Maladies transmises par les tiques : principales infections, prévention et repères sur la maladie de Lyme

Les maladies transmises par les tiques sont un ensemble de maladies infectieuses provoquées par des bactéries, des virus ou des parasites. [2] La tique agit comme un vecteur en transmettant principalement ces agents pathogènes par sa salive lorsqu’elle se nourrit de sang. [2] En France, la borréliose de Lyme est la plus courante, mais l’encéphalite à tiques est également diagnostiquée et la présence de tiques porteuses du virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo justifie une vigilance particulière dans le sud du territoire. [2] Ces infections ne doivent pas être confondues, car elles n’ont pas le même agent causal ni les mêmes manifestations. [2]
Comment une tique peut-elle transmettre une infection ?
Une tique peut absorber un agent pathogène en prenant son repas de sang sur un hôte infecté, puis le transmettre à un autre animal ou à un humain au cours d’un repas ultérieur. [2] En France, les tiques sont surtout actives de mars à novembre et se rencontrent notamment dans les forêts, les champs, les prés et les jardins. [2] Les zones plutôt humides leur sont particulièrement favorables. [2] La présence d’une tique ou une piqûre n’implique cependant pas automatiquement une borréliose de Lyme, puisque la HAS estime entre 1 et 4 % le risque de transmission de cette infection à l’être humain après une piqûre. [1]
Quelles maladies transmises par les tiques sont signalées en France ?
La borréliose de Lyme, aussi appelée maladie de Lyme, est une infection bactérienne due à des bactéries du complexe Borrelia burgdorferi sensu lato. [2] Elle est transmise en France par des tiques Ixodes ricinus, et la bactérie responsable est présente sur l’ensemble du territoire. [2] Santé publique France indique qu’environ 39 000 cas ont été diagnostiqués en médecine générale en 2023, avec des différences régionales importantes et davantage de cas dans l’Est et le Centre. [2]
L’encéphalite à tiques est une infection virale qui atteint le système nerveux central. [2] Elle peut laisser des séquelles neurologiques pendant plusieurs années dans 40 % des cas. [2] La transmission se fait principalement par la piqûre d’une tique Ixodes ricinus dans les zones boisées et humides, mais une contamination plus rare par du lait cru ou du fromage au lait cru provenant d’un animal infecté est également décrite. [2] En France, les cas rapportés concernent particulièrement les régions de l’Est et l’Auvergne-Rhône-Alpes. [2]
La fièvre hémorragique de Crimée-Congo est une infection virale transmise par une tique du genre Hyalomma, mais aussi par le sang frais d’un animal infecté ou par les fluides corporels d’une personne infectée dont le virus circule dans le sang. [2] Elle peut provoquer de la fièvre, des frissons et des troubles digestifs, ainsi que, plus rarement, une maladie hémorragique avec des saignements incontrôlés pouvant être mortels. [2] Selon la mise à jour de Santé publique France du 2 août 2024, aucun cas humain n’avait alors été diagnostiqué en France, mais des tiques Hyalomma infectées avaient été retrouvées dans plusieurs départements du sud. [2]
Comment prévenir les piqûres et retirer une tique ?
Lors d’une promenade en forêt ou dans les prés, ou pendant des travaux de jardinage, il est conseillé de porter des vêtements longs couvrant les bras et les jambes ainsi qu’un chapeau. [2] Rentrer le bas du pantalon dans les chaussettes, rester sur les chemins et éviter les broussailles, les fougères et les hautes herbes contribuent également à réduire l’exposition. [2] Santé publique France et la HAS mentionnent aussi l’utilisation de répulsifs cutanés parmi les mesures de protection. [1] [2] Après une activité exposante, il est recommandé d’examiner soigneusement l’ensemble du corps afin de rechercher une tique difficile à repérer du fait de sa petite taille. [2] Lorsqu’une tique est découverte, elle doit être retirée aussi rapidement que possible avec un tire-tique ou, à défaut, une pince fine. [2] Pour la borréliose de Lyme, la HAS ne recommande pas une antibiothérapie préventive après une piqûre de tique. [1]
Quels signes et examens orientent vers une borréliose de Lyme ?
Lorsqu’une borréliose de Lyme se déclare, un érythème migrant, c’est-à-dire une manifestation cutanée, apparaît dans la majorité des cas au cours des 30 jours suivant la piqûre. [1] Le diagnostic de l’érythème migrant est uniquement clinique. [1] Des manifestations neurologiques ou rhumatologiques peuvent apparaître plus tardivement. [1] Des atteintes cardiaques ou ophtalmologiques sont également possibles, mais elles sont plus rares. [1]
Parmi les examens disponibles, la sérologie reste le test de référence pour la borréliose de Lyme. [1] Son résultat ne s’interprète pas isolément, mais en tenant compte du délai entre l’exposition aux tiques et l’apparition des signes cliniques évocateurs. [1] La HAS place ainsi l’évaluation clinique au centre du diagnostic. [1] Dans les situations complexes où les conditions cliniques, chronologiques et biologiques attendues ne sont pas toutes réunies, d’autres diagnostics doivent être recherchés au moyen d’examens complémentaires. [1] Une orientation rapide vers un centre de compétence ou de référence des maladies vectorielles liées aux tiques peut également être proposée dans ces situations complexes. [1]
Comment la borréliose de Lyme est-elle traitée et suivie ?
Lorsqu’une borréliose de Lyme est diagnostiquée, une antibiothérapie adaptée aux manifestations cliniques est recommandée chez l’adulte, l’enfant et la femme enceinte ou allaitante. [1] Le choix de l’antibiotique dépend de la forme clinique de la maladie. [1] La résolution des symptômes est souvent rapide chez la plupart des patients. [1] Lorsque des symptômes persistent après le traitement, une évaluation clinique approfondie est nécessaire pour vérifier l’efficacité thérapeutique. [1] Cette évaluation peut être menée dans un centre de compétence ou de référence des maladies vectorielles liées aux tiques, en lien avec le médecin traitant. [1]
Que signifie le syndrome post-borréliose de Lyme traitée ?
Le syndrome post-borréliose de Lyme traitée, ou PTLDS, désigne des symptômes qui persistent après une borréliose de Lyme déjà traitée par antibiothérapie. [1] Il se caractérise principalement par une fatigue inhabituelle et invalidante, des douleurs musculosquelettiques ou des troubles de la mémoire et de la concentration se prolongeant plus de six mois après la fin du traitement. [1] Ces symptômes peuvent affecter le quotidien et la qualité de vie. [1] Leurs causes restent mal connues et aucun test diagnostique spécifique du PTLDS n’est actuellement disponible. [1] L’interrogatoire sert à rechercher le lien entre les symptômes actuels et une borréliose de Lyme antérieure correctement traitée. [1] En cas de suspicion, la HAS privilégie une orientation vers un centre de compétence ou de référence des maladies vectorielles liées aux tiques. [1] La prise en charge recommandée est personnalisée, globale et pluridisciplinaire, avec la possibilité d’un accompagnement psychologique ou d’une réadaptation physique. [1]
Sources et références
[1] Haute Autorité de Santé - Borréliose de Lyme et autres maladies vectorielles à tiques : la HAS actualise ses recommandations
Haute Autorité de santé · Consulté le 2026-09-11
[2] Maladies vectorielles à tique : bien se protéger pendant la saison d’activité des tiques | Santé publique France
Santé publique France · Consulté le 2026-09-12
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