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Maladie à virus Marburg : symptômes, transmission, diagnostic et prise en charge

La maladie à virus Marburg, autrefois appelée fièvre hémorragique de Marburg, est une infection humaine rare, grave et souvent mortelle. [1] Elle est provoquée par le virus Marburg ou le virus Ravn, qui appartiennent à la même espèce virale. [1] La maladie de Marburg et la maladie à virus Ebola sont cliniquement proches, mais elles sont causées par des virus différents. [1] Lors des épidémies passées, la proportion de décès parmi les cas recensés a varié de 24 % à 88 %, avec une moyenne proche de 50 %. [1]

Comment le virus Marburg se transmet-il ?

La roussette d’Égypte, une chauve-souris frugivore appelée Rousettus aegyptiacus, est considérée comme l’hôte naturel du virus Marburg. [1] Les premières infections humaines sont notamment associées à une exposition prolongée dans des mines ou des grottes abritant des colonies de ces chauves-souris. [1] Une fois introduit chez l’être humain, le virus peut se transmettre par contact direct, à travers une peau lésée ou une muqueuse, avec le sang, les sécrétions, les organes ou d’autres liquides biologiques d’une personne infectée. [1] La transmission peut aussi survenir au contact de vêtements, de literie ou d’autres surfaces contaminés par ces liquides biologiques. [1] Les soins réalisés sans précautions strictes, les accidents avec une aiguille contaminée et les rites funéraires impliquant un contact direct avec le corps peuvent favoriser la transmission. [1] Une personne ne transmet pas la maladie avant l’apparition des symptômes, mais elle reste contagieuse tant que son sang contient le virus. [1]

Quels sont les symptômes de la maladie de Marburg ?

La période d’incubation, comprise entre l’infection et les premiers symptômes, dure de 2 à 21 jours. [1] La maladie débute généralement de façon brutale par une forte fièvre, des maux de tête intenses, un profond malaise et des douleurs musculaires. [1] Une diarrhée aqueuse importante, des douleurs ou crampes abdominales, des nausées et des vomissements peuvent apparaître à partir du troisième jour. [1] Une éruption cutanée non prurigineuse, c’est-à-dire sans démangeaisons, a été observée entre deux et sept jours après le début des symptômes. [1]

À partir du cinquième jour, certains patients développent des manifestations hémorragiques telles que du sang dans les vomissements ou les selles et des saignements du nez, des gencives, du vagin ou des points de ponction veineuse. [1] Une atteinte du système nerveux central peut entraîner une confusion, une irritabilité ou une agressivité. [1] Les formes graves peuvent évoluer vers une défaillance de plusieurs organes, une chute importante de la pression artérielle et un état de choc. [2] Dans les cas mortels décrits par l’OMS, le décès survient le plus souvent huit à neuf jours après le début des symptômes, généralement après une perte de sang importante et un état de choc. [1]

Pourquoi les symptômes ne suffisent-ils pas au diagnostic ?

Les premiers signes de la maladie de Marburg ne sont pas spécifiques et peuvent ressembler à ceux du paludisme, de la fièvre typhoïde, de la shigellose, d’une méningite ou d’autres fièvres hémorragiques virales. [1] La présence de fièvre, de diarrhée ou de saignements ne permet donc pas, à elle seule, de conclure à une infection par le virus Marburg. [1] [2] L’évaluation tient notamment compte des symptômes et des expositions possibles, comme un séjour dans une zone touchée, l’entrée dans une grotte abritant des chauves-souris ou le contact avec une personne atteinte ou suspectée de fièvre hémorragique. [2]

La confirmation repose sur des analyses spécialisées, notamment la RT-PCR, la recherche d’antigènes, des tests sérologiques de type ELISA ou l’isolement du virus en culture cellulaire. [1] Les prélèvements provenant d’un patient représentent un risque biologique extrême lorsqu’ils ne sont pas inactivés. [1] Leur manipulation et certains examens doivent être réalisés par du personnel formé dans des laboratoires disposant d’un niveau de confinement adapté. [1]

Quels sont les principes de la prise en charge ?

Une prise en charge symptomatique intensive commencée tôt peut améliorer les chances de survie. [1] Elle vise notamment à corriger la déshydratation et les déséquilibres en électrolytes, à soutenir l’oxygénation et à traiter les complications. [1] [2] Des transfusions de sang ou de produits sanguins peuvent faire partie des soins de soutien selon l’état du patient. [2] L’OMS indique qu’aucun vaccin ni traitement antiviral n’est actuellement approuvé contre la maladie à virus Marburg et que plusieurs vaccins, antiviraux et anticorps monoclonaux candidats restent en cours d’évaluation. [1]

Les patients suspectés ou confirmés doivent être isolés dans un centre de traitement désigné afin de recevoir des soins précoces et d’éviter une transmission au domicile. [1] Dans les établissements de santé, la prévention repose sur l’hygiène des mains, des équipements de protection adaptés, la sécurité des injections et des mesures supplémentaires empêchant le contact avec le sang, les liquides biologiques et le matériel contaminé. [1]

Comment réduire le risque de transmission ?

Dans les zones concernées, la prévention des infections provenant des chauves-souris consiste à limiter l’exposition prolongée aux mines et aux grottes occupées par des roussettes. [1] Les personnes qui doivent entrer dans ces lieux sont invitées par l’OMS à porter des gants et d’autres vêtements de protection appropriés, dont un masque. [1] Pendant une épidémie, l’OMS recommande également de cuire complètement le sang et la viande provenant d’animaux avant leur consommation. [1]

La prévention de la transmission entre personnes repose sur l’absence de contact physique étroit avec les malades et avec leurs liquides biologiques. [1] Lors d’une épidémie, la lutte collective associe la prise en charge et l’isolement des cas, la recherche et la surveillance des contacts, la prévention des infections dans les soins et des pratiques funéraires sûres et dignes. [1] L’OMS décrit une surveillance de l’état de santé des personnes ayant été en contact avec un malade pendant 21 jours. [1]

Quel suivi peut être nécessaire après la guérison ?

Après la phase aiguë, certaines personnes peuvent conserver des séquelles physiques ou psychologiques et avoir besoin d’un accompagnement favorisant leur rétablissement et leur réintégration sociale. [1] Chez certaines personnes guéries, le virus peut persister dans des sites dits immunologiquement privilégiés, notamment les testicules et l’intérieur de l’œil. [1] Une rechute symptomatique sans nouvelle infection est rare, mais elle a été documentée. [1]

Une transmission par du sperme infecté a été documentée jusqu’à sept semaines après la guérison clinique. [1] L’OMS recommande aux hommes survivants et à leurs partenaires un accompagnement sur les pratiques sexuelles protégées ainsi qu’un programme mensuel d’analyse du sperme jusqu’à l’obtention de deux résultats négatifs consécutifs. [1] En l’absence d’un tel programme, l’OMS recommande aux hommes survivants de maintenir des pratiques sexuelles protégées pendant douze mois. [1] L’OMS ne recommande pas d’isoler les personnes convalescentes dont le sang a été testé négatif pour le virus Marburg. [1]

Sources et références

[1] Marburg virus disease

Organisation mondiale de la santé · Consulté le 2026-09-11

[2] Marburg Virus Disease - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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