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Mucopolysaccharidose de type III : signes, diagnostic, soins et suivi

La mucopolysaccharidose de type III, aussi appelée syndrome de Sanfilippo, est une maladie génétique de surcharge lysosomale qui atteint plusieurs organes mais se caractérise surtout par une dégénérescence progressive du système nerveux central. [1] [3] Elle entraîne notamment une régression du développement, une déficience intellectuelle sévère et d'autres manifestations neurologiques. [1] Son évolution peut être rapide ou lente et sa sévérité varie entre les quatre sous-types, mais aussi entre des personnes d'une même famille. [1]

Que se passe-t-il dans l'organisme ?

Les lysosomes sont des compartiments cellulaires dans lesquels des enzymes participent à la dégradation de différentes molécules. [2] Dans la mucopolysaccharidose de type III, le déficit d'une enzyme nécessaire à la dégradation de l'héparane sulfate provoque l'accumulation de substances insuffisamment dégradées. [2] [3] Cette accumulation est à l'origine d'une atteinte cellulaire progressive, particulièrement importante dans le système nerveux. [1] [2]

La MPS III comprend quatre sous-types définis par l'enzyme déficitaire : IIIA, IIIB, IIIC et IIID. [1] [3] Ils sont respectivement associés aux gènes SGSH, NAGLU, HGSNAT et GNS. [1] [3] Ces sous-types appartiennent à la même maladie mais ne permettent pas, à eux seuls, de prévoir précisément la gravité ou la vitesse d'évolution chez une personne. [1]

Quels sont les signes possibles ?

Les manifestations commencent habituellement avant l'âge de dix ans. [1] Les signes neurologiques et développementaux peuvent comprendre une perte de capacités déjà acquises, une déficience intellectuelle, des troubles du comportement, des troubles du spectre de l'autisme et des difficultés de sommeil. [1] Une hyperactivité, des difficultés de langage et une altération des interactions sociales ont également été décrites. [2] [3] Ces manifestations ne suffisent pas isolément à reconnaître la maladie, car elles peuvent avoir de nombreuses autres causes. [1] [2]

Des manifestations en dehors du système nerveux sont possibles, notamment une raideur articulaire, des rétractions, une scoliose ou une dysplasie de la hanche. [1] Une perte auditive, des infections respiratoires ou sinopulmonaires et des difficultés alimentaires peuvent aussi faire partie de la maladie. [1] Une atteinte cardiaque est possible, notamment un épaississement des valves ou des anomalies du système de conduction électrique du cœur. [1] Dans une petite cohorte taïwanaise, les anomalies valvulaires observées étaient le plus souvent légères, ce résultat ne permettant pas d'estimer leur fréquence pour l'ensemble des patients. [3]

Comment la maladie évolue-t-elle ?

Un déclin neurologique progressif est décrit chez toutes les personnes atteintes, mais son rythme et sa gravité sont très variables. [1] Certaines formes très atténuées peuvent ne se révéler qu'au milieu ou à la fin de l'âge adulte, notamment par une démence précoce, avec ou sans antécédent de déficience intellectuelle. [1] Le décès survient le plus souvent au cours de la deuxième ou de la troisième décennie, en particulier à la suite de la régression neurologique ou d'infections respiratoires. [1] Cette évolution générale ne permet pas de prédire l'espérance de vie d'une personne donnée. [1]

Comment le diagnostic est-il confirmé ?

Le diagnostic est envisagé devant un ensemble de manifestations cliniques et de résultats biologiques évocateurs. [1] Des analyses urinaires peuvent rechercher un excès d'héparane sulfate ou des produits caractéristiques de son accumulation, mais le résultat doit être complété par des examens de confirmation. [2] La confirmation repose sur la mise en évidence du déficit de l'enzyme lysosomale concernée ou de deux variants pathogènes dans l'un des quatre gènes responsables. [1] L'identification de l'enzyme déficitaire ou du gène en cause permet de préciser le sous-type. [1] [3]

Quelle est la transmission génétique ?

La mucopolysaccharidose de type III se transmet selon un mode autosomique récessif. [1] Lorsque les deux parents sont porteurs de la variation responsable, chaque grossesse comporte une probabilité de 25 % d'avoir un enfant atteint, de 50 % d'avoir un enfant porteur sans symptômes et de 25 % d'avoir un enfant ni atteint ni porteur. [1] Lorsque les variants familiaux ont été identifiés, un test de portage chez certains proches ainsi qu'un diagnostic prénatal ou préimplantatoire peuvent être envisagés. [1]

Quels soins peuvent être proposés ?

La prise en charge décrite repose principalement sur des soins de soutien adaptés aux manifestations et aux besoins de chaque personne. [1] Elle peut comprendre des interventions pour les difficultés neurodéveloppementales, la perte auditive et les troubles visuels. [1] Les troubles musculosquelettiques peuvent relever de la kinésithérapie ou d'une prise en charge orthopédique. [1] Les troubles du comportement, les crises épileptiques, l'atteinte cardiaque, les troubles du sommeil et les difficultés alimentaires nécessitent une prise en charge adaptée par les professionnels concernés. [1] Dans la synthèse clinique transmise, dont la date de version n’est pas renseignée, aucun traitement des manifestations primaires de la MPS III n’est présenté comme cliniquement disponible et les options étudiées relèvent de la recherche ; cette source ne permet pas de conclure sur les traitements autorisés ou accessibles en France à la date de cette fiche. [1]

Quel suivi et quelles précautions sont nécessaires ?

Le suivi comprend une évaluation régulière des capacités de développement, des besoins éducatifs et des comportements destructeurs ou perturbateurs. [1] Il porte également sur l'appareil musculosquelettique, l'audition et l'atteinte cardiaque. [1] La surveillance cardiaque se justifie notamment parce que des anomalies valvulaires ou de la conduction peuvent survenir et évoluer avec l'âge. [1] [3]

Les interventions nécessitant une anesthésie doivent être évitées dans les centres qui ne disposent pas de l'équipement ou de l'expérience nécessaires à la prise en charge de voies aériennes complexes. [1] La chirurgie de la hanche est signalée comme une procédure à éviter en raison d'un risque élevé d'ostéonécrose de la tête fémorale. [1] L'environnement doit être adapté afin de réduire les risques liés à des comportements imprévisibles. [1]

Sources et références

[1] Mucopolysaccharidosis Type III - GeneReviews® - NCBI Bookshelf

GeneReviews, University of Washington, diffusion NCBI Bookshelf · Consulté le 2026-09-13

[2] Mucopolysaccharidosis III: Molecular basis and treatment

www.ebi.ac.uk · Version : 2021-01-01 · Consulté le 2026-09-16

[3] Cardiac characteristics and natural progression in Taiwanese patients with mucopolysaccharidosis III

www.ebi.ac.uk · Version : 2019-06-13 · Consulté le 2026-09-16

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