Maladie de Lafora : signes, diagnostic, soins et évolution

La maladie de Lafora est une maladie neurologique génétique grave appartenant au groupe des épilepsies myocloniques progressives. [1] Elle apparaît le plus souvent chez un adolescent jusque-là en bonne santé et associe progressivement des crises d’épilepsie, des secousses musculaires appelées myoclonies et une dégradation des capacités cognitives. [1] Il n’existe actuellement ni traitement curatif ni intervention capable de prévenir la maladie, mais les soins peuvent viser les crises, les myoclonies, l’autonomie et le confort. [1]
Pourquoi la maladie de Lafora se développe-t-elle ?
La maladie de Lafora se transmet principalement selon un mode autosomique récessif, ce qui signifie que les deux copies d’un gène impliqué doivent être altérées pour que la maladie se manifeste. [1] Les deux principaux gènes en cause sont EPM2A et NHLRC1, également nommé EPM2B. [1] [2] Ces gènes permettent normalement la production de protéines appelées laforine et maline, qui participent au contrôle du métabolisme du glycogène. [1] [2] Lorsque l’une de ces protéines ne fonctionne pas correctement, un glycogène anormal, peu ramifié et insoluble s’accumule dans les cellules sous forme de corps de Lafora. [1] [2] Ces dépôts se retrouvent notamment dans le cerveau, mais aussi dans la peau, les muscles, le foie et d’autres tissus. [1] [2] Dans le système nerveux, leur accumulation est associée à l’épilepsie, à l’inflammation et à la dégénérescence progressive des cellules nerveuses. [1] [2]
Quels sont les premiers signes et les manifestations possibles ?
La plupart des personnes ne présentent pas de symptôme avant l’adolescence, et les premières manifestations surviennent habituellement entre 11 et 18 ans. [1] Les crises myocloniques et les crises occipitales, qui prennent naissance dans les régions cérébrales liées à la vision, font partie des manifestations caractéristiques. [1] Les crises occipitales peuvent provoquer une cécité transitoire, des hallucinations visuelles simples ou complexes, ou une réaction convulsive à la lumière. [1] D’autres formes de crises sont possibles, notamment les crises tonico-cloniques généralisées, les absences atypiques, les crises atoniques avec perte de tonus et certaines crises focales. [1] Les myoclonies peuvent être localisées ou généralisées, symétriques ou asymétriques, et devenir progressivement presque continues. [1] Elles sont généralement aggravées par l’action, la stimulation lumineuse ou une émotion intense, tandis qu’elles disparaissent habituellement pendant le sommeil. [1]
Une difficulté à coordonner les mouvements, appelée ataxie, ainsi que des troubles de la parole, de la vision et de la réalisation des gestes peuvent s’ajouter aux crises. [1] Le déclin intellectuel commence souvent tôt et peut évoluer vers une démence sévère. [1] Des modifications du comportement, une dépression, une apathie ou, à un stade plus tardif, des symptômes psychotiques peuvent également survenir. [1] Les myoclonies constituent souvent une cause précoce de handicap et peuvent conduire à l’utilisation d’un fauteuil roulant. [1]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic repose sur l’ensemble des manifestations cliniques, des examens électrophysiologiques, de l’analyse génétique et, dans certaines situations, de l’examen d’un prélèvement de tissu. [1] L’électroencéphalogramme, ou EEG, enregistre l’activité électrique du cerveau et recherche des anomalies compatibles avec l’épilepsie. [1] Au début de la maladie, l’EEG peut encore être normal ou ne montrer qu’un ralentissement général. [1] Avec l’évolution, il peut montrer des pointes et des polypointes généralisées, souvent accentuées par une stimulation lumineuse et prédominant dans les régions occipitales. [1] L’imagerie par résonance magnétique cérébrale est souvent normale au moment du diagnostic, de sorte qu’une IRM normale n’écarte pas à elle seule la maladie. [1]
L’analyse génétique recherche notamment des anomalies pathogènes des gènes EPM2A et NHLRC1. [1] Une biopsie peut rechercher les corps de Lafora, le prélèvement cutané de la région axillaire étant décrit comme un site accessible couramment utilisé. [1] Une biopsie cutanée négative n’exclut toutefois pas formellement la maladie, car des cas confirmés par analyse génétique ont été rapportés malgré l’absence de corps de Lafora dans le prélèvement. [1] Le diagnostic différentiel comprend d’autres épilepsies myocloniques progressives ainsi que l’épilepsie myoclonique juvénile, qui commence également souvent à l’adolescence mais répond habituellement mieux aux médicaments. [1]
Quels sont les principes des soins ?
La prise en charge est actuellement symptomatique et vise principalement à réduire les crises et les myoclonies tout en préservant autant que possible les capacités fonctionnelles. [1] Différents médicaments antiépileptiques peuvent être envisagés selon les types de crises, la réponse obtenue et la situation individuelle. [1] Le contrôle peut devenir plus difficile avec le temps, avec une augmentation de la fréquence des crises et une résistance aux médicaments. [1] Les soins comprennent également des mesures de soutien, de réadaptation et, lorsque la maladie progresse, des soins palliatifs centrés sur le confort et la qualité de vie. [1] La complexité de la maladie justifie une prise en charge coordonnée associant notamment les équipes de neurologie, les professionnels de réadaptation, les soins infirmiers, la pharmacie clinique et la génétique. [1]
Où en est la recherche sur les traitements ?
La recherche explore des stratégies destinées à empêcher l’accumulation du glycogène anormal ou à restaurer la fonction de la maline ou de la laforine. [2] Les approches de remplacement de la maline et de suppression de la glycogène synthase décrites dans les sources sont des expériences de preuve de concept réalisées sur des modèles murins génétiquement modifiés. [2] Des travaux supplémentaires sont nécessaires avant que ces stratégies puissent être utilisées chez des patients. [2] Les résultats expérimentaux soulignent néanmoins l’intérêt d’un diagnostic précoce, car les stratégies étudiées se sont généralement montrées plus efficaces lorsqu’elles étaient appliquées tôt. [2]
Quelle est l’évolution de la maladie ?
La maladie évolue habituellement rapidement, avec des crises de plus en plus fréquentes et difficiles à contrôler, une perte d’autonomie et une dégradation neurologique. [1] Une dépendance complète ou le décès survient généralement dans les dix années suivant le début des symptômes, mais la vitesse d’évolution varie d’une personne à l’autre. [1] Certaines variantes génétiques ont été associées à une apparition plus tardive ou à une progression plus lente. [1] Aux stades avancés, les complications peuvent comprendre des troubles de la déglutition, une pneumonie d’inhalation, une insuffisance respiratoire, des infections, une immobilité prolongée et des lésions cutanées liées à l’alitement. [1]
Conseil génétique et risque pour la famille
Les personnes qui ne possèdent qu’une seule copie altérée d’un gène en cause sont généralement porteuses sans présenter de symptôme. [1] Dans une famille où les deux parents sont porteurs, chaque grossesse comporte un risque de 25 % d’enfant atteint et de 50 % d’enfant porteur non atteint. [1] Un conseil génétique peut aider la famille à comprendre la transmission, à discuter du dépistage des apparentés et à examiner les possibilités de diagnostic prénatal. [1] L’identification génétique peut aussi permettre de rechercher la maladie chez des frères ou sœurs encore asymptomatiques. [2]
Sources et références
[1] Lafora Disease - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
[2] Therapeutic Window for the Treatment of Lafora Disease - Jasper's Basic Mechanisms of the Epilepsies - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
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