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Maladie du greffon contre l’hôte : formes aiguë et chronique, symptômes et prise en charge

La maladie du greffon contre l’hôte, souvent abrégée en GVH, est une complication dans laquelle des cellules immunitaires provenant du donneur reconnaissent les tissus du receveur comme étrangers et les attaquent. [3] Elle survient principalement après une allogreffe de cellules souches hématopoïétiques, c’est-à-dire une greffe réalisée avec les cellules d’un donneur. [3] La GVH peut prendre une forme aiguë ou chronique, avec des manifestations, une évolution et des modalités de prise en charge différentes. [1] [2] [3] Ses symptômes peuvent ressembler à ceux d’une infection, à un effet indésirable médicamenteux ou à une autre complication de la greffe, ce qui ne permet pas de conclure soi-même à une GVH. [1] [2] [3]

Pourquoi le greffon peut-il attaquer le receveur ?

Le greffon contient des cellules immunitaires capables de reconnaître les différences entre le donneur et le receveur, notamment celles liées au système de compatibilité HLA. [2] [3] Après la greffe, certaines cellules immunitaires du donneur peuvent s’activer, se multiplier et déclencher une inflammation qui endommage les tissus du receveur. [2] [3] Dans la forme chronique, des perturbations durables de la tolérance immunitaire peuvent entretenir l’inflammation et favoriser la formation de tissu cicatriciel ou de fibrose. [1]

Quelle différence entre GVH aiguë et GVH chronique ?

La distinction entre forme aiguë et forme chronique repose aujourd’hui surtout sur les manifestations cliniques, et pas uniquement sur le nombre de jours écoulés depuis la greffe. [2] [3] Une GVH présentant les signes caractéristiques de la forme aiguë peut persister, récidiver ou apparaître après les 100 premiers jours suivant la greffe. [2] [3] La GVH chronique débute habituellement entre trois mois et deux ans après la greffe, mais un début plus précoce reste possible. [1] Un syndrome de chevauchement peut associer simultanément des caractéristiques aiguës et chroniques. [1] [3]

Quels sont les symptômes de la GVH aiguë ?

La GVH aiguë touche principalement la peau, le tube digestif et le foie, avec l’atteinte d’un seul de ces organes ou de plusieurs d’entre eux. [2] [3] L’atteinte cutanée peut provoquer une éruption rouge, prurigineuse ou douloureuse, parfois étendue dans les formes sévères. [2] [3] L’atteinte digestive peut se manifester par une diarrhée, des douleurs abdominales, des nausées, des vomissements ou des lésions de la muqueuse digestive. [2] [3] L’atteinte du foie est souvent repérée par des anomalies du bilan hépatique, notamment une augmentation de la bilirubine ou des marqueurs de cholestase. [2] [3] La gravité de la forme aiguë varie d’une atteinte légère et limitée à une maladie sévère susceptible d’engager le pronostic vital. [2]

Comment se manifeste la GVH chronique ?

La GVH chronique est une maladie hétérogène qui peut atteindre plusieurs organes et associer inflammation, manifestations proches de maladies auto-immunes et fibrose. [1] La peau peut présenter des rougeurs, des démangeaisons, des modifications de pigmentation, des lésions ressemblant à un lichen ou un épaississement qui limite parfois les mouvements. [1] Les yeux peuvent devenir secs, rouges ou sensibles à la lumière, tandis que la bouche peut être sèche, rouge, douloureuse ou ulcérée. [1] L’atteinte digestive peut entraîner des difficultés à avaler, des nausées, des vomissements, une diarrhée chronique ou une mauvaise absorption des nutriments. [1] Les muscles, les articulations et les fascias peuvent être touchés, avec douleur, faiblesse, crampes ou diminution de la mobilité. [1] Une atteinte pulmonaire peut provoquer une obstruction progressive des petites bronches, parfois avant l’apparition de symptômes évidents. [1] La GVH chronique peut également atteindre le foie, les organes génitaux, le système nerveux, les reins ou les glandes endocrines. [1]

Comment le diagnostic et la gravité sont-ils évalués ?

L’évaluation associe les symptômes, l’examen clinique, les analyses biologiques et, selon les organes concernés, des examens fonctionnels comme les explorations respiratoires. [1] [3] Une biopsie d’un tissu atteint peut être nécessaire lorsque les manifestations ne sont pas suffisamment caractéristiques ou lorsqu’il faut écarter une infection, une toxicité médicamenteuse ou une autre complication. [1] [2] [3] Dans la GVH chronique, chaque organe atteint est évalué selon l’importance des manifestations et de la perte de fonction. [1] La sévérité globale est ensuite classée comme légère, modérée ou sévère en tenant compte du nombre d’organes touchés et de la gravité de chaque atteinte. [1] Les biomarqueurs étudiés pour diagnostiquer ou prévoir l’évolution de la GVH ne sont pas encore validés pour remplacer cette évaluation clinique. [1] [3]

Quels sont les principes du traitement ?

Le traitement dépend de la forme aiguë ou chronique, de la gravité, des organes atteints, de l’état général et des traitements déjà reçus. [1] [2] [3] Les formes limitées peuvent parfois être traitées localement, notamment par des traitements appliqués sur la peau ou d’autres organes accessibles. [1] [2] Les formes plus étendues ou plus sévères nécessitent généralement un traitement immunosuppresseur systémique, le plus souvent fondé initialement sur des corticostéroïdes. [1] [2] [3] Si la maladie ne répond pas suffisamment aux corticostéroïdes ou réapparaît lors de leur diminution, d’autres traitements immunomodulateurs peuvent être envisagés par l’équipe spécialisée. [1] [2] Le choix d’un traitement supplémentaire dépend notamment de ses effets indésirables, des organes atteints, des antécédents du patient et du niveau de preuve disponible. [1] L’efficacité doit être mise en balance avec le risque d’infections et les autres toxicités provoquées par une immunosuppression prolongée. [1] [2] [3]

Pourquoi le suivi reste-t-il important ?

La GVH chronique peut évoluer progressivement et certaines atteintes ne sont reconnues qu’après l’apparition d’une limitation fonctionnelle. [1] Un examen régulier des organes susceptibles d’être touchés est donc essentiel, y compris en l’absence de plainte évidente. [1] La surveillance respiratoire est particulièrement importante car une obstruction pulmonaire peut être silencieuse au début et devenir irréversible. [1] Le suivi recherche aussi les infections, la dénutrition, les effets indésirables des traitements et les séquelles fonctionnelles touchant notamment la peau, les yeux, la bouche, les articulations ou les poumons. [1] [3] La prévention de la GVH fait partie de la stratégie de l’allogreffe et peut associer des médicaments immunosuppresseurs à des choix portant sur le donneur, le greffon et la technique de transplantation. [2] [3] Ces stratégies sont adaptées au contexte de la greffe car une immunosuppression plus forte peut réduire la GVH tout en augmentant le risque infectieux ou celui d’autres complications. [2]

Sources et références

[1] Chronic Graft-Versus-Host Disease - The EBMT Handbook - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

[2] Acute Graft-Versus-Host Disease - The EBMT Handbook - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

[3] Graft-Versus-Host Disease - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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Spécialités médicales concernées

Médecine interne et immunologie clinique