Aller au contenu principal

Néphrite interstitielle : causes, symptômes, diagnostic, traitements et évolution

La néphrite interstitielle, aussi appelée néphrite tubulo-interstitielle, est une atteinte inflammatoire des tubules rénaux et du tissu qui les entoure, appelé interstitium. [1] [2] Elle peut réduire la fonction des reins et perturber leur capacité à concentrer les urines ainsi qu’à maintenir l’équilibre de l’eau et de certains électrolytes. [1] [2] La maladie peut être aiguë, avec une apparition relativement soudaine, ou chronique, avec une détérioration progressive de la fonction rénale. [1] [2]

Quelle différence entre les formes aiguë et chronique ?

Dans la forme aiguë, une inflammation et un œdème apparaissent dans l’interstitium rénal et entraînent une lésion rénale aiguë. [2] Cette atteinte aiguë est le plus souvent liée à une infection ou à une réaction allergique à un médicament. [2] Dans la forme chronique, les lésions tubulaires s’accompagnent progressivement de fibrose, d’atrophie et d’une perte de fonction rénale qui s’étend habituellement sur plusieurs années. [2] La forme chronique peut avoir des causes toxiques, médicamenteuses, immunologiques, infectieuses, métaboliques, héréditaires ou liées à une obstruction ou à un reflux urinaire. [2]

Quelles sont les principales causes ?

De nombreux médicaments peuvent être impliqués, notamment certains antibiotiques, anti-inflammatoires non stéroïdiens, diurétiques, inhibiteurs de la pompe à protons, traitements anti-rejet et médicaments comme l’allopurinol ou le lithium. [1] [2] Un médicament peut provoquer une atteinte aiguë par une réaction allergique ou endommager les reins par un autre mécanisme. [1] Le délai entre l’exposition et la maladie est variable, ce qui peut rendre le lien avec un traitement difficile à reconnaître. [1] [2] Des infections du rein, dont les pyélonéphrites, peuvent également provoquer une forme aiguë ou chronique. [1] [2] Certaines maladies immunologiques ou générales, comme le syndrome de Sjögren, le lupus, la sarcoïdose ou le myélome, peuvent être associées à une atteinte tubulo-interstitielle. [1] [2] Des toxines telles que l’acide aristolochique et certains métaux lourds figurent aussi parmi les causes décrites. [1] [2]

Quels symptômes peuvent apparaître ?

Une néphrite interstitielle peut provoquer peu de symptômes, voire rester silencieuse tant qu’une insuffisance rénale importante ne s’est pas développée. [1] [2] La quantité d’urine peut être normale, diminuée ou au contraire augmentée. [1] Une difficulté des reins à concentrer l’urine peut entraîner des urines abondantes, des mictions fréquentes et le besoin de se lever la nuit pour uriner. [1] [2] Lorsque la cause est une réaction allergique à un médicament, une fièvre et une éruption cutanée peuvent survenir. [1] [2] L’association classique d’une fièvre, d’une éruption cutanée et d’une augmentation des éosinophiles sanguins est cependant présente chez moins de 10 % des personnes ayant une forme aiguë médicamenteuse. [2] En cas de pyélonéphrite, les manifestations peuvent comprendre de la fièvre, une douleur à la miction et une douleur lombaire ou sur le côté. [1] Dans une forme chronique avancée, des démangeaisons, une fatigue, une perte d’appétit, des nausées, des vomissements ou une détresse respiratoire peuvent accompagner l’insuffisance rénale. [1]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le diagnostic repose d’abord sur l’histoire médicale, les expositions possibles et la relation temporelle entre une anomalie rénale et l’utilisation d’un médicament potentiellement responsable. [2] Des analyses de sang recherchent une altération de la fonction rénale ainsi que des troubles tels qu’une acidose métabolique ou des anomalies du potassium, de l’acide urique ou du phosphate. [1] [2] L’analyse d’urine peut montrer des globules blancs, des globules rouges, des protéines ou des signes de dysfonctionnement des tubules. [1] [2] La présence ou l’absence d’éosinophiles dans les urines ne suffit pas à confirmer ou à exclure une néphrite tubulo-interstitielle. [2] Une échographie, une scintigraphie ou d’autres examens d’imagerie peuvent aider à différencier cette atteinte d’autres causes de lésion rénale. [1] [2] La biopsie rénale est l’examen qui permet d’établir un diagnostic certain, mais elle n’est pas réalisée dans tous les cas. [1] [2] Elle est notamment envisagée lorsque le diagnostic demeure incertain, que les lésions progressent, qu’il n’y a pas d’amélioration après suppression des médicaments suspectés ou qu’un traitement par corticoïdes est envisagé. [2]

Quels sont les principes du traitement ?

Le traitement médical vise en premier lieu à éliminer la cause, par exemple en supprimant l’exposition au médicament ou à la toxine responsable et en traitant la maladie sous-jacente. [1] [2] Dans certaines formes aiguës d’origine immunologique ou médicamenteuse, des corticoïdes peuvent accélérer la récupération de la fonction rénale. [1] [2] Cette option n’est pas adaptée de la même manière à toutes les causes et la forme aiguë associée aux anti-inflammatoires non stéroïdiens y est moins sensible que d’autres formes médicamenteuses. [2] Une dialyse peut devenir nécessaire lorsque la fonction rénale s’aggrave jusqu’à une insuffisance rénale sévère. [1] Dans la forme chronique, les soins de support peuvent inclure le contrôle de la pression artérielle et le traitement d’une anémie associée à la maladie rénale. [1] [2] Une atteinte rénale devenue sévère et irréversible peut nécessiter une dialyse ou une transplantation rénale. [1]

Quels sont les risques d’évolution ?

La fonction rénale s’améliore généralement lorsque le médicament responsable est supprimé ou lorsque le traitement de la maladie sous-jacente est efficace. [1] [2] La récupération peut néanmoins être incomplète et des cicatrices rénales peuvent persister. [1] [2] Dans une forme aiguë sévère, le retard du traitement ou la poursuite de l’exposition responsable peut favoriser des lésions irréversibles et une maladie rénale chronique. [2] Le pronostic d’une forme chronique dépend de sa cause et de la possibilité d’interrompre le processus avant l’apparition d’une fibrose irréversible. [2] Certaines causes génétiques, métaboliques ou toxiques ne peuvent pas être corrigées, et l’atteinte peut alors progresser vers une insuffisance rénale terminale. [2]

Sources et références

La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation

  • Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
  • Peut être remboursée selon conditions *
Prendre rendez-vous

* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.

Téléconsultation : préparer votre rendez-vous

Une consultation à distance peut être envisagée avec votre médecin. Il détermine si elle convient à votre situation ou si un examen en présence est nécessaire.

Avant le rendez-vous

  • Notez le motif de consultation, les symptômes et leur durée.
  • Préparez la liste de vos traitements, vos allergies connues et les comptes rendus ou résultats déjà disponibles.
  • Installez-vous dans un endroit calme et confidentiel, avec une connexion et un appareil permettant la vidéo.

Organiser la suite

Contactez votre médecin habituel ou le professionnel qui vous suit pour organiser la consultation. Selon votre situation, une consultation en présence pourra être nécessaire.

En cas d’urgence médicale, appelez le 15 ou le 112 ; n’attendez pas une téléconsultation.

Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.

Spécialités médicales concernées

Médecine interne et immunologie clinique