Maladies du côlon : symptômes, principales distinctions et examens

L’expression « maladies du côlon » ne correspond pas à un diagnostic unique, mais à un ensemble de troubles. Cette fiche présente surtout le cancer colorectal et les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin. [1] [2] Ces affections peuvent provoquer des manifestations communes, telles que des douleurs abdominales, une diarrhée, une constipation, du sang dans les selles, une fatigue ou un amaigrissement. [1] [2] Un symptôme digestif ne permet donc pas, à lui seul, de déterminer la maladie en cause. [1] [2]
Quels symptômes peuvent faire rechercher une maladie du côlon ?
Un cancer du côlon ou du rectum peut perturber le transit et entraîner une constipation récente ou qui s’aggrave, une diarrhée persistante ou une alternance entre diarrhée et constipation. [1] D’autres signes possibles sont des selles plus étroites que d’habitude, un besoin pressant d’aller à la selle, une sensation d’évacuation incomplète, des nausées ou des vomissements. [1] La présence de sang rouge ou foncé dans les selles, ainsi que des selles anormalement noires mêlées à du sang digéré, constitue un signe d’alerte. [1]
Une perte de poids inexpliquée, des douleurs abdominales, une grande fatigue, une fièvre durable ou une anémie découverte lors d’une prise de sang peuvent également conduire à rechercher une cause digestive. [1] Lors d’une poussée de maladie inflammatoire chronique de l’intestin, les manifestations les plus fréquentes sont les douleurs abdominales et les diarrhées répétées, parfois sanglantes. [2] Une maladie inflammatoire peut aussi s’accompagner d’une atteinte anale, de fatigue, de fièvre, d’anémie, de carences nutritionnelles ou d’un amaigrissement. [2] Des inflammations des articulations, de la peau ou des yeux peuvent survenir en dehors du tube digestif, surtout lorsqu’il existe une atteinte du côlon. [2]
Cancer du côlon : dépistage et confirmation du diagnostic
Le dépistage cherche des lésions susceptibles d’être cancéreuses ou d’évoluer vers un cancer chez une personne qui ne présente pas de symptôme. [1] En France, le dépistage organisé du cancer colorectal est proposé entre 50 et 74 ans. [1] Un dépistage individuel peut être proposé en cas de risque élevé, notamment en présence d’une maladie de Crohn, d’une rectocolite hémorragique ou d’un antécédent personnel ou familial d’adénome ou de cancer colorectal. [1] Un test de dépistage positif signifie que du sang a été détecté dans les selles, mais il ne suffit pas à conclure à un cancer. [1]
En cas de symptômes évocateurs ou de test positif, la coloscopie permet d’examiner les parois internes du rectum et du côlon à l’aide d’un tube souple muni d’une caméra. [1] Si une lésion est observée, le gastro-entérologue peut effectuer un prélèvement appelé biopsie ou retirer la lésion afin de la faire analyser. [1] C’est l’examen anatomopathologique des prélèvements qui confirme ou écarte le diagnostic de cancer et précise la nature de la lésion. [1] Lorsqu’un cancer est confirmé, un bilan sanguin et des examens d’imagerie servent à évaluer l’état général et l’étendue de la maladie avant de définir le projet thérapeutique. [1]
Maladie de Crohn et rectocolite hémorragique : quelles différences ?
Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, ou MICI, regroupent principalement la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique. [2] Elles sont caractérisées par une inflammation durable de la paroi digestive liée à une dérégulation du système immunitaire intestinal. [2] Elles évoluent généralement par poussées inflammatoires alternant avec des périodes de rémission, selon un rythme très variable d’une personne à l’autre. [2]
La maladie de Crohn peut atteindre n’importe quel segment du tube digestif, de la bouche à l’anus, même si elle touche fréquemment la fin de l’intestin grêle et le côlon. [2] Ses lésions sont discontinues, avec une alternance entre des zones atteintes et des zones de muqueuse saine. [2] La rectocolite hémorragique est limitée au rectum et au côlon, avec une inflammation continue qui commence dans le rectum et remonte plus ou moins haut. [2]
Comment une maladie inflammatoire du côlon est-elle diagnostiquée ?
Le diagnostic d’une MICI repose sur un ensemble de données cliniques, biologiques, endoscopiques et d’imagerie plutôt que sur un symptôme ou un test isolé. [2] Le bilan biologique peut rechercher une inflammation dans le sang par le dosage de la protéine CRP et dans les selles par celui de la calprotectine. [2] Une augmentation de la calprotectine indique une inflammation intestinale mais n’est pas spécifique d’une MICI. [2] L’endoscopie digestive constitue l’examen de référence pour localiser les lésions et réaliser des prélèvements. [2] Une IRM abdominale ou une vidéocapsule peut compléter le bilan lorsque l’intestin grêle doit être exploré. [2]
Principes des soins et complications des MICI
Selon une synthèse de l’Inserm modifiée en 2020, les soins des MICI visent à contrôler l’inflammation, traiter les poussées, prolonger les rémissions et favoriser la cicatrisation des lésions digestives. [2] Le choix du traitement dépend notamment du type de MICI, de l’étendue des lésions, de l’intensité de la poussée et du profil d’évolution de la maladie. [2] Une supplémentation nutritionnelle peut être nécessaire lorsque les diarrhées ou la malabsorption provoquent des carences. [2] Une intervention chirurgicale peut être proposée lorsque la maladie résiste au traitement ou lorsqu’une complication apparaît. [2]
Dans la maladie de Crohn, les inflammations répétées peuvent entraîner une sténose, c’est-à-dire un rétrécissement digestif susceptible d’aboutir à une occlusion. [2] Elles peuvent également favoriser une fistule reliant le segment digestif malade à un autre organe ou à la peau. [2] Le risque de cancer colorectal associé aux MICI augmente notamment lorsque les lésions coliques sont étendues et avec la durée d’évolution de la maladie. Une synthèse de l’Inserm modifiée en 2020 indique qu’un examen endoscopique de surveillance est régulièrement proposé aux patients concernés. [2]
Coloscopie et coloscanner : des examens différents
La coloscopie permet d’observer directement l’intérieur du côlon et d’effectuer des biopsies ou de retirer certaines lésions. [1] Le coloscanner est un examen d’imagerie qui reconstitue une image en trois dimensions de l’ensemble du côlon sans introduire de caméra à l’intérieur. [1] Il nécessite une préparation du côlon et l’insufflation de dioxyde de carbone pendant l’examen. [1] Contrairement à la coloscopie, le coloscanner ne permet pas de réaliser de biopsie. [1] Lorsqu’une image anormale est détectée au coloscanner, une coloscopie reste nécessaire pour prélever la lésion et établir le diagnostic. [1]
Quand parler de ses symptômes à un médecin ?
Il est important de parler à son médecin traitant d’un changement récent ou persistant du transit, de sang dans les selles, de douleurs abdominales, d’une fatigue importante, d’une anémie ou d’une perte de poids inexpliquée. [1] Ces manifestations peuvent avoir plusieurs causes et nécessitent une évaluation médicale plutôt qu’un autodiagnostic. [1]
Sources et références
[1] Cancer du côlon et du rectum : diagnostic après dépistage ou en présence de symptômes | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11
[2] Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) · Inserm, La science pour la santé
Inserm · Consulté le 2026-09-11
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