Maladie de Menkès : signes, diagnostic, soins et évolution

La maladie de Menkès est une maladie génétique rare et progressive qui perturbe le transport du cuivre dans l'organisme. [2] Elle touche plusieurs organes, en particulier le système nerveux, les cheveux, la peau, les os et les vaisseaux sanguins. [2] Dans sa forme classique, elle débute généralement au cours des premiers mois de vie et peut entraîner une atteinte neurologique sévère. [2] Un diagnostic très précoce est important, car le bénéfice du traitement par cuivre dépend notamment de l'âge auquel il commence et du fonctionnement résiduel de la protéine atteinte. [2]
Pourquoi le transport du cuivre est-il perturbé ?
La maladie est due à une variation pathogène du gène ATP7A, qui porte les instructions nécessaires à la fabrication d'une protéine transportant le cuivre. [2] Lorsque cette protéine fonctionne mal, le cuivre reste notamment piégé dans les cellules intestinales et devient insuffisamment disponible pour le cerveau et pour plusieurs enzymes qui en ont besoin. [2] Ce mécanisme explique l'association d'une neurodégénérescence, d'anomalies des tissus conjonctifs, d'une fragilité vasculaire et de modifications de la peau et des cheveux. [2]
La transmission est généralement récessive liée au chromosome X, ce qui explique que la maladie concerne presque exclusivement les garçons. [2] Les femmes porteuses d'une variation d'ATP7A ne présentent habituellement pas la maladie, mais de rares cas féminins sont rapportés dans des circonstances génétiques particulières. [2] Une partie des cas résulte d'une nouvelle variation génétique, sans antécédent familial connu. [2]
Quels signes peuvent faire évoquer la maladie de Menkès ?
La grossesse, l'accouchement et les mensurations à la naissance sont souvent sans particularité dans la forme classique. [2] Certains nouveau-nés présentent néanmoins une jaunisse prolongée, une température corporelle basse, une diminution du tonus, des difficultés alimentaires, un hématome du cuir chevelu ou des fractures. [2] Les signes les plus caractéristiques apparaissent souvent vers l'âge de deux à trois mois, après une période de santé apparemment normale. [2]
Les cheveux, normaux à la naissance, peuvent devenir fins, clairsemés, cassants, crépus ou avoir un aspect raide évoquant un fil métallique. [2] Ces anomalies capillaires ont conduit aux appellations historiques de maladie des cheveux crépus ou de maladie des cheveux en fil de fer. [1] [2] La peau peut être lâche et plissée, tandis que le visage peut présenter des traits affaissés et un menton de petite taille. [2]
Le retard ou la régression du développement, l'hypotonie et les crises d'épilepsie constituent des manifestations neurologiques importantes. [2] Des mouvements inhabituels des yeux ou des membres peuvent être les premiers signes observés par les parents, et des épisodes d'apnée ou des crises non convulsives sont également possibles. [2] Une prise de poids insuffisante, des difficultés à s'alimenter, des troubles digestifs, des infections répétées et des anomalies urinaires peuvent compléter le tableau. [2] La fragilité du tissu conjonctif peut provoquer une diminution de la densité osseuse, des déformations et des fractures, ainsi qu'une tortuosité anormale des vaisseaux sanguins. [2]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic repose sur un ensemble d'arguments cliniques, biologiques, radiologiques et génétiques plutôt que sur un signe isolé. [2] Les concentrations sanguines de cuivre et de céruloplasmine sont habituellement basses, mais ces résultats ne doivent pas être interprétés seuls, car ils peuvent aussi être bas chez les nourrissons de moins de six mois. [2] L'examen microscopique de plusieurs cheveux peut révéler des torsions et des cassures caractéristiques, mais tous les cheveux ne présentent pas nécessairement les mêmes anomalies. [2]
L'imagerie cérébrale peut montrer une atrophie, un retard de formation de la myéline, des collections sous-durales ou une tortuosité des artères. [2] Un électroencéphalogramme peut être réalisé pour étudier les crises d'épilepsie et leur évolution. [2] L'analyse moléculaire du gène ATP7A permet de rechercher la variation génétique responsable et peut être complétée par une recherche de délétions ou de duplications. [2]
Quels sont les principes du traitement ?
Le traitement vise à rendre le cuivre disponible pour les enzymes qui en dépendent et à limiter autant que possible les lésions neurologiques irréversibles. [2] La source clinique décrit l'histidinate de cuivre administré par voie sous-cutanée ou intraveineuse, car le cuivre donné par voie orale reste piégé dans les cellules intestinales et n'est pas efficace. [2] Le traitement est d'autant plus susceptible d'être utile qu'il débute avant l'apparition des lésions neurologiques, idéalement au cours des premières semaines de vie. [2] Même commencé tôt, il ne garantit pas une amélioration neurologique importante chez tous les enfants, car la réponse dépend aussi de la variation d'ATP7A et de l'activité résiduelle de la protéine. [2] Une accumulation de cuivre dans les reins peut léser les tubules rénaux, ce qui constitue un risque à prendre en compte au cours de la prise en charge. [2]
Les soins associent aussi la prise en charge des crises d'épilepsie, des difficultés nutritionnelles, des troubles urinaires, de la fragilité osseuse et des autres complications. [2] Une aide à l'alimentation, pouvant aller jusqu'à une sonde de gastrostomie en cas de trouble important de la déglutition ou de la croissance, peut être proposée. [2] La kinésithérapie, l'ergothérapie, l'orthophonie et certaines aides orthopédiques peuvent participer au maintien des capacités et au confort. [2] La prise en charge est multidisciplinaire et peut faire intervenir notamment la génétique médicale, la neurologie, la nutrition, l'urologie et les professionnels de la réadaptation. [2]
Évolution et complications possibles
La forme classique de la maladie de Menkès a généralement une évolution sévère, avec une neurodégénérescence progressive et une espérance de vie souvent limitée à la petite enfance. [2] Les complications décrites comprennent des crises d'épilepsie difficiles à contrôler, des hématomes sous-duraux, une atteinte visuelle, des infections répétées et des problèmes vasculaires, respiratoires, digestifs ou rénaux. [2] Les infections respiratoires et les complications vasculaires figurent parmi les causes importantes de décès dans la forme classique. [2]
Toutes les maladies liées à ATP7A n'ont cependant pas la même évolution que la maladie de Menkès classique. [2] Le syndrome de la corne occipitale est une forme plus modérée, souvent reconnue plus tard et dominée par des anomalies du tissu conjonctif et du squelette. [2] Une neuropathie motrice distale liée à ATP7A peut également débuter à l'âge adulte, avec une faiblesse et une fonte musculaire distales, et ne correspond pas à la présentation infantile classique. [2]
Diagnostic précoce et accompagnement de la famille
Chez un nourrisson présentant une hypotonie, une hypothermie, une jaunisse prolongée, des cheveux inhabituels, un retard du développement ou des mouvements évocateurs de crises, la maladie de Menkès fait partie des diagnostics que l'équipe médicale peut rechercher. [2] La possibilité d'un traitement plus efficace avant les lésions neurologiques explique l'importance d'une évaluation diagnostique précoce, en particulier lorsqu'il existe un antécédent familial. [2] Le conseil génétique aide la famille à comprendre le mode de transmission, le risque pour une future grossesse et les possibilités de diagnostic prénatal. [2] Lorsqu'une variation familiale est connue, une recherche génétique ciblée peut être envisagée pendant la grossesse. [2] Un soutien psychologique et social est également important compte tenu de la rapidité d'évolution de la maladie et de ses conséquences pour l'enfant et ses proches. [2]
Sources et références
[1] Breizh CoCoA 2024
www.bretagne.ars.sante.fr · Consulté le 2026-09-15
[2] Menkes Disease - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
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