Maladie de Shwachman-Diamond : signes, diagnostic, traitements et suivi

La maladie de Shwachman-Diamond, également appelée syndrome de Shwachman-Diamond, est une maladie génétique rare qui touche principalement le fonctionnement du pancréas, la production des cellules sanguines par la moelle osseuse et le squelette. [1] [2] Elle peut entraîner une mauvaise absorption des nutriments, un ralentissement de la croissance, des infections répétées et différentes anomalies du sang ou des os. [1] Les manifestations varient sensiblement d'une personne à l'autre et ne sont pas nécessairement toutes présentes au moment des premiers symptômes. [2] [3]
Quels organes sont concernés ?
Le pancréas exocrine produit normalement des enzymes qui participent à la digestion des aliments. [1] [2] Dans la maladie de Shwachman-Diamond, son dysfonctionnement peut provoquer une malabsorption, une dénutrition, un déficit en vitamines liposolubles et un défaut de croissance. [1] [2] Des selles grasses, appelées stéatorrhée, ainsi qu'une diarrhée chronique peuvent révéler cette insuffisance pancréatique, mais les signes digestifs ne sont pas présents chez toutes les personnes atteintes. [2] [3]
La moelle osseuse peut produire en quantité insuffisante une ou plusieurs catégories de cellules sanguines, ce que l'on appelle une cytopénie. [1] [3] La neutropénie correspond à une diminution des neutrophiles, des globules blancs importants pour la défense contre les infections. [1] [2] Elle est souvent précoce, persistante ou intermittente, et contribue à la survenue d'infections répétées. [1] Une anémie ou une diminution des plaquettes peut également survenir, avec notamment fatigue ou saignements selon les cellules concernées. [2]
Les atteintes osseuses peuvent comprendre une petite taille, des anomalies de la cage thoracique, des membres, des articulations, de la colonne vertébrale ou des doigts. [1] [2] Une diminution de la densité osseuse peut aussi faire partie des complications surveillées. [1] [2] Des difficultés du développement, de l'attention ou des apprentissages ont également été rapportées chez certains enfants. [1] [2]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic repose sur l'association des manifestations cliniques, de l'évaluation du fonctionnement pancréatique, des examens sanguins et de l'analyse génétique. [1] [2] Une numération formule sanguine recherche une diminution des neutrophiles, des globules rouges ou des plaquettes. [2] L'insuffisance pancréatique peut être évaluée à l'aide de marqueurs biologiques adaptés à l'âge, d'analyses des selles et, selon la situation, d'une imagerie du pancréas. [2] [3] L'examen de la moelle osseuse contribue à évaluer une insuffisance médullaire et à rechercher des modifications évocatrices d'un syndrome myélodysplasique ou d'une leucémie aiguë myéloïde. [1] [2]
Le syndrome ne se limite pas aux anomalies du seul gène SBDS. [1] Le diagnostic moléculaire peut notamment identifier deux variants pathogènes dans les gènes SBDS, DNAJC21 ou EFL1, ou un variant pathogène de SRP54. [1] Les signes digestifs, sanguins ou osseux pris isolément ne suffisent pas à permettre un autodiagnostic. [2] [3] D'autres causes d'insuffisance pancréatique ou d'insuffisance de la moelle osseuse doivent être écartées au cours de l'évaluation. [2]
Transmission génétique et conseil familial
La transmission est le plus souvent autosomique récessive lorsque la maladie est liée à SBDS, DNAJC21 ou EFL1. [1] Lorsque les deux parents sont porteurs d'un variant pathogène récessif familial, chaque grossesse comporte une probabilité de 25 % d'enfant atteint, de 50 % d'enfant porteur sans manifestation clinique et de 25 % d'enfant ni atteint ni porteur. [1] La forme liée à SRP54 se transmet selon un mode autosomique dominant et résulte le plus souvent d'un variant apparu de novo chez la personne atteinte. [1] Un conseil génétique permet d'interpréter ces résultats selon le gène, les variants identifiés et l'histoire de la famille. [1] Lorsque les variants familiaux sont connus, un dépistage des apparentés à risque et des possibilités de diagnostic prénatal ou préimplantatoire peuvent être discutés. [1]
Quels sont les principes du traitement ?
La prise en charge est adaptée aux organes atteints et repose sur une équipe multidisciplinaire. [1] [2] L'insuffisance pancréatique exocrine est traitée par des enzymes pancréatiques prises par voie orale et par une supplémentation des vitamines liposolubles lorsqu'elle est nécessaire. [1] [2] La croissance, l'état nutritionnel et la fonction pancréatique sont réévalués afin d'adapter la prise en charge. [1] [2]
Des transfusions de globules rouges ou de plaquettes peuvent être envisagées en cas d'anémie ou de thrombopénie suffisamment importante. [1] [2] Le facteur de croissance G-CSF peut être considéré dans certaines neutropénies sévères associées à des infections récurrentes, mais il n'est pas nécessaire chez la plupart des patients. [1] [2] Son utilisation prolongée demande de la prudence et ne doit pas avoir pour seul objectif de normaliser les résultats de la numération sanguine. [1] [2]
Une greffe de cellules souches hématopoïétiques peut être envisagée pour traiter une insuffisance médullaire sévère, un syndrome myélodysplasique ou une leucémie aiguë myéloïde. [1] La maladie de Shwachman-Diamond expose à davantage de complications liées à la chimiothérapie et à la greffe que certaines maladies hématologiques isolées. [2] Certains médicaments employés dans la préparation à la greffe peuvent être inadaptés en raison d'un risque possible de toxicité cardiaque. [1]
Pourquoi un suivi régulier est-il nécessaire ?
Le suivi vise à prévenir ou à repérer précocement les conséquences nutritionnelles, hématologiques, osseuses et développementales de la maladie. [1] Il comprend une évaluation régulière de la croissance, de l'état nutritionnel et des concentrations sanguines de vitamines liposolubles. [1] [2] Des numérations sanguines répétées et, selon les constatations, des examens de la moelle osseuse servent à surveiller l'insuffisance médullaire, le syndrome myélodysplasique et la leucémie aiguë myéloïde. [1] [2] Cette surveillance reste nécessaire même lorsque les manifestations paraissent stables, car certaines anomalies hématologiques peuvent apparaître plus tard. [2]
Le suivi orthopédique dépend des anomalies initiales et peut comporter des radiographies des hanches ou des genoux pendant la croissance ainsi qu'une mesure de la densité osseuse. [1] [2] Des évaluations du développement et des fonctions neuropsychologiques permettent d'identifier les enfants ayant besoin d'un accompagnement éducatif ou de soins adaptés. [1] [2] Les manifestations dentaires, buccales, endocriniennes, hépatiques ou urinaires sont également recherchées selon l'âge et la situation clinique. [1]
Les frères et sœurs d'une personne atteinte peuvent être évalués afin d'identifier ceux qui bénéficieraient d'un traitement ou de mesures préventives précoces. [1] Tout donneur apparenté envisagé pour une greffe doit être évalué afin d'éviter le recours à un membre de la famille atteint mais encore asymptomatique. [1] Une grossesse chez une personne atteinte relève d'un suivi à haut risque comprenant un avis hématologique. [1]
Sources et références
[1] Shwachman-Diamond Syndrome - GeneReviews® - NCBI Bookshelf
GeneReviews, University of Washington, diffusion NCBI Bookshelf · Consulté le 2026-09-13
[2] Shwachman-Diamond Syndrome - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
[3] Clinical features, epidemiology, and treatment of Shwachman-Diamond syndrome: a systematic review
www.ebi.ac.uk · Version : 2023-10-06 · Consulté le 2026-09-16
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