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Mutisme : distinguer le mutisme sélectif du mutisme cérébelleux postopératoire

Le mot « mutisme » ne correspond pas, dans les sources disponibles, à une maladie unique. [1] [2] Il désigne notamment le mutisme sélectif, dans lequel une personne ne parle pas dans certaines situations sociales alors qu’elle parle normalement dans d’autres, et le syndrome de mutisme cérébelleux, complication reconnue après certaines opérations de tumeurs de la fosse postérieure chez l’enfant. [1] [2] Ces deux situations ont des contextes, des manifestations et des mécanismes différents et ne doivent donc pas être confondues. [1] [3] Cette fiche présente uniquement ces deux situations documentées et ne décrit pas l’évaluation d’une absence ou d’une perte de parole survenant dans un autre contexte. [1] [2] [3]

Qu’est-ce que le mutisme sélectif ?

Le mutisme sélectif est classé parmi les troubles anxieux et se caractérise par une absence persistante de parole dans des situations sociales où parler est attendu, malgré une parole présente dans d’autres situations souvent plus familières. [3] L’école est un contexte fréquent, mais l’absence de parole peut aussi survenir avec des personnes extérieures à la famille ou, chez certaines personnes, avec des membres du foyer. [2] Le silence peut contribuer à réduire l’anxiété ou d’autres émotions négatives ressenties dans une situation stressante, ce qui explique qu’il ne faille pas l’interpréter simplement comme un refus volontaire ou une opposition. [2] [3] La personne peut recourir à des moyens de communication non verbaux, comme l’écriture ou le fait de montrer du doigt. [3]

Quels signes peuvent accompagner le mutisme sélectif ?

Le mutisme sélectif peut s’accompagner d’une grande timidité, d’anxiété sociale, de peur, d’évitement, d’un retrait relationnel ou d’une impression de voix « bloquée » dans les situations anxiogènes. [2] [3] Chez le très jeune enfant, l’anxiété peut aussi se manifester par une expression faciale peu mobile, une irritabilité, des colères, une difficulté face aux changements ou des troubles du sommeil. [3] Des difficultés de langage, un trouble du spectre de l’autisme ou d’autres troubles anxieux peuvent coexister avec le mutisme sélectif, sans constituer à eux seuls une explication de l’absence de parole propre à ce trouble. [2] [3]

Comment le mutisme sélectif est-il évalué ?

L’évaluation recherche d’abord le contraste entre des situations où la personne parle et celles où elle ne parvient pas à parler, ainsi que les conséquences sur la scolarité, les activités, les relations ou la communication sociale. [2] [3] Selon les critères diagnostiques présentés dans la source, la difficulté doit durer au moins un mois, en dehors du seul premier mois de scolarisation durant lequel certains enfants peuvent être naturellement réticents à parler. [3] Le diagnostic n’est pas retenu lorsque l’absence de parole s’explique par une méconnaissance ou un manque d’aisance dans la langue utilisée dans la situation concernée. [3] Un trouble de la communication se distingue en principe par des difficultés verbales présentes dans l’ensemble des contextes, tandis que le mutisme sélectif dépend de situations particulières. [3] Comme des difficultés de parole ou de langage peuvent néanmoins être associées au mutisme sélectif, une évaluation complète de ces capacités peut être nécessaire pour comprendre le profil de l’enfant. [3]

Quels sont les principes des soins du mutisme sélectif ?

Les interventions psychologiques décrites reposent souvent sur des composantes comportementales ou cognitivo-comportementales adaptées à l’âge, avec une exposition progressive aux situations de parole, de la psychoéducation et un renforcement positif. [3] La collaboration entre l’enfant, ses parents, les professionnels de santé et l’équipe éducative est particulièrement importante, car les difficultés varient selon les lieux et les interlocuteurs. [3] À l’école, exercer une pression directe pour faire parler l’enfant peut augmenter son anxiété ; les approches décrites privilégient une progression graduelle et reconnaissent aussi les réponses non verbales. [3] Les études disponibles indiquent que les interventions psychologiques sont plus efficaces que l’absence de traitement, mais elles ne permettent pas de déterminer avec certitude quelle méthode particulière est supérieure aux autres. [3] Cette incertitude tient notamment au faible nombre d’essais randomisés et à l’absence de mesures de résultat standardisées. [3]

Comment le mutisme sélectif peut-il évoluer ?

Le mutisme sélectif débute habituellement dans la petite enfance, mais il peut persister pendant l’adolescence et parfois jusqu’au début de l’âge adulte. [2] Même lorsque le mutisme paraît avoir disparu, certaines personnes continuent à présenter une inhibition de la parole, une grande timidité, une anxiété sociale ou des difficultés de communication. [2] La littérature concernant les adolescents et les jeunes adultes reste cependant limitée et repose largement sur des descriptions de cas, ce qui réduit la portée des estimations et des conclusions sur l’évolution. [2]

Qu’est-ce que le syndrome de mutisme cérébelleux ?

Le syndrome de mutisme cérébelleux est une complication reconnue de la chirurgie des tumeurs de la fosse postérieure chez l’enfant. [1] Il apparaît typiquement dans les jours suivant l’intervention et se manifeste principalement par un mutisme ou une réduction de la parole. [1] Des troubles moteurs, cognitifs ou émotionnels peuvent l’accompagner et persister sous forme de séquelles. [1] De nombreux enfants récupèrent progressivement la parole, mais la récupération peut être incomplète ou prolongée chez une partie d’entre eux. [1]

Que sait-on de ses facteurs de risque et de sa prévention ?

Les facteurs de risque préopératoires rapportés comprennent un jeune âge, une tumeur située sur la ligne médiane, un médulloblastome et une atteinte du tronc cérébral, mais les mécanismes du syndrome ne sont pas entièrement compris. [1] Les données suggèrent un rôle de lésions touchant certains réseaux cérébelleux impliqués dans les fonctions du langage, du mouvement et de la cognition. [1] Une méta-analyse n’a pas démontré de différence statistiquement significative de risque entre les voies chirurgicales télovélaire et transvermienne. [1] Cette conclusion doit rester prudente, car les estimations reposaient sur des études observationnelles, des rapports de risque non ajustés et des définitions variables du syndrome. [1] Les données disponibles ne justifient donc pas de privilégier l’une de ces deux voies opératoires uniquement pour prévenir le syndrome de mutisme cérébelleux. [1] Il n’existe par ailleurs ni outil diagnostique unique validé ni protocole thérapeutique standardisé pour ce syndrome. [1]

Sources et références

[3] Understanding Selective Mutism in Very Young Children

www.ebi.ac.uk · Version : 2025-07-09 · Consulté le 2026-09-16

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