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Mucopolysaccharidoses : définition, signes, diagnostic et traitements

Les mucopolysaccharidoses, ou MPS, forment une famille de maladies métaboliques héréditaires appartenant aux maladies de surcharge lysosomale. [1] [4] Elles sont liées à une dégradation insuffisante de molécules appelées glycosaminoglycanes, anciennement nommées mucopolysaccharides, qui s’accumulent progressivement dans les cellules et les tissus. [2] [4] Cette accumulation peut toucher plusieurs organes, notamment le squelette, les articulations, le cœur, les voies respiratoires, les yeux, l’audition, le foie, la rate et, dans certaines formes, le système nerveux. [1] [2] Les manifestations, leur âge d’apparition et leur évolution diffèrent fortement selon le type de MPS et la sévérité de la maladie. [1] [4]

Pourquoi existe-t-il plusieurs types de mucopolysaccharidose ?

Chaque type classique de MPS correspond au déficit d’une enzyme particulière intervenant dans la dégradation des glycosaminoglycanes. [1] [4] La nomenclature distingue notamment les MPS I, II, III, IV, VI, VII et IX, certaines étant elles-mêmes divisées en sous-types. [4] La MPS I comprend ainsi les formes de Hurler, Hurler-Scheie et Scheie, tandis que la MPS III comprend les sous-types A à D et la MPS IV les sous-types A et B. [1] [3] Ces appellations ne sont pas interchangeables, car les organes principalement atteints, la sévérité et les possibilités de traitement varient d’une forme à l’autre. [1] [4]

La plupart des MPS se transmettent sur un mode autosomique récessif, ce qui signifie généralement que les deux parents portent chacun une copie anormale du gène sans être eux-mêmes malades. [1] [4] La MPS II, appelée syndrome de Hunter, fait exception car sa transmission est liée au chromosome X et elle atteint principalement les garçons. [3] [4] Le syndrome MPS-plus ressemble aux MPS par certains signes et anomalies biochimiques, mais il ne résulte pas du déficit d’une enzyme lysosomale de dégradation des glycosaminoglycanes. [4]

Quels signes peuvent faire évoquer une MPS ?

Les signes apparaissent souvent pendant la petite enfance ou l’enfance, mais les formes atténuées peuvent évoluer discrètement pendant plusieurs années et être reconnues plus tard. [1] [4] Une petite taille, une croissance anormale, des cheveux ou une pilosité épaisse, une raideur articulaire et des traits du visage plus épais figurent parmi les manifestations générales décrites. [1] Le visage peut notamment présenter une tête volumineuse, un front proéminent, un nez court, des lèvres épaisses ou une langue augmentée de volume. [1] Des anomalies osseuses peuvent concerner la colonne vertébrale, le bassin, les hanches, les genoux, les mains, les pieds et la cage thoracique. [3] Certaines atteintes cervicales peuvent provoquer une instabilité ou un rétrécissement autour de la moelle épinière, en particulier dans les MPS I et IV. [3]

Les artères ou les valves cardiaques peuvent être atteintes, et des anomalies respiratoires peuvent être liées à un rétrécissement des voies aériennes ou aux déformations thoraciques. [1] [2] [3] Une baisse de la vision ou de l’audition est possible dans certaines formes. [1] Une déficience intellectuelle ou une détérioration neurologique progressive survient dans certaines MPS, mais l’intelligence peut rester normale dans d’autres formes. [1] La MPS III, ou syndrome de Sanfilippo, se distingue par une atteinte prédominante du système nerveux pouvant associer dégradation cognitive, troubles du comportement, hyperactivité, agressivité, troubles du sommeil et difficultés du langage. [3] [4] La MPS IV, ou syndrome de Morquio, touche surtout le squelette, tandis que la MPS VI peut entraîner d’importantes atteintes physiques sans être habituellement associée à une déficience cognitive. [1] [3]

Comment le diagnostic est-il établi ?

Après la naissance, la démarche diagnostique part de l’ensemble des symptômes, de l’examen clinique et des antécédents familiaux. [1] Une analyse des glycosaminoglycanes urinaires peut contribuer au bilan, mais elle peut manquer de précision et ne permet pas à elle seule de différencier tous les sous-types. [1] [3] La confirmation d’une MPS classique repose notamment sur la mesure de l’activité de l’enzyme concernée dans des cellules telles que les leucocytes ou les fibroblastes cultivés. [3] Les analyses génétiques peuvent préciser l’anomalie moléculaire responsable et contribuer à l’évaluation du risque familial. [1] [4]

Les radiographies peuvent montrer un ensemble caractéristique d’anomalies osseuses, parfois appelé dysostose multiple, sans toujours identifier précisément le type de MPS. [1] [3] Des examens complémentaires sont choisis selon les organes concernés, par exemple une échocardiographie en cas d’atteinte cardiaque ou une audiométrie en cas de trouble auditif. [1] L’imagerie sert également à rechercher et à surveiller les déformations du squelette, l’instabilité cervicale et les risques de compression neurologique. [3]

Quels sont les principes du traitement ?

Le traitement dépend du type de MPS, de sa sévérité et des organes atteints. [1] Il associe des soins symptomatiques et de soutien à des traitements visant la cause enzymatique lorsqu’ils existent pour le type concerné. [1] [3] Une enzymothérapie substitutive est utilisée à long terme pour certaines MPS afin d’apporter une enzyme fonctionnelle et de réduire les conséquences de l’accumulation des glycosaminoglycanes. [1] [2] Elle peut ralentir l’aggravation, améliorer certaines fonctions viscérales, la mobilité ou l’amplitude articulaire et réduire l’augmentation du volume du foie et de la rate. [1] [2] Les enzymothérapies intraveineuses conventionnelles pénètrent peu dans le système nerveux central et ont un effet limité sur la progression des anomalies osseuses. [2]

Une greffe de cellules souches hématopoïétiques ou de moelle osseuse peut être envisagée chez certaines personnes et pour certaines formes. [1] Cette procédure comporte toutefois des risques graves, notamment de décès ou de handicap, qui doivent être mis en balance avec ses bénéfices possibles. [1] Les anomalies déjà installées, notamment osseuses, ne sont pas nécessairement réversibles malgré un traitement spécifique. [2] [3] Les données de synthèse disponibles indiquent que certaines thérapies sont plus efficaces lorsqu’elles commencent très tôt dans l’évolution de la maladie. [2] Aucun traitement n’est présenté comme une guérison pleinement efficace de l’ensemble des mucopolysaccharidoses. [2]

Évolution et évaluations au cours du suivi

L’évolution dépend du type de MPS et de sa sévérité, certaines personnes pouvant avoir une espérance de vie proche de la normale alors que d’autres formes entraînent un décès prématuré. [1] Les formes comportant une atteinte cardiaque font partie de celles qui peuvent être associées à une mortalité précoce. [1] Les évaluations sont adaptées aux manifestations et peuvent porter sur le cœur, l’audition, la vision, les voies respiratoires, le développement neurologique et le squelette. [1] [3] L’imagerie répétée peut aider à apprécier la progression des déformations osseuses et à préparer une intervention orthopédique lorsqu’elle est nécessaire. [3]

Risque familial et diagnostic avant la naissance

L’identification du type de MPS et de son anomalie génétique permet de mieux caractériser le mode de transmission dans une famille. [4] Des analyses génétiques peuvent être proposées pour déterminer si un couple présente un risque accru d’avoir un enfant atteint d’une maladie héréditaire. [1] Avant la naissance, le diagnostic d’une mucopolysaccharidose peut faire appel à un prélèvement de villosités choriales ou à une amniocentèse. [1]

Sources et références

[2] Advances in Therapies for Mucopolysaccharidoses

www.ebi.ac.uk · Version : 2026-06-29 · Consulté le 2026-09-16

[3] Radiographic assessment of mucopolysaccharidoses: A pictorial review

www.ebi.ac.uk · Version : 2025-09-09 · Consulté le 2026-09-16

[4] Mucopolysaccharidoses—What Clinicians Need to Know: A Clinical, Biochemical, and Molecular Overview

www.ebi.ac.uk · Version : 2025-10-14 · Consulté le 2026-09-16

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