Mucopolysaccharidose de type I : formes, signes, diagnostic et traitements

La mucopolysaccharidose de type I, ou MPS I, est une maladie progressive qui peut atteindre plusieurs organes. [1] Sa gravité forme un continuum allant d’une forme sévère, historiquement appelée syndrome de Hurler, à des formes atténuées. [1] Les anciennes appellations de Hurler, Hurler-Scheie et Scheie ne correspondent pas à des catégories biologiques nettement séparées, car leurs manifestations cliniques se chevauchent. [1] La distinction entre une MPS I sévère et une MPS I atténuée demeure néanmoins importante, car elle influence les options thérapeutiques. [1]
Comment reconnaître la forme sévère de la MPS I ?
Dans la forme sévère, le nourrisson paraît généralement normal à la naissance. [1] Les premières manifestations sont souvent peu spécifiques, notamment une hernie ombilicale ou inguinale et des infections fréquentes des voies respiratoires supérieures avant l’âge d’un an. [1] L’épaississement progressif des traits du visage peut ne devenir apparent qu’après la première année. [1] Une déformation en saillie de la partie basse de la colonne vertébrale, appelée gibbosité, est fréquente et peut être observée pendant la première année. [1] La maladie provoque progressivement des anomalies du développement des os et une atteinte de nombreuses articulations. [1] Le ralentissement de la croissance linéaire devient généralement manifeste vers l’âge de trois ans. [1]
L’atteinte intellectuelle de la forme sévère est progressive et profonde, mais elle peut être difficile à reconnaître pendant la première année de vie. [1] Une atteinte cardiaque et respiratoire progressive, une baisse de l’audition et une opacification de la cornée sont également fréquentes. [1] Sans traitement, la forme sévère entraîne habituellement un décès pendant les dix premières années de vie, le plus souvent à la suite d’une défaillance cardiorespiratoire. [1]
Quels sont les signes d’une forme atténuée ?
Dans une MPS I atténuée, les premières manifestations apparaissent le plus souvent entre trois et dix ans. [1] La vitesse d’évolution et la gravité sont très variables d’une personne à l’autre. [1] Certaines personnes développent des complications graves réduisant leur espérance de vie, tandis que d’autres ont une durée de vie normale malgré un handicap important lié aux articulations et aux atteintes cardiorespiratoires. [1] Le développement psychomoteur peut être normal dans la petite enfance et certaines personnes ne présentent pas d’atteinte neurologique. [1] Des difficultés d’apprentissage ou des manifestations psychiatriques peuvent néanmoins apparaître plus tard. [1] La baisse de l’audition, l’atteinte des valves cardiaques, les troubles respiratoires et l’opacification de la cornée sont fréquents dans les formes atténuées. [1]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic ne repose pas sur un signe isolé, car les premières manifestations peuvent être peu spécifiques et les tableaux cliniques se chevauchent. [1] Chez une personne présentant des signes cliniques et biologiques évocateurs, il peut être établi par la mise en évidence d’une activité déficitaire de l’enzyme lysosomale alpha-L-iduronidase associée à une élévation des glycosaminoglycanes. [1] Il peut également être confirmé par l’identification de deux variants pathogènes du gène IDUA au moyen d’une analyse génétique moléculaire. [1] L’identification précise des variants du gène IDUA contribue à déterminer le phénotype, c’est-à-dire la manière dont la maladie est susceptible de se manifester. [1] Après le diagnostic, une évaluation clinique et biologique détaillée est nécessaire pour distinguer une forme sévère d’une forme atténuée. [1] Cette classification peut être particulièrement difficile chez un très jeune enfant. [1]
Quels sont les principaux traitements de la MPS I ?
La greffe de cellules souches hématopoïétiques est considérée comme le traitement de référence des enfants atteints d’une forme sévère. [1] Son résultat dépend fortement de l’importance des atteintes déjà présentes au moment du diagnostic et donc de l’âge auquel elle est réalisée. [1] La greffe peut améliorer la survie, la croissance, l’audition et l’évolution des atteintes cognitives, cardiaques et respiratoires. [1] Elle peut aussi réduire l’épaississement des traits du visage et l’augmentation du volume du foie et de la rate, ainsi que prévenir l’hydrocéphalie. [1] Son effet est plus limité sur les atteintes osseuses et articulaires, l’opacification de la cornée et certaines atteintes cardiaques. [1] Comme la greffe comporte des risques de complications graves et de décès, elle est principalement recommandée pour les enfants atteints d’une MPS I sévère. [1]
Le traitement enzymatique substitutif par laronidase est destiné aux manifestations de la MPS I situées en dehors du système nerveux central. [1] Chez les personnes présentant une forme atténuée, il peut améliorer la taille du foie, la croissance, la mobilité et l’amplitude des mouvements articulaires. [1] Il peut aussi ralentir la progression de la maladie respiratoire et améliorer l’apnée du sommeil dans les formes atténuées. [1] L’âge auquel le traitement enzymatique est commencé influence ses résultats. [1]
Pourquoi un suivi multidisciplinaire est-il nécessaire ?
Les traitements ciblés ne corrigent pas toutes les manifestations, ce qui rend nécessaires des soins de soutien adaptés aux organes atteints. [1] Ces soins peuvent notamment comprendre un accompagnement du développement et des apprentissages, de la kinésithérapie, des interventions orthopédiques, des aides auditives ou une assistance respiratoire pour l’apnée du sommeil. [1] Une prise en charge spécifique peut également être nécessaire en cas d’hydrocéphalie, de compression de la moelle épinière, de syndrome du canal carpien, d’atteinte de la cornée ou des valves cardiaques. [1] Les risques liés à l’anesthésie nécessitent une attention particulière chez les personnes atteintes de MPS I. [1]
La synthèse clinique recommande une évaluation annuelle par une équipe connaissant le caractère multisystémique de la MPS I. [1] Cette surveillance associe notamment des évaluations orthopédiques, ophtalmologiques, cardiaques, respiratoires, auditives et oto-rhino-laryngologiques. [1] Elle peut comprendre une échocardiographie, une exploration de la fonction respiratoire, une étude du sommeil et une mesure de la conduction nerveuse médiane. [1] Chez le nourrisson et l’enfant, le suivi porte aussi sur la croissance de la tête, le développement et les signes neurologiques pouvant évoquer une compression de la moelle épinière. [1] Chez les enfants présentant une forme atténuée, une évaluation psychoéducative est recommandée avant l’entrée à l’école primaire. [1]
Transmission familiale et dépistage des proches
La MPS I se transmet selon un mode autosomique récessif. [1] Lorsque les deux parents sont porteurs d’un variant pathogène du gène IDUA, chaque grossesse comporte une probabilité de 25 % d’avoir un enfant atteint. [1] Dans cette situation, chaque enfant a également une probabilité de 50 % d’être porteur sans être malade et de 25 % de n’être ni atteint ni porteur. [1] L’évaluation des proches à risque vise à établir le diagnostic avant l’apparition d’atteintes importantes afin de commencer le traitement aussi tôt que possible. [1] Une recherche de portage chez les proches et un diagnostic prénatal sont possibles lorsque les deux variants responsables de la maladie ont été identifiés dans la famille. [1]
Sources et références
[1] Mucopolysaccharidosis Type I - GeneReviews® - NCBI Bookshelf
GeneReviews, University of Washington, diffusion NCBI Bookshelf · Consulté le 2026-09-13
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