troubles de la marche, une raideur ou une faiblesse des membres, des troubles urinaires, une confusion, des troubles cognitifs ou des crises épileptiques. [2] Ces manifestations ne sont pas propres à la maladie de Lyme et nécessitent donc de rechercher d’autres causes neurologiques possibles. [2]

Comment le diagnostic est-il établi ?

La démarche diagnostique commence par l’identification d’un tableau neurologique compatible, en tenant compte de son évolution et d’éventuels antécédents de piqûre de tique ou d’érythème migrant. [2] Lorsqu’une neuroborréliose est cliniquement suspectée, la recommandation neurologique citée prévoit une analyse simultanée du sang et du liquide cérébrospinal, le liquide qui entoure le cerveau et la moelle épinière. [2] L’analyse du liquide cérébrospinal recherche notamment une réaction inflammatoire, souvent caractérisée par une augmentation de certains globules blancs et des protéines. [2] La mise en évidence d’anticorps anti-Borrelia produits à l’intérieur du système nerveux, associée à cette inflammation, peut confirmer la suspicion clinique. [2]

Une sérologie sanguine positive ne suffit pas à prouver une neuroborréliose active, car des personnes sans symptôme peuvent porter des anticorps et ceux-ci peuvent persister pendant des années après une infection traitée. [2] À l’inverse, une sérologie négative peut ne pas exclure une manifestation très précoce, avant le développement d’une réponse immunitaire mesurable. [2] L’index d’anticorps anti-Borrelia dans le liquide cérébrospinal peut lui aussi rester positif pendant des mois ou des années après la guérison. [2] Cet index doit donc être interprété avec les symptômes et les autres signes inflammatoires, et non comme une preuve isolée d’infection active. [2]

Quels sont les principes du traitement et du suivi ?

La neuroborréliose se traite par une antibiothérapie choisie selon la forme clinique et la situation du patient. [2] Dans les formes précoces, les antibiotiques étudiés appartenant aux familles de la doxycycline et des bêta-lactamines présentent une efficacité et une sécurité comparables sur les symptômes neurologiques. [2] Le choix du médicament, de sa voie d’administration et de la durée du traitement relève de l’équipe soignante et ne peut pas être déduit d’un résultat sérologique isolé. [2] L’efficacité du traitement est évaluée principalement à partir de l’évolution clinique des symptômes. [2] La sérologie sanguine et l’index d’anticorps dans le liquide cérébrospinal ne sont pas adaptés au contrôle de l’efficacité de l’antibiothérapie. [2]

La plupart des paralysies faciales associées au syndrome de Bannwarth récupèrent complètement en un à deux mois, mais une récupération partielle ou des mouvements involontaires du visage persistent dans une minorité des cas décrits. [2] Des symptômes persistants et non spécifiques après une neuroborréliose supposée ne démontrent pas à eux seuls la persistance d’une infection active. [2] Dans les études analysées sur le syndrome post-traitement de la maladie de Lyme, les antibiotiques supplémentaires n’ont pas amélioré la qualité de vie, la fatigue, la dépression ou les troubles cognitifs évalués. [2]

Comment réduire le risque de borréliose de Lyme ?

Lors d’une promenade en forêt, d’une randonnée, d’un séjour en zone végétalisée ou de travaux de jardinage, la prévention repose d’abord sur des vêtements clairs et couvrants, des chaussures fermées et le passage du pantalon dans les chaussettes. [1] Les répulsifs cutanés disposant d’une autorisation de mise sur le marché peuvent être utilisés en respectant leur notice, notamment chez les enfants et les femmes enceintes. [1] L’imprégnation des vêtements par la perméthrine n’est plus recommandée en raison de risques de toxicité individuelle et environnementale. [1] Après une exposition, il est recommandé d’examiner rapidement tout le corps, en particulier les aisselles, les plis des genoux, les zones génitales, le nombril, les conduits auditifs et le cuir chevelu, puis de recommencer le lendemain. [1] Une tique fixée doit être retirée le plus rapidement possible avec un tire-tique par un mouvement de rotation-traction, sans appliquer de produit avant son retrait. [1] Après le retrait, le site de la piqûre doit être désinfecté avec un antiseptique ou nettoyé à l’eau et au savon. [1]

Quels signes nécessitent une évaluation médicale ?

Une douleur nerveuse intense et persistante, surtout nocturne, une paralysie faciale, des signes de méningite ou un déficit neurologique inexpliqué font partie des situations dans lesquelles une neuroborréliose doit être recherchée parmi les diagnostics possibles. [2] La possibilité d’une neuroborréliose doit être appréciée médicalement même en l’absence de piqûre de tique remarquée ou d’érythème migrant connu. [2]

Sources et références

[1] FIN1

Haute Autorité de santé · Consulté le 2026-09-16

[2] Guidelines for diagnosis and treatment in neurology – Lyme neuroborreliosis

www.ebi.ac.uk · Version : 2025-10-09 · Consulté le 2026-09-16

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